Station GNV : A Valence, ces transporteurs lancent leur propre réseau

Station GNV : A Valence, ces transporteurs lancent leur propre réseau
Regroupés au sein d'une société commune et associés à Prodeval, trois transporteurs drômois s’apprêtent à ouvrir leurs premières stations GNV. Retour sur cette initiative pionnière…
 

Une initiative portée par les transporteurs du territoire

La genèse de Drôme Energies Distribution repose sur une réflexion commune de trois transporteurs : Groupe Cheval, Transports Martin et Travel Moov – Bertolami. « Chacun réfléchissait dans son coin à développer des alternatives au diesel et s’est retrouvé à discuter avec Prodeval sur la solution GNV. D’où l’idée de réunir tout le monde autour de la table. S’est ensuite associé le territoire, à travers la SEM Rovaler dont l’objectif est d'impulser la dynamique de développement des énergies renouvelables et des énergies nouvelles sur le territoire » résume Bertrand Jamonet, Directeur des projets environnementaux & transition énergétique au sein du groupe Cheval.

« L’initiative vient vraiment des transporteurs. Je suis heureux que des sociétés emblématiques du territoire se soient fédérées autour du projet car chacune aurait pu choisir de réaliser sa propre station sans la rendre publique » complète Sébastien Paolozzi, Président de la nouvelle structure et dirigeant de Prodeval. Pourquoi ne pas être passé par un opérateur privé ? « Nous avons fait le choix de développer nous-même nos stations pour aller plus vite en démarrant la construction au plus tôt » répond le dirigeant de Prodeval. « C’est aussi une façon de maitriser un peu plus notre avenir et d’apporter un outil fiable et durable. On veut donner ce coup d’élan ! C’est un choix courageux de tous les acteurs de montrer l’exemple et ce même si le prix du gaz est élevé » poursuit-il.

Trois stations pour 2023…

Romans, Valence et Bourg-de-Péage… trois stations seront déployées par Drôme Energies Distribution en 2023. Toutes seront équipées de la solution containérisée CN’GREEN proposée par Prodeval.

« Plutôt que des grosses stations, nous sommes partis sur des installations plus modestes pour mieux mailler le territoire » justifie Sébastien Paolozzi. « Avec ce nouveau réseau, on veut aussi casser l’image de ces vieilles stations en proposant des installations propres et entretenues. Au final, le territoire comptera dix pistes d’avitaillement une fois que les trois stations seront ouvertes. Toutes proposeront un dispositif de paiement par carte bancaire » complète-t-il.

« Romans aura deux pistes. Sur Valence et Bourg-de-Péage, il y en aura quatre » complète le représentant du groupe Cheval. « Les stations de Valence et Romans devraient ouvrir en février. Sur Bourg-de-Péage, l’ouverture devrait avoir lieu au second trimestre 2023 ».

Loin de se limiter à la seule solution GNC, les stations du territoire valentinois proposeront également d’autres énergies alternatives au diesel. « Nous avons aussi passé un contrat avec Allego pour installer des stations Bourg Péage et Valence. Sur Valence, il y aura probablement à terme de l’hydrogène » précise Bertrand Jamonet.



… et une quatrième en projet

« On avance sur un autre projet. Ce n’est pas Drôme Energies Distribution qui investirait mais Bertolami, un des actionnaires, qui dispose d’un terrain à Crest, plus au sud » explique Bertrand Jamonet. « Sur cette station, qui ouvrirait en 2024, Drôme Energies ne serait que partenaire » précise-t-il.  

« Plus tard, en fonction des besoins des utilisateurs, nous pourrions ajouter des stations sur le territoire » complète Sébastien Paolozzi.


S’adapter au contexte

Lancer un nouveau réseau de stations GNC à l’heure où le prix du gaz explose n’a pas découragé les actionnaires de Drôme Energies Distribution. « Ce n’est pas si mal, on appréhende au moins le fait que le marché peut évoluer dans le mauvais sens » relativise Bertrand Jamonet.

Pour tirer au mieux les coûts, les actionnaires ont revu leur copie. « Pour avoir un amortissement plus léger, on a limité nos investissements en choisissant par exemple de supprimer les auvents qui étaient prévus à l’origine » précise le représentant du Groupe Cheval. « La bonne nouvelle, c’est que nous n’avons pas eu à forcer sur notre participation personnelle. Nos banques, BPI, Caisse d’Epargne et Crédit Agricole, nous ont rapidement suivi. Les premières rencontres ont eu lieu en juillet 2021 et nous avons obtenu les financements début 2022 » précise-t-il.

L’agglomération, qui met à disposition les 2 fonciers de Valence et Romans a également joué le jeu. « La location s’étale sur 20 ans avec un loyer progressif pour aider le réseau à démarrer. » explique le dirigeant de Prodeval.

Quid des subventions ? "Nous avions répondu à un appel à projet régional qui a malheureusement été annulé. Nous ne bénéficions pas d'aides pour ces projets alors que nous développons une mobilité verte", dénonce Sébastien Paolozzi. Les trois premières stations du réseau sont toutefois intégrées au dispositif GNVolont’air qui, porté par GRDF et l’ADEME, permettra aux transporteurs de bénéficier d’une aide allant jusqu’à 7 000 euros par camion.


Séduire les transporteurs

Au-delà des usages des actionnaires, tout l’enjeu est d’arriver à embarquer dans l’aventure d’autres transporteurs refroidis par la hausse du gaz. « Côté tarif, le modèle n’est pas encore fixé. Nous sommes actuellement accompagnés par un courtier sur la construction de notre offre » explique Bertrand Jamonet. « Le seul moyen de redonner un peu confiance aux transporteurs, ce serait d’annoncer un prix fixe chaque année. Avoir la possibilité de contractualiser sur un prix où on sait que tout le monde s’y retrouve, ce serait parfait ! » imagine-t-il.

"Nous avons besoin d'atteindre rapidement une fréquentation d'au moins 15 poids lourds par station et par jour. Les collectivités vont nous aider en mettant des BOM et des bus au gaz", souligne Sébastien Paolozzi "Des sociétés rejoignent le projet collectif plutôt que créer leur propre station privée. C'est une super nouvelle qui contribue au développement pour tous des carburants verts", précise-t-il.


Vers du bioGNV sourcé localement

« Dans un premier temps et pour aller vite, nous sommes partis sur de la garantie d’origine avec deux niveaux : bioGNV30 et bioGNV100. Cela manque un peu de sens et nous souhaiterions disposer de garanties d’origine issues des unités de méthanisation du territoire » explique Bertrand Jamonet. « Ce sera sans doute une prochaine étape. Sur la station de Valence, il y a une STEP à proximité immédiate. Ce que l’on souhaite, c’est que l’approvisionnement de notre réseau soit vraiment corrélé avec la production du territoire »

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