Transports Lhéritier : « Nous croyons au GNV dans une logique de mix énergétique »

Implantés à Aurillac, dans le Cantal, les Transports Lhéritier ont misé sur le GNV dès l'annonce des ZFE par la loi LOM de 2019, travaillant dès le départ avec Enerjump pour créer une station près de chez eux. Jean-Marc Lhéritier, président de l'entreprise familiale, revient sur cette transition et sur l’avenir de ce carburant.
Nous disposons également de 12 000 m² de surfaces logistiques. Nous intervenons sur tout le quart sud-ouest de la France, entre Bordeaux, Niort et Marseille, et la moitié de notre activité se concentre sur l'Auvergne et l'ancienne région Midi-Pyrénées.
Dès 2015, nous avons actionné les premiers leviers de décarbonation, ce qui nous a valu le label Objectif CO2 et une médaille de bronze EcoVadis, que nous avons conservés. C'est aussi une attente de nos clients : nous travaillons beaucoup pour des grands comptes de la grande distribution, de l'industrie ou des cosmétiques, qui ont des exigences fortes en matière d'environnement.
Nous avons investi dans six premiers camions GNV, avec une aide de 100 000 € de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et nous avons mobilisé Gaz'up pour implanter une station GNV le plus près possible de chez nous. Nous nous sommes associés au Groupe Olano, chacun apportant une dizaine de camions, et nous sommes devenus sociétaires de la station Gaz'up d'Aurillac, ouverte en 2022.
Le projet a vu le jour en 2022, à la fin de la crise des prix du carburant. Ce n'était pas un choix d'opportunité, nous avions une vraie volonté de voir loin et de décarboner pour l'avenir. Nous croyons au GNV dans une logique de mix énergétique.
Aujourd'hui, la station la plus proche après la nôtre se trouve à Clermont-Ferrand, à 160 km. Nous réalisons la majorité de nos pleins sur la station locale, nos véhicules y passent au quotidien dans le cadre de leur tournée.
Sur le plan économique, nous n'avons pas perdu d'argent avec nos véhicules GNV, nous en avons même un peu gagné, entre la consommation maîtrisée et les pannes moins fréquentes. Avec 84 % de décarbonation à la clé, l'équation est intéressante.
Côté clients, nous pouvons parfois proposer un prix figé plutôt qu'une indexation sur le gazole. Ce n'est pas toujours possible, mais c'est un vrai argument commercial quand on parvient à le négocier, notamment pour un lancement d'activité.
A lire aussiBioGNV, électrique, HVO... comment BMV réduit son empreinte carbone sans sacrifier sa rentabilité
Aujourd'hui, les aides importantes et un prix de l'électricité relativement favorable accélèrent le TCO, il y a une fenêtre de tir, donc on essaye. Avec 400 à 500 km d'autonomie par jour, ces véhicules sont compatibles avec notre activité. Nous sommes encore en phase de R&D sur ces sujets.
Côté GNV, dix camions arrivent en fin de financement en 2027. Nous allons étudier le marché et les dispositifs d'accompagnement, qui seront le critère déterminant pour leur renouvellement.
Partenaire
IVECO EUROCARGO GNCRecevez une offre personnalisée d’un concessionnaire IVECO près de chez vous.Demander un devis gratuit
Quelle est l'activité des Transports Lhéritier ?
Jean-Marc Lhéritier : Nous sommes une entreprise de transport routier de marchandises basée dans le Cantal. Nous comptons environ 160 conducteurs et 120 véhicules moteurs. Notre activité est très diversifiée : distribution de palettes, vrac solide, bennes à fond mouvant, produits blancs, camions grue et chariots embarqués.Nous disposons également de 12 000 m² de surfaces logistiques. Nous intervenons sur tout le quart sud-ouest de la France, entre Bordeaux, Niort et Marseille, et la moitié de notre activité se concentre sur l'Auvergne et l'ancienne région Midi-Pyrénées.
À quand remonte votre engagement en faveur de la décarbonation ?
JML : Il s'inscrit dans une démarche de fond. Nous avons toujours été engagés dans la certification : nous sommes certifiés ISO 9001 et ISO 14001, ainsi que 18001 pour la santé et la sécurité au travail.Dès 2015, nous avons actionné les premiers leviers de décarbonation, ce qui nous a valu le label Objectif CO2 et une médaille de bronze EcoVadis, que nous avons conservés. C'est aussi une attente de nos clients : nous travaillons beaucoup pour des grands comptes de la grande distribution, de l'industrie ou des cosmétiques, qui ont des exigences fortes en matière d'environnement.
Pourquoi avoir choisi le GNV pour décarboner votre activité ?
JML : Tout est parti de l'annonce des ZFE, en 2019. À l'époque, nous livrions les hypercentres des grandes villes françaises, notamment du mobilier de bureau pour les collectivités. Il nous fallait une solution de mobilité pour continuer à accompagner ce client, et les seuls poids lourds compatibles Crit'Air 1 étaient alors les véhicules GNV.Nous avons investi dans six premiers camions GNV, avec une aide de 100 000 € de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et nous avons mobilisé Gaz'up pour implanter une station GNV le plus près possible de chez nous. Nous nous sommes associés au Groupe Olano, chacun apportant une dizaine de camions, et nous sommes devenus sociétaires de la station Gaz'up d'Aurillac, ouverte en 2022.
Le projet a vu le jour en 2022, à la fin de la crise des prix du carburant. Ce n'était pas un choix d'opportunité, nous avions une vraie volonté de voir loin et de décarboner pour l'avenir. Nous croyons au GNV dans une logique de mix énergétique.
Quelle est la part de véhicules GNV et bioGNV dans votre flotte ?
JML : Nous exploitons 21 tracteurs GNV sur une flotte totale de 105 tracteurs : 12 Volvo, 5 Scania et 4 Iveco. Sept d'entre eux roulent au bioGNV, sur des activités calées avec nos clients. Nous avons déjà renouvelé une partie du parc et sommes aujourd’hui très satisfaits de véhicules Volvo, qui sont très performants et offrent autant de couple qu'un moteur diesel.Le partenariat avec Enerjump et le réseau Gaz'up était-il indispensable pour réussir cette transition ?
JML : Absolument. Il était impensable de se lancer sans station à proximité, et personne d'autre n'était en mesure d'accompagner les transporteurs dans notre région. Nous ne pouvions pas nous permettre de faire 180 à 200 km pour aller faire le plein.Aujourd'hui, la station la plus proche après la nôtre se trouve à Clermont-Ferrand, à 160 km. Nous réalisons la majorité de nos pleins sur la station locale, nos véhicules y passent au quotidien dans le cadre de leur tournée.
Quels gains concrets avez-vous observés depuis cette transition ?
JML : Nos véhicules GNV parcourent en moyenne 100 000 km par an. Sur le plan environnemental, le bioGNV nous permet d'atteindre 84 % de décarbonation. Avec le GNV fossile, le gain est de l'ordre de 5 à 10 % par rapport au diesel, auquel s’ajoute l’écart de consommation pour certains véhicules comme les Volvo, qui consomment 10 à 15 % de moins que des moteurs diesel B7.Sur le plan économique, nous n'avons pas perdu d'argent avec nos véhicules GNV, nous en avons même un peu gagné, entre la consommation maîtrisée et les pannes moins fréquentes. Avec 84 % de décarbonation à la clé, l'équation est intéressante.
Comment avez-vous géré la flambée des prix de l'énergie ? Le gaz vous permet-il de mieux absorber ces coûts que le diesel ?
JML : Depuis le début de la crise, le GNV est resté légèrement moins cher que le gazole B7, et le bioGNV s'est maintenu à un prix équivalent. Le gaz nous a aussi apporté la possibilité de bloquer un prix sur la durée. Nous avons des contrats d'achat avec Enerjump, à prix régulé en contrepartie d'un engagement de volume, ce qui limite fortement les fluctuations.Côté clients, nous pouvons parfois proposer un prix figé plutôt qu'une indexation sur le gazole. Ce n'est pas toujours possible, mais c'est un vrai argument commercial quand on parvient à le négocier, notamment pour un lancement d'activité.
A lire aussiBioGNV, électrique, HVO... comment BMV réduit son empreinte carbone sans sacrifier sa rentabilité
Que pensent vos clients de la mobilité au gaz naturel ?
JML : Aujourd'hui, les clients sont un peu perdus. Il y a trois ans, ils étaient prêts à payer un surcoût pour décarboner. Désormais, la crainte de l'inflation sur les énergies fossiles, gaz compris, prend le dessus. Ils ne sont plus aussi demandeurs qu’avant, c'est à nous de leur proposer des solutions et de les orienter.
Quels freins empêchent le secteur de passer au 100 % bioGNV ?
JML : Le surcoût du bioGNV, de l'ordre de 3 à 4 % par rapport au GNV d’origine fossile, reste difficile à faire accepter aux clients. Si demain nous étions davantage accompagnés à l'échelle européenne et que cet écart était comblé, nous serions heureux de franchir le pas. Cela demande aussi beaucoup de pédagogie auprès des clients.
Quelles sont les prochaines étapes pour les Transports Lhéritier en matière de décarbonation ?
JML : Nous exploitons déjà trois camions électriques Mercedes. Deux autres vont arriver, puis deux Renault Trucks E-Tech en février 2027, en remplacement de véhicules diesel. L'électrique offre une décarbonation plus poussée, mais une exploitation plus compliquée.Aujourd'hui, les aides importantes et un prix de l'électricité relativement favorable accélèrent le TCO, il y a une fenêtre de tir, donc on essaye. Avec 400 à 500 km d'autonomie par jour, ces véhicules sont compatibles avec notre activité. Nous sommes encore en phase de R&D sur ces sujets.
Côté GNV, dix camions arrivent en fin de financement en 2027. Nous allons étudier le marché et les dispositifs d'accompagnement, qui seront le critère déterminant pour leur renouvellement.
Partenaire
IVECO EUROCARGO GNCRecevez une offre personnalisée d’un concessionnaire IVECO près de chez vous.Demander un devis gratuit
Un média soutenu par ses partenaires
Si Gaz-Mobilite.fr vous informe gratuitement et sans publicité sur toute l'actualité de la filière GNV, c'est grâce au soutien d'une quarantaine de partenaires.
Si Gaz-Mobilite.fr vous informe gratuitement et sans publicité sur toute l'actualité de la filière GNV, c'est grâce au soutien d'une quarantaine de partenaires.
Vous souhaitez nous soutenir ?
Rejoignez nos partenaires !
Rejoignez nos partenaires !












