Pizzorno mise sur le GNV pour conquérir de nouveaux marchés

Pizzorno mise sur le GNV pour conquérir de nouveaux marchés
Acteur précurseur de la mobilité au gaz naturel, Pizzorno a impulsé le développement des BOM GNV à Paris et s’apprête à déployer ses premiers véhicules dans l’agglomération lyonnaise. Avec Frédéric Balse, Directeur propreté Urbaine du Groupe, Gaz-Mobilité revient sur l’historique et les projets de la société.

Une démarche pionnière à Paris

Pizzorno et le GNV, c’est une longue et vieille histoire. Débutée il y a maintenant plus de 15 ans, celle-ci débute avec les premiers contrats remportés par le groupe à Paris pour la collecte du verre ménager avec une quinzaine de véhicules associés à une station à charge lente. A l’époque, Pizzorno avait pris le risque de se démarquer avec une offre gaz pourtant non imposée par les services de la ville. Pari gagné ! Pizzorno gagne le contrat et impulse une véritable transition au sein des services de la ville qui, depuis lors, contraignent les opérateurs à répondre avec la solution gaz.



Aujourd’hui, les bennes GNV de Pizzorno sont présentes dans trois arrondissements (10e, 15e et 18e) et assure la collecte des ordures de quelque 540.000 habitants. «Nous avons le plus gros marché mais aussi la plus grosse consommation gaz à Paris avec un volume annuel de 1650 tonnes » se félicite notre interviewé. Un marché que Pizzorno  partage avec d’autres opérateurs, également 100 % gaz, comme Urbaser, Derichebourg ou Veolia. « Pizzorno reste toutefois l’entreprise privée qui utilise le plus de GNV pour le compte de la ville de Paris » précise notre interlocuteur.

« A Paris et en région, nous comptons 132 véhicules qui fonctionnent au gaz naturel dont des balayeuses compactes de voiries, des camions de récoltes du verre. Tout le reste ce sont des véhicules de 19 et 26 tonnes qui fonctionnent au GNV » résume Frédéric Balse. Quant au ravitaillement, Pizzorno s’est tourné vers l’offre de stations publiques de GNVert, filiale du groupe Engie. 

Un premier contrat sur l’agglomération lyonnaise

Alors qu’il réalise déjà la collecte de trois arrondissements, Pizzorno se positionne également sur Lyon où il s’apprête à faire progressivement basculer sa flotte diesel vers des modèles à gaz.

« Sur un renouvellement d’appel d’offres, le GNV n’était pas spécifiquement identifié mais il y avait un critère liés aux émissions » se souvient Frédéric Balse. Il n’aura pas fallu plus pour inciter le groupe à se positionner avec son offre gaz. Une fois encore, c’est gagné ! Comme à Paris, Pizzorno deviendra le premier groupe de collecte avec, à termes, 36 véhicules 26 tonnes fonctionnant au gaz naturel pour la desserte de deux arrondissements lyonnais.

Côté ravitaillement, Pizzorno adopte toutefois une stratégie différente de celle employée à Paris et fait le choix d’une station privative installée sur son site de Vénissieux. « Nous avions atteint une masse critique suffisante pour justifier l’investissement » explique Frédéric Balse qui liste les nombreux avantages d’une station privative. « Sur les stations publiques, le souci c’est le temps d’attente, la proximité par rapport au dépôt… en termes de temps immobilisés, cela peut vite coûter très cher » résume t-il avant de renchérir. « Une station privative est un avantage concurrentiel majeur. En termes de déploiement, nous sommes maîtres du calendrier ».

Pour Pizzorno, cette station « en propre » doit aussi lui permettre de mieux maitriser ses coûts et surtout d’envisager plus facilement l’extension de sa flotte. Car avec une station en son fief, Pizzorno va désormais multiplier les réponses GNV aux appels d’offres de l’agglomération lyonnaise.

Quant à l’investissement, assez lourd, Pizzorno s’est associé au groupe espagnol Endesa. « Le coût de la station est d’un million d’euros. Nous avons lancé un appel d’offres dans lequel nous avons proposé aux opérateurs de construire et de financer la station contre l’achat du gaz au kilo avec possibilité de pouvoir racheter la station au bout de 7 ans » résume Frédéric Balse qui estime que la flotte lyonnaise assurera un volume annuel de 650 tonnes de gaz.

Côté calendrier, les livraisons des véhicules s’étaleront entre fin mai et courant juillet. Ces derniers permettront de collecter les arrondissements du 3ème, 6ème, 8ème arrondissements de la ville de Lyon mais également les villes de Vaulx-en-Velin, Bron et Villeurbanne. Et si la mise en service de la station n’est prévue que courant juillet, soit après la livraison des premiers véhicules, Endesa mettra en place un dispositif de ravitaillement provisoire pour assurer « l’entre deux ». 

Une solution gaz systématiquement étudiée

« A chaque renouvèlement contrat, on regarde la solution gaz » résume qui rappelle les deux principaux enjeux de cette transition. « Il faut une volonté politique mais aussi une solution de ravitaillement. A défaut de station publique, le seuil est fixé à 20 véhicules pour justifier l’investissement dans une station privative » estime Frédéric Balse.

Pour Pizzorno, plusieurs territoires sont aujourd’hui à l’étude. « A Draguignan, il y aurait peut être moyen de s’associer à un autre professionnel. A Grenoble, nous travaillons sur le basculement au gaz. Sur Toulon, nous avons regardé la solution gaz mais il n’y a pas encore de station publique et le terrain sur lequel nous sommes basés n’autorise pas de stations privatives » liste notre interviewé.

Bref, entre Pizzorno et le GNV, l’histoire se poursuit et n’est pas prête de se terminer…

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