Bert&You veut renouveler 50 % de ses camions au gaz naturel

Bert&You veut renouveler 50 % de ses camions au gaz naturel
Figurant parmi les pionniers du gaz naturel, le transporteur drômois Bert&You a décidé d’accélérer le déploiement de sa flotte. Avec Eric Cabaillé, Directeur de la communication du groupe, Gaz-Mobilité revient sur cet engagement précurseur.

Si les transporteurs ont été nombreux en 2020 à intégrer des véhicules GNV au sein de leurs flottes, d’autres le font depuis déjà plusieurs années. C’est le cas du groupe Bert&You qui livre un premier retour d’expérience pour les lecteurs de Gaz-Mobilité.

« On a commencé fin 2014 avec des clients de la grande distribution et un autre qui travaille dans l’univers de la maroquinerie de luxe. Ces derniers exigeaient que leurs prestataires mettent à disposition des véhicules au gaz naturel. Dès le départ on a fait le choix du GNL qui nous permettait de travailler sur de la longue distance » se souvient Eric Cabaillé, Directeur de la communication du groupe Bert&You.

« En matière d’usage, nous sommes partis d’une équation simple. Comme nous sommes sur un véhicule qui est plus cher à l’achat, il fallait optimiser son utilisation. On a donc utilisé des véhicules en double poste avec deux chauffeurs par jour. Ce sont des véhicules qui font de la longue distance la nuit et de l’inter-sites le jour » précise notre interlocuteur. Une façon de maximiser l’usage du véhicule. « Sur un véhicule diesel classique, nous sommes à 100-120 000 km par an. Avec le GNL, nous sommes sur 160 à 180 000 km » chiffre-t-il

« On a essuyé les plâtres »

« Lorsqu’on a commencé à utiliser le GNV, on a été un peu naïfs » avoue notre interlocuteur. « Nous n’avions pas anticipé l’entretien. Nous avons eu dès le départ des problèmes techniques sur une grosse partie de la flotte avec des immobilisations longues et un constructeur qui peinait à trouver des solutions. Nous étions aussi sur des moteurs de 360 chevaux qui ne parvenaient pas à répondre à tous les besoins » se souvient-il

« On a essuyé les plâtres » résume Eric Cabaillé. « Devant l’intensité des soucis techniques que l’on a rencontré – et nous n’étions pas les seuls transporteurs dans ce cas – le constructeur a fini par nous reprendre les premiers modèles. Ils ont été remplacés par des 440 chevaux en double réservoir avec 1400 km d’autonomie. Cela a tout changé et on a désormais une fiabilité qui n’est pas un problème pour nous ».

Un objectif de 50 % de renouvellement au gaz naturel

Malgré les nombreux défauts de jeunesse rencontrés sur la technologie, Bert&You continue d’étendre sa flotte. « Aujourd’hui, nous comptons une trentaine de tracteurs GNL et trois porteurs, dont deux fonctionnant au GNC » chiffre notre interlocuteur.

« En 2020, notre comité de direction a décidé que le GNV était une priorité. Aujourd’hui nos commandes sont 50 % en gaz et 50 % en diesel. Sachant que l’on renouvelle environ 300 véhicules par an, cela signifie que nous pourrions intégrer 150 camions au gaz chaque année sous réserve que le constructeur avec lequel on travaille dispose de la capacité de production ».

Si la flotte sera répartie en fonction des missions et de la disponibilité des stations, certains centres sont appelés à devenir 100 % GNV. C’est le cas de Nîmes où Bert&You ouvrira une nouvelle agence d’ici la fin de l’année. « Celle-ci sera implantée en face d’une station Engie. Cela va nous permettre à court terme de disposer d’une agence 100 % GNV ».

A l’inverse, la transition vers le gaz est plus délicate pour certaines activités. En premier lieu pour des questions de réglementation. « On a une grosse activité de transport de gaz qui représente environ 20 % de notre chiffre d’affaires global. Le transport ADR est autorisé avec le GNV mais on ne peut pas pénétrer sur des sites Seveso » regrette notre interviewé.

Des chauffeurs conquis

Comment les chauffeurs appréhendent ces nouveaux véhicules au gaz ? « Au début c’était punitif, maintenant c’est mieux intégré car la fiabilité est au rendez-vous » nous répond Eric Cabaillé. « Les véhicules sont un peu plus souples et moins bruyants. C’est un confort de conduite qui est apprécié par les chauffeurs » complète-t-il.

Pour accompagner au mieux la transition des chauffeurs vers le GNL, Bert&You s’appuie sur son équipe de formateurs. « Sur chaque prise en main d’un véhicule gaz, nous avons systématiquement un formateur qui accompagne le chauffeur. Notamment sur la procédure d’avitaillement. Si on veut optimiser un véhicule GNV, il y a de petites particularités à connaitre. On ne peut pas se permettre de mettre un conducteur lambda sur du GNV sans l’avoir à minima formé sous peine d’avoir des débordements en consommation ou une usure prématurée du moteur » prévient-il.

Une solution rentable sous conditions

Vis-à-vis du diesel, le GNL est-il une solution rentable ? « Oui mais elle ne l’est qu’à partir du moment où on optimise l’utilisation avec une configuration à deux chauffeurs et un kilométrage de 160 000 à 180 000 km par an » rappelle Eric Cabaillé.

« De manière générale, on arrive à amortir le surcout du GNV au-delà du 35ème mois d’utilisation. Au-delà, on peut penser qu’on peut gagner un peu d’argent » précise-t-il.
 

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1 Commentaire

  1. Marc BuffenoirPublié le 02/03/2021 à 11:28

    " Le transport ADR est autorisé avec le GNV mais on ne peut pas pénétrer sur des sites Seveso » regrette notre interviewé.": c’était vrai il y a qelques années mais ce n’est plus le cas. La plupart des camions-citernes transportant le GNL issu des terminaux méthaniers (sites SEVESO) ont maintenant des tracteurs au GNL

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