GRDF : « Les transporteurs doivent être aidés à passer au GNV »

GRDF : « Les transporteurs doivent être aidés à passer au GNV »
Face à la crise, GRDF invite le gouvernement à adopter de nouvelles mesures pour soutenir les transporteurs et la filière du gaz carburant.

Le secteur du transport routier de marchandises est au plus mal. Selon un sondage réalisé en mars par la Fédération Nationale du Transport Routier (FNTR), 30 % des entreprises connaissent un arrêt total et 56 % une perte partielle d’activité. Près d’un quart des entreprises (21 %) ont perdu plus de 75 % de chiffre d’affaires. 

Un ralentissement général de l’activité qui entraine une forte diminution du prix du pétrole. En chute libre depuis le début de la crise, le cours du baril a été divisé par trois depuis le début de l’année. Résultat : le prix du diesel n’a jamais été aussi bas ce qui tend à rendre le GNV économiquement moins avantageux à l’usage. 

« Nous sommes en train de réaliser de nouveaux calculs de TCO (coût total de possession ndlr). Selon les analyses qui nous ont été présentées, le prix du pétrole va rester bas un moment. Sans soutien, le GNV va être très fortement impacté » s’inquiète Caroline Maleplate, Déléguée GNV au sein de GRDF.

Du suramortissement au crédit d’impôt 

Alors que le gouvernement a débloqué 390 millions d'euros de mesures de trésorerie en faveur du transport routier, GRDF appelle à ne pas laisser de côté la filière du gaz carburant.

« Les transporteurs doivent être aidés à passer au GNV. La seule aide étatique en place – le suramortissement – ne servira à rien face à des entreprises en situation de déficit » avertit la représentante de GRDF.

Pour soutenir la filière et continuer à gommer le surcout d’acquisition par rapport au diesel, GRDF appelle l’exécutif à mettre en place, de façon temporaire, un crédit d’impôt. Un dispositif plus adapté au contexte que GRDF invite à étendre au domaine de l’utilitaire léger mais aussi à celui des stations privatives. 

« Le GNV, c’est la possibilité de réussir la transition énergétique à moindre coût tout en favorisant une filière française et européenne » rappelle Caroline Maleplate. Selon GRDF, 96 % des poids-lourds au gaz qui ont été vendus en Europe en 2019 sont issus de constructeurs européens. Chez Iveco, les moteurs gaz sont produits à l’usine française de Bourbon-Lancy qui emploie 1400 personnes. 

De son côté, GRDF prévoit également de lancer son propre dispositif national avec un angle original : celui de mieux valoriser la filière. « Aujourd’hui un bus sur 7 en France au gaz et personne n’en a la moindre idée » explique notre interviewée. Variant de 1500 à 3000 euros par véhicule, le dispositif s’adressera aux poids-lourds, aux utilitaires et aux autocars. Visant à permettre au GNV de gagner en notoriété, cette aide consistera à acheter un flocage sur les véhicules. Un site internet dédié sera prochainement lancé pour présenter le dispositif.  

Dans le but d'accroitre la notoriété de la filière, GRDF détaillera prochainement un nouveau dispositif visant à financer le flocage des véhicules.
 

Stations GNV : de nombreux projets décalés

Si le domaine du transport routier reste la principale source d’inquiétude, la crise actuelle touche également d’autres secteurs. 

Dans le domaine des stations d’avitaillement, la suspension des travaux des installations à venir va engendrer d’importants retards. « Sur 2020, on pense raccorder près de deux fois moins de stations que l’an dernier compte tenu des retards qui sont pris » chiffre Caroline Maleplate. « On voit une forte baisse mais un décalage qui se rattrapera probablement au premier trimestre 2021 » nuance-t-elle. 

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1 Commentaire

  1. GiraudPublié le 29/04/2020 à 08:05

    Très bonne idée ! Pour la plupart des usagers de bus urbains, ils ne savent pas qu’ils empruntent des véhicules qui roulent au gaz (GNV), même si c’est inscrit en petites lettres, sur les bus.

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