Le fonctionnement d’une voiture GPL

Le fonctionnement d’une voiture GPL
Le GPL est un carburant issu du raffinage du pétrole et du traitement du gaz naturel, utilisé dans des voitures dites « bicarburation » qui démarrent à l’essence puis basculent automatiquement au gaz. De la définition du GPL carburant aux nouvelles motorisations hybrides au GPL, en passant par le cadre réglementaire de la conversion, Gaz-Mobilité fait le point sur le fonctionnement d’une voiture GPL en 2026.

SOMMAIRE

Le GPL, c’est quoi ?

Le GPL, ou gaz de pétrole liquéfié et même LPG dans les pays non francophones, possède des propriétés proches de celles de l'essence. Il s’agit d’un mélange d’hydrocarbures composé essentiellement de butane et de propane, obtenu pour partie lors du raffinage du pétrole brut et pour partie lors du traitement du gaz naturel.

Sa particularité tient à son mode de stockage. Là où le gaz naturel comprimé doit être porté à 200 bars, le GPL se liquéfie sous une pression modérée de 5 à 7 bars seulement. C’est ce qui permet de loger un réservoir GPL dans l’emplacement de la roue de secours d’une citadine, sans structure renforcée ni contrainte d’encombrement majeure.

Lorsqu’il est utilisé dans le domaine automobile, on parle de GPL-c, pour GPL carburant. En Europe, la première utilisation du GPL carburant remonte à 1979. Attention à ne pas confondre le GPL avec les carburants issus du gaz naturel : le GNV, le GNC et le GNL relèvent d’une tout autre filière, avec des réservoirs, des stations et des véhicules différents. Nous détaillons ces distinctions dans notre dossier consacré aux différences entre GPL, GNV, GNC et GNL.

À noter enfin qu’une version renouvelable du carburant existe, le bioGPL, produit à partir de biomasse et co-produit des bioraffineries. Ses volumes restent aujourd’hui très limités en France et il n’est pas distribué en station pour l’usage carburant.

Comment fonctionne un moteur GPL : le principe de la bicarburation

Une voiture GPL n’est pas un véhicule à part : c’est un moteur essence classique auquel on a ajouté un second circuit d’alimentation. Le véhicule embarque donc deux réservoirs et deux carburants, d’où le terme de « bicarburation ».

Le démarrage passe systématiquement par l’essence. La raison est physique : le GPL stocké sous forme liquide doit être vaporisé avant d’être injecté, et cette vaporisation consomme de la chaleur. Tant que le circuit de refroidissement n’est pas monté en température, le vaporiseur ne peut pas remplir son office correctement. Le calculateur bascule donc automatiquement sur le GPL au bout de quelques dizaines de secondes, sans aucune intervention du conducteur.

En roulant, le passage d’un carburant à l’autre est transparent : ni à-coup, ni changement de sonorité perceptible. Un bouton situé sur la planche de bord permet de forcer le mode essence si l’on souhaite préserver sa réserve de gaz. En cas de réservoir GPL vide, le retour à l’essence est automatique.

C’est cette architecture qui explique l’autonomie cumulée importante des modèles GPL, souvent supérieure à 1 000 kilomètres, et l’absence de risque de panne sèche : avec environ 1 500 stations distribuant du GPL en France selon France Gaz Liquides, soit une station-service sur sept, le réseau reste le plus dense de tous les carburants alternatifs, et le réservoir essence sert de filet de sécurité.

Illustration : Renault Captur GPL

GPL et hybridation légère : la nouvelle génération de motorisations

L’évolution technique la plus notable de ces dernières années tient à l’association du GPL et de l’hybridation légère 48 volts. Le principe consiste à adjoindre à la bicarburation un petit alterno-démarreur électrique qui assiste le moteur thermique dans les phases de démarrage et d’accélération. L’intérêt est double. L’assistance électrique atténue la phase la moins favorable du cycle GPL, celle du démarrage à froid à l’essence, et elle compense la légère perte de rendement propre au fonctionnement au gaz.

Lancé en 2025, le Dacia Bigster mild hybrid-G 140 illustre cette nouvelle approche : un trois cylindres 1.2 L turbo de 140 chevaux, deux réservoirs de 50 litres chacun, une autonomie totale annoncée jusqu’à 1 450 kilomètres et un réservoir GPL logé sous le plancher de coffre qui préserve le volume de chargement. Le tarif débute à 24 990 euros. Cette configuration marque une rupture avec l’image d’un GPL cantonné aux motorisations d’entrée de gamme, et elle répond directement à l’enjeu du malus, puisque le fonctionnement au gaz abaisse les émissions de CO2 homologuées.

Le Dacia Bigster Eco-G fonctionne au GPL. Il a été lancé en 2025
Le Dacia Bigster Eco-G fonctionne au GPL. Il a été lancé en 2025

Injection gazeuse ou injection liquide : quelle technologie pour le GPL en 2026 ?

Deux familles techniques coexistent historiquement pour alimenter un moteur au GPL :
  • L’injection gazeuse séquentielle, qui vaporise le GPL avant de l’injecter dans le collecteur d’admission, cylindre par cylindre. Elle reprend le principe de la carburation essence indirecte ;
  • L’injection liquide, qui injecte le GPL sous forme liquide directement, sur le modèle des injections directes essence. Plus complexe, elle offre un meilleur rendement volumétrique et une consommation réduite.
Dans les faits, l’injection gazeuse séquentielle s’est imposée sur la quasi-totalité du marché français, aussi bien sur les modèles équipés d’origine par le constructeur que sur les kits posés en seconde monte. L’injection liquide reste marginale, faute d’écosystème industriel suffisant. Un acheteur qui compare des offres en 2026 se trouve donc, dans l’immense majorité des cas, face à de l’injection gazeuse.

Acheter une voiture GPL : neuf ou kit de conversion

En termes d’achat, il convient de distinguer les véhicules GPL équipés lors de leur fabrication et vendus directement en concession de ceux équipés a posteriori d’un kit GPL par des installateurs spécialisés.

Sur le marché du neuf, l’offre est extrêmement concentrée. Sur les quelque 347 700 voitures GPL immatriculées en Europe en 2025, le groupe Renault en représente 89 %, essentiellement au travers de la gamme Dacia. En France, les modèles les plus diffusés sont la Dacia Sandero Stepway GPL et la Renault Clio GPL. L’ensemble des modèles disponibles est recensé dans notre catalogue des voitures GPL.

Dans le cas d’une conversion, le montage consiste à ajouter un réservoir GPL, un vaporiseur, une rampe d’injecteurs gaz et un calculateur dédié qui dialogue avec l’électronique d’origine. En pratique, la quasi-totalité des véhicules essence, neufs ou d’occasion, peuvent être équipés au GPL. Certains installateurs travaillent également sur la bicarburation essence-gaz naturel, comme nous l’avons observé lors de notre essai d’un Dacia Duster converti par Borel.

Ce que dit la réglementation sur la conversion au GPL

La transformation d’un véhicule essence en bicarburation n’est pas libre : elle s’inscrit dans un cadre d’homologation précis, dont la maîtrise conditionne le passage au contrôle technique.
  • Réglement UNECE R115 : il régit la réception des systèmes d’adaptation, c’est-à-dire l’ensemble « composants plus installation » pour une famille de véhicules donnée. Une plaque d’identification est apposée sur le véhicule ;
  • Réglement UNECE R67-01 : il encadre les équipements eux-mêmes, réservoir et organes de sécurité associés, limiteur de remplissage, soupape, jauge et flexibles ;
  • Carte grise : la conversion doit se traduire par la mise à jour de la source d’énergie en case P.3, avec la mention correspondant à la bicarburation essence-GPL. C’est cette case qui détermine ensuite le traitement fiscal et le classement Crit’Air du véhicule.
Un point mérite une attention particulière sur les véhicules anciens. Pour les voitures mises en circulation avant le 1er juillet 2001, le contrôle technique porte aussi sur le marquage du réservoir. Si celui-ci ne mentionne ni l’homologation R67-01 ni une réception au titre du règlement R115, la dernière date de validité d’épreuve inscrite sur le réservoir ne doit pas excéder huit ans, comme le rappelle France Gaz Liquides. Le réservoir doit alors être présenté à un centre de réépreuve habilité, qui délivre un procès-verbal à conserver avec le certificat d’installation.

Ce que le GPL coûte et rapporte

Depuis quelques années, l'équation économique du GPL a changé de nature. Elle ne repose plus sur des avantages fiscaux dédiés, mais sur le prix à la pompe et sur le positionnement du véhicule vis-à-vis des seuils de taxation.
  • Carte grise : l’abattement historique réservé aux véhicules dits propres a été supprimé pour les motorisations hybrides, GPL, GNV et superéthanol E85. Quelques régions, dont la Bretagne, les Hauts-de-France, la Normandie et la Corse, appliquent encore un coefficient réduit de 50 % selon leur délibération. Il convient donc de vérifier au cas par cas ;
  • Malus : au 1er janvier 2026, le malus CO2 se déclenche dès 108 grammes par kilomètre, contre 113 grammes en 2025, et le malus au poids à partir de 1 500 kilogrammes, contre 1 600 kilogrammes auparavant. Le GPL ne bénéficie pas d’abattement spécifique, mais les émissions de CO2 homologuées en mode gaz aident les modèles concernés à rester sous le seuil ;
  • Crit’Air : les véhicules GPL sont classés Crit’Air 1, quelle que soit leur date d’immatriculation. Cet avantage conserve toute sa valeur, puisque les zones à faibles émissions restent en vigueur : leur suppression, votée au printemps 2026, a été censurée par le Conseil constitutionnel le 21 mai 2026 pour un motif de procédure, la méthode dite du cavalier législatif. Le droit existant demeure donc applicable.
Cette recomposition explique le retour en grâce du carburant. Alors qu’AAA Data constatait encore un net recul des ventes GPL au printemps 2025, faute de renouvellement de l’offre, l’organisme enregistrait en juillet 2026 une progression de 49 % des immatriculations de voitures neuves essence-GPL, à 5 172 unités et 4 % de part de marché, quand l’essence reculait de 44 % et le diesel de 60 %. Le durcissement du malus et l’arrivée de nouvelles motorisations ont joué de concert.

La prudence reste toutefois de mise sur la lecture de long terme : au 1er janvier 2025, la bicarburation essence-GPL ne représentait que 0,8 % du parc automobile français, une part stable selon les données du service statistique du ministère de la Transition écologique. 

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Quel avenir pour la voiture GPL après 2035 ?

La question se posait de façon brutale tant que l’Union européenne visait une réduction de 100 % des émissions de CO2 des voitures neuves en 2035, ce qui revenait à interdire toute motorisation thermique, GPL compris.

La Commission européenne a modifié sa position le 16 décembre 2025 en présentant son paquet automobile. L’objectif est ramené à une réduction de 90 % des émissions des flottes neuves à l’horizon 2035, ce qui laisse subsister une part encadrée de véhicules thermiques, hybrides rechargeables et à prolongateur d’autonomie. 



Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une voiture GPL ?

Une voiture GPL est un véhicule à bicarburation équipé de deux réservoirs : un pour l’essence et un pour le gaz de pétrole liquéfié. Son moteur démarre à l’essence, puis bascule automatiquement au GPL lorsque les conditions de fonctionnement le permettent.

Quelle est la différence entre le GPL et le GNV ?

Le GPL est principalement composé de propane et de butane, stockés sous forme liquide à une pression de 5 à 7 bars. Le GNV est constitué essentiellement de méthane et doit être comprimé à environ 200 bars. Ces deux carburants utilisent donc des réservoirs, des stations et des motorisations différents.

Pourquoi une voiture GPL démarre-t-elle à l’essence ?

Le GPL liquide doit être vaporisé avant son injection dans le moteur. Cette opération nécessite de la chaleur. Le véhicule démarre donc à l’essence, puis passe automatiquement au GPL après quelques dizaines de secondes, une fois le circuit suffisamment chaud.

Quelle autonomie peut atteindre une voiture GPL ?

Grâce à ses deux réservoirs, une voiture GPL peut souvent dépasser 1 000 kilomètres d’autonomie cumulée. Certains modèles récents annoncent jusqu’à 1 450 kilomètres. Lorsque le réservoir de GPL est vide, le moteur revient automatiquement à l’essence.

Peut-on convertir une voiture essence au GPL ?

Oui, la plupart des voitures essence peuvent recevoir un kit GPL, sous réserve de leur compatibilité technique. La transformation doit être réalisée par un installateur spécialisé avec un système homologué, puis faire l’objet d’une modification de la carte grise.

Quelle vignette Crit’Air pour une voiture GPL ?

Les voitures fonctionnant au GPL bénéficient de la vignette Crit’Air 1, quelle que soit leur date d’immatriculation. Pour un véhicule converti, la bicarburation essence-GPL doit toutefois être correctement enregistrée en case P.3 de la carte grise.

Le GPL permet-il d’éviter le malus automobile ?

Le GPL ne bénéficie pas d’un abattement spécifique sur le malus. En revanche, ses émissions de CO2 homologuées sont généralement inférieures à celles de l’essence, ce qui peut réduire le montant du malus ou permettre à certains modèles de rester sous son seuil de déclenchement.

Les voitures GPL pourront-elles encore être vendues après 2035 ?

Le GPL reste une motorisation thermique et son avenir dépendra du cadre européen définitivement adopté pour 2035. Le projet présenté par la Commission européenne en décembre 2025 maintient une place limitée pour certaines voitures thermiques, mais ses modalités doivent encore être précisées.