GNV dans la grande distribution : U Logistique témoigne

GNV dans la grande distribution : U Logistique témoigne
U Log est la société logistique de la coopérative U et approvisionne via ses 29 entrepôts les 1579 magasins U du territoire français. U Log a fait le choix de se lancer dans les technologies GNV dès l’apparition des premiers camions, en 2016. Nous nous sommes entretenus avec Laurent Gastinaud, le Directeur Transport National de U Log.
 
Quelle est la dimension du parc GNV de U Log ?
 
Laurent Gastinaud : Nous avons aujourd’hui 6 tracteurs routiers et 8 camions porteurs, soit 14 véhicules qui représentent environ 4% de notre flotte totale sous contrat.
 
Pourquoi avoir choisi le gaz naturel pour véhicules ?
 
L.G. : Nous avons toujours eu à cœur de choisir les technologies les plus avancées pour nos activités de transport et de logistique. Lorsque le gaz est arrivé, le diesel commençait à montrer des signes de fatigue : l’indexation des prix du carburant était en hausse, les particules fines devenaient un problème croissant, surtout dans les grandes villes où les réglementations de circulation ont commencé à apparaître… Nous avons décidé de tester cette technologie, et nous allons continuer dans cette direction.
 
Quelle est la technologie privilégiée chez U Log ?
 
L.G. : A ce jour, nos 8 porteurs roulent au gaz naturel comprimé (GNC), un tracteur routier également au GNC et les 5 autres au gaz naturel liquéfié (GNL). Ces deux technologies ont chacune leurs avantages : il est plus facile de faire le plein de GNC car il ne demande pas d’équipement spécial de sécurité comme le GNL, et on peut réduire encore plus nos émissions grâce au bioGNC. Quant au GNL, s’il n’existe pas encore en version bio, il permet de parcourir des distances plus longues. Nous l’utilisons davantage pour le trafic des fournisseurs aux plateformes tandis que le GNC nous sert plus dans la distribution régionale.
 
Comment expliquez-vous qu’une si petite part de vos camions fonctionnent au gaz ?
 
L.G. : Nous avons d’abord commencé fin 2016 à faire tourner 2 véhicules GNV à Nantes pour tester. Lorsque nous avons voulu poursuivre l’implantation, nous nous sommes heurtés à un frein d’envergure : le manque de stations proches de nos plateformes. Nous sommes alors entrés en relation avec plusieurs gaziers et, en attendant les 4 nouvelles stations qui verront le jour en fin d’année et qui nous permettront d’intégrer de nouveaux véhicules à notre flotte, nous avons privilégié les zones proches de stations d’avitaillement. Mais le but in fine est que dans chacun de nos 20 sites, au moins ¼ des véhicules soit à carburant alternatif.
 
Quel accueil les magasins U ont-ils fait à cette solution alternative au diesel ?
 
L.G. : Le personnel des magasins est rassuré car la livraison par véhicules fonctionnant au gaz permet d’assurer les zones urbaines réglementées (qui interdisent l’accès en centre-ville aux véhicules diesel à certaines heures). Les camions GNV sont beaucoup moins bruyants (75 décibels contre 90), ce qui satisfait également nos conducteurs. Pour la marque, c’est une bonne image que certains partenaires industriels commencent à nous réclamer, donc tout le monde est content.
 
Êtes-vous satisfaits des performances des véhicules GNV ?
 
L.G. : Ça dépend des modèles ! Ceux qui sont sortis en 2016 étaient encore à boîte mécanique et présentaient de petites failles technologiques, notamment dans la répartition du froid. Mais les nouveaux modèles sortis depuis 2018 sont très performants. Les conducteurs apprécient les boîtes automatiques et s’habituent à la légère perte de puissance par rapport au diesel. Au début, on avait surtout peur des pannes : lorsqu’on tombe en panne en roulant au gazole, les dépanneurs sont nombreux, mais quid du gaz ? Aujourd’hui, tout le monde s’est approprié le matériel et il n’y a pas de problème majeur. Je dirais que l’indice de satisfaction du GNV est en train de rejoindre celui du diesel.
 
Selon vous, quels sont les freins à lever pour que l’adoption du GNV se généralise dans la profession ?
 
L.G. : Le premier est bien sûr le réseau d’avitaillement. Ensuite, les constructeurs : il y a 3 ans, il n’y avait qu’Iveco qui proposait des poids lourds GNV. Mais nos transporteurs ont souvent leurs constructeurs de prédilection, donc ça pouvait bloquer. Aujourd’hui, Scania, Volvo et Mercedes commencent à proposer des véhicules, donc l’offre va s’étoffer et les prix vont devenir plus compétitifs. Enfin, les fluctuations des prix du GNV sont assez contraignantes pour la profession, il faudrait plus de stabilité pour généraliser l’utilisation de la technologie à tout le secteur.
 
Qu’attendez-vous du marché du gaz naturel pour les prochaines années ?
 
L.G. : Nous avons déjà entre 30 et 40 camions qui arrivent début 2020, et nous planifions d’en avoir plus d’une centaine fin 2020. Donc nous sommes partis pour continuer sur cette lancée, mais je pense qu’il faudrait un engagement plus fort en termes de formation des conducteurs. Nous le demandons aux transporteurs avec qui nous travaillons, mais le GNV ne fait pas partie des Formations Complémentaires Obligatoires (FCO) et c’est dommage car cela contribuerait non seulement à démystifier le gaz, mais aussi à expliquer clairement les règles de sécurité.
 
Le gaz est à ce jour une technologie de transition, de nombreux travaux sont en cours sur l’hydrogène, l’électricité et les modèles hybrides. Nous pensons que l’hybride pourrait être une solution à 5 ans.

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