Le GNL et carburant maritime : etat des lieux et perspectives

Le GNL et carburant maritime : etat des lieux et perspectives
Alors que l’Europe a mis en place des objectifs ambitieux de réduction des émissions du secteur maritime, le développement du GNL pourrait  être un bon moyen de répondre aux attentes.


 

Un cadre réglementaire strict

 Outre la mise en place de ses objectifs de réduction des émissions de CO2, l’Europe a également franchi une étape importante en adoptant la convention internationale Marpol. Celle-ci a eu pour conséquence l’adoption d’une Directive européenne établissant des limites de teneur en soufre des carburants marins et fixant des normes liées aux Nox beaucoup plus strictes pour les nouvelles constructions.
 
Au titre de la convention et de la Directive adoptée, les émissions de soufre ont ainsi été ramenées à 0,1 % dans les zones ECA (Emission Control Area). Au-delà, un abaissement de 3,5 à 0,5 % est prévu d’ici 2020 ou 2025 et les zones SECA pourraient être élargies. En sus des limitations liées au soufre, la définition d’un second volet d’application consacré aux oxydes d’azote (Nox) est attendue dans les prochains mois.
 
Au-delà de ces restrictions, l’Europe a adopté sa directive liée aux carburants alternatifs qui oblige chaque Etat membre à établir un plan stratégique pour le déploiement des stations, tant pour le domaine terrestre que maritime.

Evolution des réglementations sur le soufre en Europe
Carte des zones ECA à travers le monde 

Le GNL : la meilleure réponse aux exigences environnementales

Pour répondre aux exigences européennes, les acteurs du monde maritime peuvent choisir parmi différentes solutions :
  • Le gasoil marin en remplacement du fuel lourd. Une transition dont le coût initial est modéré mais qui reviendra beaucoup plus cher par la suite, le prix du gasoil marin restant aujourd’hui plus élevé que le fuel lourd.
  • L’adaptation du fuel lourd en mettant en place de nouveaux systèmes de récupération et de nettoyage des fumées. Une solution qui n’est pas forcément adaptée à tous les navires et dont l’investissement reste élevé. Surtout, elle ne traitera qu’une partie du problème, élimant le souffre sans enlever les Nox et autres polluants
  • Le GNL maritime qui devient aujourd’hui une solution de plus en plus privilégiée pour les nouvelles constructions puisqu’il permet de répondre à l’ensemble des exigences environnementales de l’Europe puisqu’il permet de supprimer les émissions de souffre et de particules fines, de réduire de 80 % le Nox et 20 % celles de CO2. Reste à préciser que le coût d’investissement dans un navire GNL est aujourd’hui beaucoup plus élevé que pour le carburant classique.
 

GNL Maritime : une solution adaptée à tous les transports

Même si les ferries dédiés au transport de passagers semblent être privilégiés par les acteurs du monde maritime, le GNL marin s’adapte à tous types de navire.
 
Il répond aussi aux problématiques du transport fluvial, également soumis à des réglementations de plus en plus strictes.
 

Combien de navires GNL en activité dans le monde ?

Si le GNL connait un certain succès auprès des armateurs, on ne compte aujourd’hui qu’une soixantaine de navires équipés à travers le monde. Compte-tenues des normes en place, ces derniers sont surtout utilisés en mer du nord et la Norvège est le premier exploitant.

Répartition des navires GNL par types et par pays
Développement de la flotte de navires GNL dans le monde
 

Quels enjeux pour faire émerger le GNL maritime ?

Selon la BP2S, le Bureau de Promotion du Shortsea Shipping en France, la filière du GNL carburant marin a besoin d’un soutien actif des pouvoirs publics à différents niveaux : social, technique, financier et réglementaire.
 
Elle a également besoin d’une véritable coopération entre les acteurs (armateurs, ports, fournisseurs, etc.). Sur ce dernier point, le consortium SEA/LNG, lancé en juillet 2016, s’attelle à réunir les principaux acteurs de la filière pour lever les barrières liées au GNL carburant.

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