Stations GNV : quel réseau en PACA d'ici 2025 ?

Stations GNV : quel réseau en PACA d'ici 2025 ?
En association avec GRTgaz, l’ADEME a conduit une étude sur le futur maillage en stations GNV de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Tenant compte des réalités du territoire, cette vision de schéma régional met en avant un potentiel de 26 stations à horizon 2025.

La Directive AFI appliquée à l’échelle régionale

Sortir des schémas théoriques nationaux et s’adapter aux réalités régionales. Tel est l’objectif de l’étude initiée par l’ADEME en région PACA qui, associée à GRTgaz, souhaite ainsi donner une dimension régionale aux propositions nationales réalisées par la filière il y a un peu plus d’un an.

«  Ces dernières années, en lien avec sa feuille de route Stockage de l’Energie, les travaux de la Nouvelle France Industrielle,  la Conférence Environnementale, ainsi que la Loi LTECV et les Directives Européennes, l’ADEME a multiplié les initiatives nationales en matière de mobilité à travers des appels à projets (IRVE, GNV, territoires hydrogènes). L’objectif est de diversifier le mix énergétique du secteur des Transport dans une logique de réduction des impacts environnementaux, en particulier pour ce qui concerne la qualité de l’air. Les acteurs du transport routier, mais également les collectivités, souhaitant de plus en plus se doter de camions utilisant le gaz, voire le biogaz, comme carburant, il nous est apparu comme essentiel de se doter d’une vision de ce que pourrait être le maillage de demain de nouvelles structures d’avitaillement en région PACA » résume Gaëlle Rebec, Directrice adjointe de l’ADEME PACA.

 « Chaque région ayant ses spécificités en termes de flux de transport, l’idée est de décliner la directive AFI et ses conclusions pour le GNV à l’échelle régionale pour apporter des réflexions et faire émerger un  schéma directeur  » complète Franck Vincendon, chargé de développement au sein de GRTgaz.

Une approche basée sur le terrain

« L’étude a fait l’objet d’un marché qui nous a permis de sélectionner avec GRTGaz, les bureaux d’études les plus à même à remplir le cahier des charges que nous avions fixé. Cette co-construction avec différents acteurs permet également de confronter les  expériences et les visions sont enrichies » explique Gaëlle Rebec. Au final, deux bureaux d’études ont été missionnés – Horizon Conseils et Eureca – pour réaliser un rapport en grande partie tourné vers les transporteurs routiers.

« Nous n’avions pas vraiment de guide méthodologique alors nous l’avons construit. Le point d’entrée, c’était la Directive AFI et il nous fallait une carte avec différents lieux et potentiels d’implantation » précise Marco Di Benedetto d’Horizon Conseil.
Pour mesurer le potentiel régional du gaz carburant, les deux cabinets se sont intéressés aux flux de circulation mais aussi aux implantations des principaux pôles logistiques, au réseau de distribution gaz et aux habitudes et attentes des transporteurs.

« Il fallait qu’on s’adresse à un marché suffisamment important pour donner la masse critique pour nous décider d’implanter une station tout en sachant que les grands groupes pouvaient aussi choisir d’implanter une station privée. De fait, il ne s’agissait pas seulement de cibler les grandes entreprises mais aussi les plus petites désireuses d’acquérir de plus petites flottes… » précise Pascal Faucher du cabinet Eureca.
Une approche terrain qui a conduit les deux cabinets à sonder les professionnels en lançant une étude partenariat avec les différentes fédérations. « Nous sommes partis d’une approche terrain avec les utilisateurs potentiels » poursuit Pascal Faucher.

« Au total, nous avons obtenu une centaine de réponses qui nous ont permis d’identifier les synergies possibles. Nous nous sommes aperçu qu’il fallait que les transporteurs se lancent dans une démarche partagée pour croiser les dynamiques » complète Marco Di Benedetto.
Autre élément constaté : une grande partie des flux générés sont intra-régionaux. Un constat qui facilite l’adoption du GNV par les professionnels dont les camions réalisent des bouclent fermées, revenant systématiquement à leur point de départ en fin de journée.

Un potentiel de 26 stations d’ici 2025

Sur l’ensemble du territoire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’étude estime un potentiel de 26 stations à déployer d’ici 2025, dont 14 d’ici 2020 soit de quoi couvrir les besoins de 70 % des transporteurs. Un chiffre qui tient compte des deux stations publiques déjà opérationnelles et installées à Aix-en-Provence et à Valbonne.

« Nous avons été assez surpris des résultats de l’étude. Il y a un potentiel de 14 stations qui pourraient être installées rapidement et trouver un marché immédiat » confie Gaëlle Rebec.



Des stations réparties en trois catégories

« Dans le cahier des charges communiqué par l’ADEME, il y avait une distinction entre les stations marchés et les stations territoires, une notion introduite lors du rapport publié par l’AFGNV et ses membres» se souvient Pascal Fauchet.

Dans leur réflexion, les deux cabinets ont rapidement décidé de séparer les stations « marchés » en deux sous-catégories : les stations « pôles », principalement installées dans les centres logistiques, et les stations dites « flux ». « Ces stations flux sont plutôt destinées aux véhicules de transport de longue distance interrégionale voire international » explique Pascal Faucher. Principalement déployées sur les aires d’autoroute et proposant du gaz à la fois sous forme comprimée et liquéfiée, elles sont sensées répondre aux enjeux du maillage des corridors européens du réseau RTE-T où la France apparait aujourd’hui comme un désert difficile à traverser.

« A l’échelle européenne, ces déploiements sont particulièrement attendus » souligne Gaëlle Rebec. «Pour la région PACA,  Il s’agit notamment de l’axe de transport est-ouest, un réseau qui, à l’inverse du couloir  Rhodanien, ne fait pas partie des principaux corridors identifiés par et financés par l’Europe ».

 

Des stations « pôles » majoritaires

Compte tenu du potentiel du GNV chez les transporteurs, ce sont les stations « pôles » qui devraient être le plus largement déployées. L’étude ADEME/GRTgaz en prévoit 10 à horizon 2020 et 13 d’ici 2025. Moins nombreuses, les stations « flux » pourraient être au nombre de deux d’ici 2020 et de trois d’ici 2025. Un chiffre qui comprend la station Proviridis de Fos-sur-Mer dont l’inauguration est prévue dans les prochaines semaines. Quant aux stations territoires, leur déploiement devrait prendre plus de temps, le rapport estimant une nouvelle ouverture d’ici 2020, probablement dans les Bouches du Rhône, et cinq d’ici 2025.

A l’échelle régionale, plusieurs projets sont d’ores et déjà engagés dont ceux pilotés par Proviridis qui, à travers son réseau V-Gas, ambitionne l’ouverture d’une dizaine de stations au cours des trois années à venir. Filiale de Total, AS24 prévoit également l’ouverture de plusieurs stations dont la première devrait être lancée à Miramas dans le courant de l’année.

Un schéma directeur à développer

« Cette étude est exploratoire et représente un début de réflexion » rappelle Franck Vincendon. « Il s’agit de donner une vue d’ensemble cohérente de ce qui pourrait être fait auprès des autorités compétentes. Nous avons présenté l’étude à l’Observatoire Régional des Transports avec des retours très positifs. La Région Provence Alpes Côte-d’Azur s’est également saisie du sujet et pressent bien l’intérêt d’un futur réseau de station GNV sur son territoire ». L’étude doit également permettre aux grandes métropoles qui ont également des compétences dans le domaine du transport comme Nice Côte d’Azur ou Aix-Marseille-Provence qui a lancé en début l’expérimentation d’un premier autocar fonctionnant au gaz naturel.

« Via cette étude, nous sommes là en tant qu’éclaireur des acteurs publics et privés régionaux  » souligne Gaëlle Rebec. « Dans le même esprit que l’infrastructure de recharge, l’ADEME a lancé programme national pour les stations GNV (« Solutions intégrées de mobilité GNV » - AAP IA GNV - ndlr) qui pourra, peut-être,  être renouvelé dans un autre format en 2018 » ajoute notre interlocutrice qui rappelle que la réflexion doit aller au-delà du changement de motorisations des modes terrestres et être étendue à d’autres solutions comme le naval ou le ferroviaire. En PACA, le déséquilibre est important : 82 % des marchandises sont transportées par la route contre 14 % par la mer et seulement 3 % par le fer.

Quant à un éventuel soutien régional, la région PACA pourrait s’inspirer d’autres dispositifs régionaux mais en ayant une vision complète des carburants alternatifs. « C’est tout l’enjeu des schémas régionaux de planification comme le SRADDET, et l’ADEME sera présent pour apporter son expertise » conclut Gaëlle Rebec. 
 

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