Le bioGNV : qu’est-ce que c’est ?

Le bioGNV : qu’est-ce que c’est ?
Si l’on envisage de plus en plus le gaz naturel comme carburant alternatif au sein de la mobilité durable, en particulier pour les véhicules lourds, c’est principalement parce qu’il existe des solutions pour le produire de manière renouvelable qui boostent ses atouts écologiques. On obtient alors un gaz connu sous deux appellations : biométhane et, lorsqu’il est utilisé comme carburant, bioGNV.

SOMMAIRE

GNV

Avant de parler du bioGNV, présentons en quelques lignes le GNV. Le GNV, c’est tout simplement le nom que l’on donne au gaz naturel lorsqu’il est utilisé pour la mobilité (à ne pas confondre avec le GPL).

Constitué à plus de 96 % de méthane, c’est le même produit que celui distribué en France sur le réseau GRDF pour un usage domestique ou industriel. C’est le gaz qui alimente les cuisinières et appareils de chauffage conçus et réglés pour fonctionner au gaz de ville. Son exploitation pour la mobilité est antérieure à la Seconde Guerre mondiale, qui mettra ce carburant en avant du fait des difficultés à s’approvisionner en essence. En France, aujourd’hui, c’est principalement dans les véhicules lourds que le GNV est employé : camions, cars et bus.

BioGNV

Alors que le GNV provient habituellement de sources fossiles, le bioGNV est obtenu par la méthanisation de déchets organiques divers et parfois combinés : ordures ménagères, boues des stations d’épuration, produits et résidus agricoles, tontes des espaces verts, résidus de l’industrie agroalimentaire ou de la restauration collective, etc.

S’il existe plusieurs scénarios pour obtenir du biométhane, à un moment ou un autre de la chaîne de production les déchets vont être mis à fermenter dans un espace privé d’oxygène. C’est le processus de méthanisation, par lequel on obtient du biogaz, en plus de digestats liquides et solides exploitables également, principalement comme fertilisants. Il faut encore épurer ce biogaz pour obtenir du biométhane (biogaz et biométhane : quelle différence ?), un produit qui a les mêmes caractéristiques que le gaz naturel et qui lui est parfaitement substituable, aussi bien dans le réseau de distribution que pour la mobilité. A noter que le biométhane figure parmi les sources renouvelables d’énergie.

Longtemps marginal, le bioGNV est aujourd’hui majoritaire dans les stations françaises. Selon le Panorama du bioGNV 2026 de France Mobilité Biogaz, il a représenté 56 % du GNV consommé en 2025, et même 67,5 % des volumes de GNC.

La France n’est pas un cas isolé. En Allemagne, le biométhane a représenté 98,5 % du GNL distribué aux poids lourds en 2025, selon la fédération Die Gas- und Wasserstoffwirtschaft, et plus de 80 % des stations GNC du pays (655 stations) délivrent désormais du bioGNC pur, selon le portail spécialisé GibGas. Aux États-Unis, le gaz naturel renouvelable (RNG) a couvert 94 % du carburant consommé par les véhicules au gaz naturel en 2025, d’après l’étude annuelle de The Transport Project.

Le bioGNV en France : chiffres clés fin 2025

Indicateur Valeur
Consommation de gaz pour la mobilité 5,4 TWh
Part du bioGNV dans le GNV consommé 56 %
Part du bioGNV dans le GNC 67,5 %
Véhicules GNV/bioGNV en circulation 39 000, dont 26 000 poids lourds
Stations GNV/bioGNV 362 publiques et 410 privées
Sites d’injection de biométhane 803
Capacité d’injection de biométhane 15,5 TWh/an
Sources : France Mobilité Biogaz (Panorama du bioGNV 2026), SDES.

BioGNC et BioGNL

Comme le GNV, le bioGNV est exploitable sous deux formes. La plus répandue est la forme comprimée (GNC, bioGNC), que l’on retrouve aussi bien dans les poids lourds que dans les voitures particulières. Le gaz est alors comprimé à 200 à 250 bars dans des réservoirs spécialement conçus à cet effet et distribué dans des stations GNC.

Réservée aux véhicules lourds, la forme liquide (GNL, bioGNL) permet d’emmagasiner de plus grandes quantités d’énergie, ce qui permet d’envisager des autonomies qui approchent celles des versions diesel. En contrepartie de contraintes plus fortes, notamment l’obligation de stocker le produit à une température d’environ -160 °C. Remplir les réservoirs impose de nouvelles habitudes et des contraintes de sécurité, en particulier le port d’équipements de protection (visière, gants, etc.) par la personne qui effectue l’opération.

BioGNC ou bioGNL : les différences

  BioGNC BioGNL
État Gazeux, comprimé Liquide, cryogénique
Conditions de stockage 200 à 250 bars Environ -160 °C
Véhicules concernés Voitures, utilitaires, bus, cars, camions Poids lourds longue distance, navires
Atout principal Réseau de stations plus dense Autonomie proche du diesel
Contraintes au plein Comparables à un plein classique Équipements de protection obligatoires

L’impact sur l’environnement du bioGNV

Le GNV et le bioGNV bénéficient d’un impact sur l’environnement particulièrement réduit par rapport aux carburants d’origine pétrolière. Ainsi une élimination presque totale des particules fines à l’échappement, et une baisse de 55 % et 85 % des oxydes d’azote en comparaison, respectivement, de l’essence et du gazole. Moins de nuisances sonores et disparition des odeurs désagréables au passage des véhicules. Mais ce qui différencie le GNV du bioGNV, c’est son impact carbone.

Avec l’emploi du gaz naturel obtenu de sources fossiles, les émissions de CO2 sont réduites de 25 % par rapport à une voiture à essence, et de 15 % par comparaison à un équivalent diesel. En revanche, le bioGNV gomme presque en totalité l’impact carbone à l’utilisation. Pourquoi ? Parce que le CO2 absorbé par les végétaux méthanisés compense celui réellement libéré derrière le véhicule. Sur l’ensemble du cycle de vie, l’IFPEN estime la réduction des émissions de gaz à effet de serre à environ 80 % par rapport au diesel pour un poids lourd roulant au bioGNV. Pour les transporteurs et leurs clients, qui doivent communiquer l’impact carbone de leur activité, l’emploi du bioGNV apparaît ainsi comme un levier immédiat de décarbonation.

Émissions de gaz à effet de serre du bioGNV

BioGNV & économie circulaire

L’impact sur l’environnement du bioGNV ne se limite pas aux émissions à l’échappement. La méthanisation encourage l’exploitation en circuit court, les unités de traitement pouvant être installées à proximité des stations-service, en alimentation directe des sites de distribution.

Le cycle le plus complet s’obtient lorsque les camions qui effectuent le ramassage des déchets sont alimentés avec le biométhane produit localement à partir de ces résidus. Les déchets des entreprises agroalimentaires, des collectivités et des exploitations agricoles sont valorisés, et le produit de leur fermentation distribué localement. On efface ainsi les émissions de particules, de CO2 et de polluants chimiques liées à l’extraction du pétrole, à son acheminement dans les raffineries, à son traitement pour en faire des carburants, et à la livraison dans les stations-service. Les unités de méthanisation représentant 90 % des installations d’injection, produire du bioGNV permet aussi d’assurer un revenu supplémentaire non négligeable aux agriculteurs, dont certains se réunissent en groupements pour distribuer eux-mêmes le gaz.

Fabrication du biométhane et du bioGNV

Le bioGNV et les garanties d’origine

Comme il n’est pas toujours possible de disposer d’une unité de méthanisation à côté d’une station-service délivrant du bioGNV, notamment dans les grandes agglomérations, le biométhane est le plus souvent injecté dans le réseau, où il se trouve mélangé au gaz naturel d’origine fossile.

A plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres de là, des stations-service vont acheter ce biométhane. En réalité, elles vont recevoir le mix qui circule localement sur le réseau depuis lequel elles sont alimentées. C’est le rôle du mécanisme des garanties d’origine d’offrir une traçabilité qui permet de dissocier la consommation physique du gaz et sa vente aux consommateurs. Chaque mégawattheure de biométhane injecté donne lieu à l’émission d’une garantie d’origine, identifiée grâce à différentes informations, parmi lesquelles le lieu de production et les intrants utilisés. L’opération est consignée dans le registre national des garanties d’origine, géré par GRDF à partir de 2012 puis confié à EEX (European Energy Exchange) par l’État.

Depuis 2026, ce dispositif est complété par les certificats de production de biométhane (CPB), qui obligent les fournisseurs de gaz à restituer chaque année à l’État un volume de certificats, attestant chacun d’1 MWh de biométhane produit et injecté en France, proportionnel au gaz qu’ils livrent aux ménages et au tertiaire.



Questions fréquentes

Quelle est la différence entre GNV et bioGNV ?

Il s’agit de la même molécule de méthane, utilisable dans les mêmes véhicules et les mêmes stations. La différence tient à l’origine : le GNV est extrait de gisements fossiles, tandis que le bioGNV est produit à partir de déchets organiques par méthanisation, ce qui en fait une énergie renouvelable.

Faut-il un véhicule spécifique pour rouler au bioGNV ?

Non. Tout véhicule GNV peut rouler au bioGNV sans aucune adaptation, les deux carburants étant parfaitement interchangeables et pouvant être mélangés dans le réservoir. Il est aussi possible de convertir certains véhicules diesel grâce au

rétrofit bioGNV

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Le bioGNV est-il vraiment neutre en carbone ?

Pas totalement, mais presque à l’usage : le CO2 émis à l’échappement correspond à celui absorbé par la biomasse méthanisée. Sur l’ensemble du cycle de vie, la réduction des émissions de gaz à effet de serre atteint environ 80 % par rapport au diesel.

Quelle part du GNV distribué en France est du bioGNV ?

En 2025, le bioGNV a représenté 56 % du GNV consommé en France, et 67,5 % des volumes de GNC, selon France Mobilité Biogaz.

Où faire le plein de bioGNV ?

La France comptait fin 2025 362 stations GNV publiques et 410 privées. Retrouvez notre

état des lieux des stations GNV en France

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Le bioGNV est-il dangereux ?

Il ne présente pas plus de risques que le GNV fossile, puisqu’il s’agit du même gaz, stocké dans les mêmes réservoirs homologués. Pour en savoir plus, consultez notre dossier

Sécurité : le GNV est-il dangereux ?