Plus de 1,5 million de kilomètres depuis 1995 en 9 voitures GPL

08/09/2017 Michael TORREGROSSA Véhicule GPL, Voiture GPL 0 commentaire(s)
Plus de 1,5 million de kilomètres depuis 1995 en 9 voitures GPL
Gilles Fourage poursuit une carrière de consultant qui l’amène à se déplacer très fréquemment, et parfois sur de longues distances. Depuis 1995, il fait confiance au GPL pour alimenter les moteurs de ses voitures et ne le regrette pas.

Une première expérience déconcertante

Lorsque Gilles Fourage décide de rouler au GPL, en 1995, il souhaite acquérir un Renault Espace. En poussant la porte de la concession la plus proche de son domicile, il ne s’attendait pas à s’entendre dire de la part de la direction : « Il faudrait vraiment être con pour rouler au gaz aujourd’hui ! ».

Mais il est décidé à aller jusqu’au bout de sa démarche, atterrissant un peu par hasard chez Pontiac. Là, il teste le conseiller commercial qui vient à lui : «  Que pensez-vous du GPL ? ». Réponse du professionnel de la marque américaine : « Le GPL n’est pas particulièrement important pour nous, mais votre avis sur le sujet nous intéresse. Nous vous prêtons un Trans Sport pour tout le week-end et on en reparle à votre retour ! ». Un courrier à la direction du Losange n’y fera rien : le directeur régional et celui de la concession tente toujours de placer un Espace diesel, alors que notre interviewé signe pour le monospace américain.

Le cas du Pontiac Trans Sport

Alors que Gilles Fourage évoque son Pontiac Trans Sport GPL, je ne peux m’empêcher d’esquisser un petit sourire. Pourquoi !? Tout simplement par que ce somptueux modèle n’a pas fait vraiment les beaux jours du GPL. Le marché de l’occasion en comptait nombre d’exemplaires dont le joint de culasse ne dépassait pas les 60.000 kilomètres. Notre interviewé a-t-il connu ce problème ? Banco, vers 60.000 km ! Une telle régularité ferait presque penser à de l’obsolescence programmée ! Qu’importe, Gilles Fourage a fait effectuer la réparation, a continué à utiliser l’engin puis a enchaîné les voitures au GPL, les exploitant le plus souvent sur environ 200.000 km chacune.

Une belle série

Pas rancunier avec le Losange, Gilles Fourage troque son Pontiac Trans Sport contre une Renault 25 GTX V6, toujours au GPL, qui sera suivi par un autre exemplaire du même modèle, puis une Safrane, toujours motorisée en 6 cylindres. V6 ou V8, notre interviewé se prend au jeu de l’occasion. Les voitures étrangères à gros moteurs alimentés au GPL et pilotés par des boîtes de vitesses automatiques se vendent moins cher que l’Argus. Ce sont souvent des aubaines pour qui le sait et apprécie ces engins.

« Après les 3 Renault, j’ai possédé un Jeep Grand Cherokee 8 cylindres 5,9 litres ‘Limited edition 1997’, ma plus belle affaire au GPL, avec lequel j’ai accumulé plus de 250.000 kilomètres », souligne notre interviewé. « Ont suivi 1 Renault Vel Satis, 1 Chrysler Stratus, 1 Chrysler 300m et le Land Rover Freelander 2 que j’ai actuellement, selon une rotation entre 2 et 3 ans », complète-t-il.

Pourquoi le GPL ?

A la question « Pourquoi le GPL ? », Gilles Fourage répond d’un trait, preuve que le sujet est bien clair dans son esprit : « Je cherchais à rassembler plusieurs éléments : le confort de grosses voitures, des moteurs V6 et V8 capables d’avaler au moins 200.000 kilomètres, une propreté de ravitaillement en carburant pour ne pas me présenter devant mes clients avec l’odeur tenace du gas-oil incrustée sur moi après avoir fait le plein, un silence de fonctionnement dans les embouteillages, notamment à Paris ».

Il ajoute : « A une époque aussi, l’attrait économique d’un modèle GPL de forte puissance face à la récupération des frais kilométriques selon le barème fiscal. Je disposais d’un plafond à 14 chevaux, à comparer avec un haut de gamme diesel 9 chevaux, pour un coût au kilomètre plus réduit ». 

Entretien

Gilles Fourage reconnaît qu’il n’a pas été très assidu à entretenir les systèmes GPL de ses voitures. « Mais je ne changerais rien, si je devais recommencer », commente-t-il.

« J’ai revendu toutes ces voitures avec l’équipement spécifique en état de fonctionnement. Sauf pour le Grand Cherokee où il a fini par lâcher et que je n’ai pas fait remplacer, car c’était une véritable usine à gaz », s’amuse-t-il à dire. « Comme le réservoir à essence avait été remplacé par un plus petit de 27 litres, avec une consommation moyenne de 15 litres aux 100 km pour cette voiture, l’autonomie entre 2 pleins était réduite à moins de 200 km », se rappelle notre interlocuteur.

Des problèmes de soupapes ?

« J’ai toujours acheté mes occasions équipées récemment du système GPL par leurs anciens propriétaires. Même pour le Land Rover qui avait déjà 10 ans lorsque je l’ai pris, mais dont la conversion n’avait pas même 1 an. Une exception : la Vel Satis avec laquelle j’ai fait réaliser moi-même l’installation par un professionnel », certifie Gilles Fourage.

« On a dit beaucoup de choses sur le risque d’endommager son moteur, et en particulier les soupapes en passant un moteur essence au GPL. Personnellement, je n’ai jamais connu ce problème, ou même un autre lié à l’utilisation du gaz, sauf pour le Grand Cherokee et à un kilométrage élevé. On disait qu’il fallait alterner roulage à l’essence et roulage au GPL : je ne m’en suis jamais préoccupé ! Mais il est vrai que j’ai une utilisation de mes véhicules qui réduit les risques. Environ 80% du temps passé au volant, c’est pour rouler sur des autoroutes ou grandes routes », détaille le consultant breton. 

Coup de poker

« Au début, j’avais un peu l’impression de jouer un coup de poker à chaque nouvel achat d’une voiture GPL, craignant de rencontrer des problèmes d’alimentation du moteur à terme. Quatre ou 5 voitures plus tard, j’ai pu me rassurer et constater que le système tient la route », rapporte Gilles Fourage. « A ce jour, je n’ai rien trouvé de mieux que le GPL pour répondre à mes besoins », assure-t-il. « Les seuls gros problèmes que j’ai eus : des boîtes de vitesses automatiques cassées, uniquement sur les Renault », déplore-t-il.

Les stations

« Le nombre de stations diminue de plus en plus dans certains secteurs, comme Orléans ou Le Mans », témoigne Gilles Fourage. « Des départements entiers sont parfois concernés, mais j’ai pris l’habitude de faire le plein de GPL par anticipation », poursuit-il. « Ca ne me dérange pas de faire un détour de 10 km pour cela, d’autant plus que je roule beaucoup de nuit, en dehors des heures d’ouverture des stations. Je dis ‘merci’ aux grandes surfaces qui sont nombreuses à délivrer du GPL, et aussi à Total Access dont le réseau est disponible jusque 22 heures. De plus en plus de stations ont des pompes à carte ouvertes 24/7 », relativise-t-il.

« Aujourd’hui, mon autonomie au gaz est d’environ 470 kilomètres, et si je devais tomber en panne sèche, je peux toujours poursuivre ma route à l’essence »,
plaide-t-il. « En outre, près de chez moi, sur Saint-Malo, j’ai 4 distributeurs de GPL parmi les moins chers de France, dont un accessible en permanence grâce à une carte », complète-t-il.

Rouler à l’étranger

« Ca ne pose pas de problème particulier de rouler au GPL dans nombre de pays étrangers. En Belgique, leur LPG est vraiment peu cher. En Croatie, en Bosnie ou au Monténégro, il est aux environ de 50 centimes du litre, quand il est à 82 centimes en France, alors que les pompes d’essence et de gazole affichent des prix similaires à chez nous. En Italie, le GPL est présent dans toutes les stations-service. En Espagne, il faut un adaptateur, et on ne trouve du gaz que dans les grandes villes. A Madrid, 1 voiture sur 3 est un taxi. Auparavant, c’étaient des petits diesel. Mais depuis 2005-2006, tous ces taxis sont passés au GPL », rend compte Gilles Fourage.

Et pour demain ?

« Le GPL pour ma prochaine voiture ? Peut-être ! Mais je m’intéresse aussi à la technologie flex fuel, c’est-à-dire à l’alimentation des moteurs au bioéthanol », répond d’emblée notre interviewé. « C’est dans l’air du temps ! », estime-t-il. Il modère cependant : « Je souhaite que la filière GPL se développe, mais j’ai l’impression que l’Etat n’est pas très intéressé par ce carburant, certainement en raison d’une taxation fiscale moins lourde que sur les plus classiques. En outre, je suis surpris des disparités qui existent d’un département à l’autre en matière de tarification des cartes grises quand on achète une voiture au GPL. C’est gratuit dans certains, à 50% dans d’autres ! », conclut-il.


Gaz Mobilité et moi-même remercions Gilles Fourage pour son témoigne et son accueil en son propre domicile.



Pays : France



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