Interview - Les ambitions d'Air Liquide dans le domaine du gaz carburant

Interview - Les ambitions d'Air Liquide dans le domaine du gaz carburant
Alors que le nom d’Air Liquide est aujourd’hui davantage associé à l’hydrogène, le groupe industriel français est également largement impliqué dans le domaine du biogaz. Du rôle du groupe dans la filière à la récente acquisition de Fordon Gas, retour sur les ambitions d’Air Liquide dans le domaine du biogaz et du gaz carburant avec Lucie Tonnellier, responsable de l’activité GNL en Europe.

Comment Air Liquide en est venu à s’intéresser à la mobilité gaz ?

Le changement climatique et la transition énergétique sont des sujets au cœur de l’actualité depuis plusieurs années. Il y a une réelle prise de conscience sociétale de la nécessité d’aller vers un nouveau mix énergétique, où toute énergie propre et renouvelable aurait sa place. Les carburants alternatifs seront gazeux. La volonté du Groupe Air Liquide de développer des solutions pour une mobilité responsable est d’abord liée à notre expertise et à nos compétences dans le domaine des gaz. En particulier l’hydrogène pour lequel Air Liquide maîtrise depuis plus de 50 ans l’ensemble de la chaîne industrielle (production, stockage, distribution et utilisation par le client final). Depuis près de 20 ans Air Liquide participe activement à la mise en place de ce secteur et à la généralisation de l’utilisation de l’hydrogène comme énergie propre.  Air Liquide innove pour le transport durable en produisant de l'hydrogène décarboné pour améliorer l’empreinte écologique des véhicules. L’une des solutions est de produire l’hydrogène à partir de biométhane, c’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de développer « l’activité biogaz ».
 
Au départ, l’idée était d’avoir une source de biométhane destinée à produire de l’hydrogène bleu (cf. initiative Air Liquide Blue Hydrogen) destiné aux réseaux de stations de recharge hydrogène développées par Air Liquide. En parallèle, cette activité permet de répondre à d’autres enjeux, notamment au travers de projets  d’injection. Plusieurs ont ou sont en cours de démarrage.
 
Nous avons donc développé une activité de production de biométhane et avons décidé de nous impliquer dans d’autres solutions de mobilité propre à base de gaz carburant d’origine renouvelable complémentaires de l’hydrogène. La valorisation du biométhane pour le transport s’est naturellement imposée. L’un de nos premiers engagements s’est traduit par l’acquisition de FordonsGas, société de distribution de Bio-Gaz Naturel pour Véhicules (Bio-GNV) pour le marché du transport en Suède.
 
Cette acquisition constitue une étape majeure pour Air Liquide dans le secteur de la mobilité durable qui permet au Groupe d’être présent sur l’ensemble de la chaîne, de la production du biométhane à la distribution de Gaz Naturel pour Véhicules produit à partir d’énergies renouvelables. Elle est également pour Air Liquide une opportunité de mieux connaître les différents usages des consommateurs, aujourd’hui dans la distribution du Bio-GNV et demain, avec l’énergie hydrogène. L’idée étant d’utiliser l’expérience acquise grâce à FordonsGas dans l’opération d’un réseau de stations gaz naturel pour aller développer des stations en France et dans d’autres pays d’Europe. Nous avons également des ambitions sur le Gas Naturel Liquéfié (GNL) dans d’autres parties du monde.



Concrètement, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous adressons en priorité les pays où nous avons du bio-méthane disponible. En France, nous aurons environ 50 GWh de biométhane disponible à compter de la fin de l’année. Il y a d’autres pays très actifs dans le développement de la filière biométhane qu’Air Liquide considère, notamment le Benelux, l’Italie, l’Angleterre en plus des pays nordiques où nous sommes déjà présents. Un certain nombre de contrats d’approvisionnement de biométhane y ont été signés.
 
Pour valoriser ce produit au mieux, et maitriser de façon industrielle l’ensemble de la chaine de valeur, Air Liquide a commencé à prospecter commercialement pour le développement d’infrastructures stations service au service de différents marchés, notamment celui des transporteurs,   il y a maintenant 6 mois. Notre objectif est de mettre en place un réseau de stations d’une taille significative, performantes, fiables et simples à utiliser pour les chauffeurs.
 
Le choix des emplacements est un point majeur. La proximité de grands axes routiers, ainsi que la présence d’une densité importante de plateformes logistiques de transporteurs, sont indispensables pour disposer d’une masse critique et un volume minimum de camions dès le lancement de la station afin d’offrir le carburant le plus compétitif.


Ciblez-vous également les véhicules légers ?

Sur les véhicules légers, en dehors de la Suède, nous n’avons pas encore adressé le marché. Nous visons le marché GNL/GNC (Gaz Naturel Comprimé) pour les véhicules légers en flotte captive, les poids-lourds et les bus, et nous orientons vers le déploiement de stations tri-carburants : GNL, GNC, Azote liquide.
 
En effet, nous proposons aussi de combiner notre offre GNL-GNC avec la livraison sur la station d’azote liquide pour notre solution de froid cryogénique embarqué pour le transport frigorifique. Rester sur des groupes froids mécaniques alimentés par du gasoil fortement émetteur et polluant ne fait pas de sens lorsqu’un transporteur a décidé de migrer vers un carburant gaz, et propre.


Votre offre est-elle exclusivement biométhane ?

Nous sommes réellement rentrés dans ce marché pour promouvoir la mobilité propre, notamment via le biométhane que nous produisons. Notre volonté est d’être présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur et servir l’économie circulaire : du déchet à la mobilité.
 
Nous offrons une gamme complète de produits, que nous savons adapter sur-mesure aux besoins de nos clients. Celle-ci va du gaz renouvelable au gaz naturel classique en passant par les mix (30 % 50 % etc…).


Avez-vous des objectifs chiffrés à communiquer ?

Pas encore, le marché est relativement naissant, nous sommes prêts à accompagner / accélérer son développement au travers de notre connaissance des gaz.

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