Le bioGNV : qu’est-ce que c’est ?

Le bioGNV : qu’est-ce que c’est ?
Si l’on envisage de plus en plus le gaz naturel comme carburant alternatif au sein de la mobilité durable, - en particulier pour les véhicules lourds -, c’est principalement parce qu’il existe des scénarios pour le produire qui boostent ses atouts écologiques. On obtient alors un biogaz connu sous 2 appellations : biométhane (carburant) et bioGNV.

SOMMAIRE

GNV  

Avant de parler du bioGNV, présentons en quelques lignes le GNV, encore majoritairement présent dans les stations d’avitaillement en 2018. Le GNV, c’est tout simplement le nom que l’on donne au gaz naturel lorsqu’il est utilisé pour la mobilité.

Constitué à plus de 96% de méthane, c’est le même produit que celui distribué en France sur le réseau GRDF pour un usage domestique ou industriel. C’est le gaz qui alimente les cuisinières et appareils de chauffage conçus et réglés pour fonctionner au gaz de ville. Son exploitation pour la mobilité est antérieure à la Seconde Guerre mondial qui mettra ce carburant en avant du fait des difficultés à s’approvisionner en essence. En France, aujourd’hui, c’est principalement dans les véhicules lourds que le GNV est employé, - camions, cars et bus.
 

BioGNV

Alors que le GNV provient habituellement de sources fossiles, le bioGNV est obtenu de la méthanisation de déchets organiques divers et parfois combinés : ordures ménagères, boues des stations d’épuration, produits agricoles et tontes des espaces verts, résidus de l’industrie agroalimentaire ou de la restauration collective, etc.

S’il existe plusieurs scénarios pour obtenir du biométhane, à un moment ou un autre de la chaîne de production les déchets vont être mis à fermenter dans un espace privé d’oxygène. C’est le processus de méthanisation, par lequel on obtient du biogaz, en plus de digestats liquides et solides exploitables également, principalement comme fertilisant. Il faut encore épurer le fluide gazeux pour recueillir un produit qui a les mêmes caractéristiques que le gaz naturel et qui lui est substituable parfaitement, aussi bien dans le réseau de distribution que pour la mobilité. A noter que le biométhane figure parmi les sources renouvelables d’énergie.
 

BioGNC et BioGNL

Comme le GNV, le bioGNV est exploitable sous 2 formes. La plus répandue est la forme comprimée (GNC, bioGNC), que l’on retrouve aussi bien dans les poids lourds que dans les voitures particulières. Le gaz est alors contraint sous 200 à 250 bars dans des réservoirs spécialement conçus à cet effet.

Pour l’instant réservé aux véhicules lourds, la forme liquide (GNL, bioGNL) permet d’emmagasiner de plus grandes quantités d’énergie, ce qui permet d’envisager des autonomies, après plein effectué à la pompe, qui approchent celles des versions diesel. En contrepartie de contraintes plus fortes, notamment l’obligation de stocker le produit à une température de -163°C. Remplir les réservoirs impose de nouvelle habitudes et des contraintes de sécurité, en particulier une protection corporelle (masque, gants, etc.) lourde de la personne qui effectue l’opération.
 

L'impact sur l’environnement du bioGNV

Le GNV et le bioGNV bénéficient d’un impact sur l’environnement particulièrement réduit par rapport aux carburants d’origine pétrolière. Ainsi une élimination presque totale des particules fines à l’échappement, et une baisse de 55% et 85% des oxydes d’azote en comparaison, respectivement de l’essence et du gazole. Moins de nuisances sonores et disparition des odeurs désagréables au passage des véhicules. Mais ce qui différencie le GNV du bioGNV, c’est son impact carbone.

Avec l’emploi du gaz naturel obtenu de sources fossiles, les émissions de CO2 sont réduites de 25% par rapport à une voiture à essence, et de 15% par comparaison à un équivalent diesel. En revanche, le bioGNV gomme presqu’en totalité l’impact carbone à l’utilisation. Pourquoi ? Parce que le CO2 absorbé par les végétaux méthanisés compense celui réellement libéré derrière le véhicule. Pour les transporteurs et leurs plus gros clients, qui doivent communiquer l’impact carbone de leur activité, l’emploi du bioGNV apparaît incontournable à terme.


 

BioGNV & économie circulaire

L’impact sur l’environnement du bioGNV ne se limite pas aux émissions à l’échappement. La méthanisation encourage l’exploitation en circuit court, les unités de traitement devant être le plus souvent possible installées à proximité des stations-service, en alimentation directe des sites de distribution.

Le cycle le plus complet s’obtient lorsque les camions qui effectuent le ramassage des déchets sont alimentés avec le biométhane produit localement à partir de ces résidus. Les déchets des entreprises agroalimentaires, des collectivités et des exploitations agricoles sont valorisés, et le produit de leur fermentation distribué localement. On gomme ainsi toutes les émissions de particules, CO2 et polluants chimiques liés à l’extraction du pétrole, à son acheminement dans les raffineries, à son traitement pour en faire des carburants, et à la livraison dans les stations-service. Puisque 90% du potentiel de production de biométhane est agricole, produire du bioGNV permet d’assurer un revenu supplémentaire non négligeable aux agriculteurs, dont certains se réunissent en groupements pour distribuer eux-mêmes le gaz.


Le bioGNV et les garanties d’origine

Comme il n’est pas toujours possible de disposer d’une unité de méthanisation à côté d’une station-service délivrant du bioGNV, - notamment dans les grandes agglomérations -, le biogaz peut être injecté sur le réseau où il se trouve mélangé au gaz naturel d’origine fossile ainsi qu’à l’hydrogène injecté selon une limite de proportion.
 
A plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres de là, des stations-service vont acheter ce biométhane. En réalité, elles vont recevoir le mix qui circule localement sur le réseau depuis lequel elles vont être alimentées. C’est le rôle du mécanisme des garanties d’origine d’offrir une traçabilité qui permet de scinder la consommation physique du gaz et sa vente aux consommateurs. Chaque mégawatheure de biométhane injecté donne lieu à l’émission d’une garantie d’origine, identifiée grâce à différentes informations, parmi lesquelles le lieu de production et les déchets utilisés. L’opération est consignée dans le registre national des garanties d’origine, géré depuis fin 2012 par GRDF, par période de 5 ans renouvelable.
 


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