Morbihan énergies inaugure avec Endesa sa première station GNV à Vannes

Morbihan énergies inaugure avec Endesa sa première station GNV à Vannes
C’est dans la zone du Prat, à Vannes, qu’a été inaugurée vendredi dernier, 16 mars 2018, le troisième site d’avitaillement en GNV en service sur le territoire de la Bretagne administrative. Les élus concernés avancent ici main dans la main pour proposer en 2019 un maillage cohérent qui sera composé de 12 stations. Celle de Vannes est confiée à la gestion d’Endesa.
 

Schéma régional

Locminé (56) et Gaël (35) sont les 2 premiers sites d’avitaillement en GNV ouverts en Bretagne. Avec l’inauguration de celui de Vannes, officieusement mis en service courant février, les élus et représentants des différents syndicats bretons de l’énergie ont réaffirmé leur volonté d’avancer ensemble afin de proposer un réseau qui couvre au mieux le territoire. Médiateur national de l’énergie, Président du pôle énergie Bretagne et président du SDE22, Jean Gaubert illustre : « En dépassant les frontières départementales, nous poursuivons un vrai schéma régional qui évite, par exemple, au SDE35 de programmer l’ouverture d’une station à Saint-Malo quand dans les Côtes-d’Armor il est prévu d’en installer une à Dinan, à 30 kilomètres de distance ».
 

Syndicats de l’énergie

Pourquoi en Bretagne les syndicats de l’énergie se mobilisent-ils pour créer un réseau d’avitaillement en GNV quand dans d’autres territoires ce sont des entreprises et/ou initiatives privées qui s’en chargent ? Avec son habituel franc parlé, Jean Gaubert répond : «  Que ce soit pour la mobilité électrique ou celle au GNV, les syndicats de l’énergie développent les réseaux quand le privé est défaillant. Les grands pétroliers bouclent les grands circuits de circulation, mais la Bretagne est oubliée, créant une situation de désavantage. Je ne veux pas qu’on dise à Denoual, par exemple, ‘Vous ne rentrez pas à Paris du fait des restrictions de circulation, débrouillez-vous avec un collègue d’un autre département pour acheminer les marchandises ».
 

Denoual ?

Basés à Elven (56), à une vingtaine de kilomètres de Vannes, les transports Denoual sont le premier client de la station inaugurée vendredi dernier. En chiffres : 100 camions, 190 collaborateurs, 14 millions de kilomètres parcourus tous les ans, 70.000 palettes livrées chaque mois, et un espace de stockage qui s’étend sur 10.000 m2.
 
« Depuis 2015, nous voulons faire tourner des camions au GNV. Nous avons reçu notre premier tracteur il y a environ 4 mois, et en avons déjà commandé 2 autres. En 2019 ou 2020, nous devrions compter dans notre flotte une dizaine de camions GNV », assure Régis Denoual, à la tête de l’entreprise. « Nous ne regrettons pas notre choix qui répond à la demande de nos clients de la grande distribution », s’enthousiasme-t-il. « Si le prix d’un camions GNV est 30% plus cher qu’un diesel, le coût d’exploitation est inférieur, ce qui nous permet un retour sur investissement en 2 ou 3 ans », justifie-t-il.


 

BOM et bus ?

Vice-président en charge des déchets pour la collectivité Golfe du Morbihan - Vannes agglomération, Lucien Menahès laisse entendre que d’autres véhicules vont bientôt faire le plein de gaz naturel à la station d’avitaillement de Vannes : « Nous avons commandé une benne à ordures GNV qui devrait être mise en service en juin prochain. Elle coûtera 200.000 euros, soit 30.000 euros de plus qu’un modèle diesel. Nous menons également une réflexion concernant des bus au GNV ».
 
Maire adjoint de Vannes, chargé de l’urbanisme et des affaires foncières, Gérard Thépaut, souligne « le bon emplacement de la station, sur une zone qui connaît un très fort trafic routier, notamment de poids lourds, et à proximité de la plateforme de préparation et de distribution courrier de La Poste ».


 

Un surcoût gommé

André Crocq, conseiller régional délégué à la transition énergétique, parmi ses autres fonctions officielles, rappelle que les transporteurs bretons ne portent que 50% du surcoût d’achat d’un camions GNV : « La collectivité prend en charge la moitié, soit environ 10.000 euros par camion ».
 
Il complète : « Pour développer la mobilité GNV, il y a 3 enjeux auxquels répondre : produire le gaz et en particulier du biogaz, le distribuer, et favoriser l’usage. Pour les poids lourds, le modèle économique est assuré. Nous avons décidé d’accompagner l’effort d’investissement des entreprises. Les camions qui doivent régulièrement évoluer dans les centres urbains devront passer au GNV. Ainsi les véhicules pour la construction et le terrassement ».
 
Directrice pour la région Ouest chez GRDF, Christelle Rougebief se réjouit que son entreprise accompagne les professionnels dans leur achet de poids lourds au GNV. « Nous menons des actions au niveau d’une politique nationale pour faciliter le passage au GNV. Ainsi pour la prolongation d’au moins 2 ans et peut-être jusqu’en 2022 du mécanisme de suramortissement pour les véhicules au GNV », avance-t-elle prudemment.
 

Usine de méthanisation

 Elven, c’est donc le siège des transports Denoual, mais c’est aussi là que devrait sortir de terre dans 2 ou 3 ans une unité de méthanisation qui fournirait du biogaz, indirectement, via le réseau, à la station GNV de Vannes. Une dizaine d’agriculteurs apporteraient quelque 40.000 tonnes de lisiers et fumiers à l’année.
 
Ce lien entre le site d’avitaillement et celui de production du biogaz, c’est Jo Brohan, président de Morbihan énergies, qui le fait. « Hier nous nous sommes plongés dans la mobilité électrique en installant environ 200 bornes de recharge dans le département, aujourd’hui nous nous mobilisons pour le GNV, et demain nous nous consacrerons plus particulièrement à l’hydrogène », a-t-il schématisé.
 

La station dans le réseau

Après Locminé, Gaël et Vannes, 9 nouvelles ouvertures de stations GNV sont programmées pour 2019. Dans le Finistère : Quimper, Guipavas et Saint-Martin-des-Champs. Plus à l’Est, dans les Côtes-d’Armor : Saint-Brieuc et Dinan. Encore plus loin dans la même direction, en Ille-et-Vilaine : Liffré et Noyal-sur-Vilaine. Retour dans le Morbihan : Lorient et Pontivy.
 
« Nous avons défini avec les transporteurs les contours de notre projet 2015 d’implantation d’une station GNV à Vannes, devenu aujourd’hui réalité », explique Jo Brohan. « La capacité de livraison de GNC de cette station est de 1.250 Nm3 à l’heure, avec 2.000 kilos de gaz en réserve. Six poids lourds peuvent faire le plein par heure, l’opération prenant une quinzaine de minutes », détaille-t-il. « Sa gestion a été confiée à Endesa à la suite d’un appel d’offres lancé en juin 2016. Les travaux ont débuté en mai 2017. GRDF et GRTgaz se sont occupés de ceux concernant le raccordement au réseau », complète-t-il. La station est propriété de 56 Energies, la Société d'Economie Mixte crée par Morbihan Energies début 2017


 

Endesa

Directeur d’Endesa France, Gil Najid a présenté aux élus, transporteurs, journalistes et autres invités à l’inauguration, son entreprise : « Endesa est un fournisseur d’énergie. C’est en quelque sorte l’EDF espagnol, ou l’EDF italien, puisque nous sommes particulièrement implantés dans ces 2 pays. En France depuis 2000, nous fournissons de l’énergie pour les industriels et gérons des stations GNV ».
 
Concernant celle de Vannes, il se réjouit qu’elle soit alimentée « par un gaz ‘AOC Morbihan’ ». Ce qui lui permet de mettre en avant « les partenariats noués avec son entreprise pour le développement des régions ou des développements encore plus locaux ». Pour exemple, il cite : « J’étais hier à Sarreguemines, en Moselle, où nous allons nous occuper d’une station multi-énergies GNV, hydrogène et bornes électriques portée par la communauté d’agglomération du territoire ». Il plaide : « Endesa parie sur le GNV, car on doit accélérer sur la transition énergétique et que le GNV est économiquement rentable ».


 

En pleine accélération

« Pendant 50 ans les systèmes énergétiques n’ont pratiquement pas changé : on se contentait d’ajouter des tuyaux ou des bouts de câbles. Mais depuis quelques années, c’est quasiment tous les jours que les choses changent. Les certitudes qu’on avait il y a 2 mois sont déjà bousculées », schématise Jean Gaubert. « Il y a 4 ou 5 ans, on ne parlait pas de GNV, mais uniquement de mobilité électrique », se souvient-il, reconnaissant que cette dernière restera une bonne solution « pour les véhicules légers pendant des années ».
 
André Crocq ajoute : « Il y a 20 ans, le GNV était une évidence, mais ça ne s’est pas fait à l’époque. Maintenant, on découvre qu’il faut agir partout beaucoup plus vite, et on doit trouver les moyens de le faire. Maintenir le réchauffement climatique sous les 2° C d’augmentation de la température, c’est trop tard. Il faudra plutôt s’attendre à 4, 5 voire 6 degrés de plus », prévient-il.
 

Question de résilience

« La Bretagne a démontré ses capacités de résilience, notamment dans le dossier du nitrate contenu dans l’eau. Nous avons réagi à temps et corrigé le problème, au point que d’autres territoires nous envient, qui y sont maintenant confrontés », assure André Crocq. « Ce sera pareil pour les questions énergétiques. La péninsule bretonne était il y a quelques années encore dépendante à 95% du reste du pays pour son électricité. Nous serons la première région à dépasser l’objectif de 10% de gaz renouvelable », estime-t-il, convaincu que « chaque territoire peut développer des projets en faveur des énergies renouvelables ».
 

Informer

« Nous devons informer les consommateurs sur l’état du marché de l’énergie », explique Jean Gaubert. « Le biogaz comme l’hydrogène peuvent être injectés directement dans le réseau. Ils constituent des briques dans un système qui va constamment évoluer. Notre avenir énergétique est à un gaz produit chez nous. Nous avons besoin que s’accomplisse un tel schéma. Le gaz est l’énergie de l’avenir », conclut le médiateur de l’énergie.
 
 

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