Carburants alternatifs : l'Europe dénonce le manque d'ambition des plans d'actions nationaux

Carburants alternatifs : l'Europe dénonce le manque d'ambition des plans d'actions nationaux
Que ce soit pour l’électrique, le gaz naturel ou l’hydrogène, la Commission Européenne a pointé du doigt les plans d’actions nationaux des différents états membres en matière de carburants alternatifs, regrettant qu’ils ne soient pas à la hauteur des enjeux fixés. Dans le domaine du GNV, les ambitions affichées sont très disparates selon les Etats Membres.

Si l’on souhaite inscrire davantage les carburants alternatifs dans la mobilité européenne de demain, les Etats membres vont devoir faire davantage pour développer l’infrastructure. C’est ce que souligne une note publiée par la Commission Européenne en marge de l’annonce de son dernier « paquet mobilité » censé établir de nouveaux objectifs jusqu’en 2030.

« Avec environ 95% des véhicules routiers toujours alimentés de manière conventionnelle, le nombre de véhicules et de navires fonctionnant aux énergies alternatives au sein de l'UE est trop faible » note la Commission qui appelle les Etats membres à lever la barrière de l’infrastructure. « Une approche intégrée est nécessaire pour que l’Union Européenne réussisse sa transition vers une mobilité à faibles émissions » avertit la Commission, rappelant la nécessité d’un « cadre politique commun pour les véhicules, les infrastructures et les mécanismes incitatifs ».

Alors que la Directive AFI imposait à chaque état membre d’établir un cadre national d’actions pour le développement des infrastructures alternatives d’ici à novembre 2016, la Commission estime que la plupart des dossiers rendus ne sont pas à la hauteur des enjeux. Sur les 25 feuilles de routes étudiées par la commission, seules 8 répondent aux exigences de la Directive critique Bruxelles, ajoutant que deux Etats membres, Malte et la Roumanie, n’avaient toujours pas rendu leurs copies à ce jour.

Gaz naturel : des ambitions très disparates

Alors que l’observatoire européen des carburants alternatifs estime à 3458 le nombre de points d’avitaillement GNV aujourd’hui disponible en Europe, dont une centaine de points GNL, les différentes feuilles de route des Etats Membres prévoient d’ajouter entre 2599 et 2634 points d’avitaillement GNC et 256 à 431 points d’avitaillement GNL d’ici à 2025.

Si la commission ne communique pas la répartition par pays, elle souligne que les « capacités supplémentaires prévues » seront concentrées dans quelques Etats membres seulement. Dans le domaine du GNC, une majeure partie des Etats membres ne fixent pas d’objectifs en matière de véhicules GNV tandis que quatre pays européens (Hongrie, Italie, Belgique et république Tchèque) priorisent la technologie.

La Commission note également que certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou le Luxembourg ne prévoient pas de nouvelles infrastructures GNC. Une situation qui pourrait poser problème si le parc continue de grandir. Notamment en Allemagne où le groupe Volkswagen affiche de grandes ambitions dans le domaine du GNV avec un objectif d’un million de véhicules d’ici à 2025 (voir notre article).

Dans le domaine du GNL, 19 des 25 plans nationaux analysés évoquent des objectifs pour les transports lourds mais Bruxelles estime que les ambitions ne sont pas toujours suffisantes pour assurer une couverture adéquate des corridors routiers.

Quant au GNL maritime et fluvial, seuls trois pays (Finlande, Italie et Hongrie) affichent des objectifs réellement ambitieux.

En termes d’investissements, l’Europe estime que les différents Etats membres devront débloquer 357 millions d’euros d’ici 2020 et 600 millions d’ici à 2025 dans le domaine du GNC. Sur la partie GNL, 257 millions d’euros seraient nécessaire pour le développement du routier à l’horizon 2025 tandis que le maritime et le fluvial représenteraient les investissements les plus lourds avec respectivement 945 millions et un milliard d’euros d’investissements entre 2025 et 2030.

De nouvelles mesures à venir

Outre l’échange des « bonnes pratiques » via son forum pour le transport durable, la Commission va lancer un groupe d’experts en mars et une série de conférences dont la première est prévue pour la fin de l’automne 2018.

Sur le plan financier, Bruxelles pourrait débloquer 800 millions d’euros supplémentaires pour contribuer davantage à l’effort de déploiement. Une somme qui viendrait s’ajouter aux 600 millions actuels du programme Connecting Europe Facility (CEF) qui accompagne déjà une soixantaine de projets dans le domaine des carburants alternatifs.

En termes de véhicules, l’Europe étudie également la mise en place d’une aide financière à destination des flottes. 

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