Transport : une filière bioGNL à développer dans les territoires

Transport : une filière bioGNL à développer dans les territoires
Parce que le déplacement des marchandises par la route représente 42% des émissions de gaz à effet de serre du transport routier, et que le bioGNL gomme en très grande partie ce problème tout en assurant une autonomie confortable de plus de 1.500 kilomètres aux poids lourds, Primagaz, InVivo et Cryo Pur se mobilisent pour soutenir une filière dédiée qui s’appuie sur les territoires.
 

Naissance d’un partenariat

Pour rappel, dans son travail pour décarboner les transports, le ministère de la Transition écologique et solidaire s’est prononcé en faveur du développement d’une filière biométhane dédiée à la mobilité. C’était il y a tout juste 1 an, en mars 2018, dans le cadre du plan de libération des énergies renouvelables.

Tous les 3 convaincus de la pertinence de pousser une filière bioGNL, et respectivement fournisseur d’énergie hors réseau, premier groupe coopératif agricole français, et PME innovante spécialisée dans les technologies de liquéfaction de biogaz, Primagaz, InVivo et Cryo Pur ont alors décidé d’unir leurs forces.
 

Evaluation

Parmi les toutes premières actions décidées par les partenaires, réaliser une évaluation sur l’intérêt de développer une filière bioGNL en estimant ses différents bénéfices dans les territoires. Ce travail a été confié au cabinet indépendant de conseil en stratégie Enea Consulting. Installé à Paris, Melbourne et Hong Kong, cet établissement s’active en particulier à participer à la mise en œuvre de la transition énergétique et environnementale et à développer l’accès à l’énergie dans le monde.

Voilà pour sa légitimité dans le débat ! En s’appuyant sur des entretiens réalisés avec des personnes clés d’organisations incontournables au regard du sujet (Ademe, DGEC, CRE, AFGNV, Association des agriculteurs méthaniseurs de France, la FNTR, GRDF, Syndicat des énergies renouvelables), Enea Consulting à rendu un rapport de 16 pages que ses commanditaires tiennent à diffuser largement.
 

3 questions

L’enquête réalisée par le cabinet de conseil a été guidée par 3 questions directrices : Quel rôle une filière bioGNL carburant peut-elle jouer pour la décarbonisation du secteur des transports en France et quel est son potentiel de développement ? Quels sont les bénéfices économiques, sociaux et environnementaux du développement de cette filière ? Quel mécanisme de soutien faut-il mettre en place pour permettre l’émergence de cette filière ?
 

Solution mature et immédiatement mobilisable

Pour ceux qui connaissent déjà relativement bien le sujet des énergies alternatives pour la mobilité, la principale conclusion de l’étude ne fera que réaffirmer une évidence : « La filière bioGNL carburant est une solution mature et immédiatement mobilisable pour réduire à la fois l’empreinte carbone et la pollution atmosphérique du transport routier lourd de marchandises national et transnational, en complément des solutions adaptées au transport léger (mobilité électrique) ou au transport régional (bioGNC) ».

Les auteurs du document rappellent en outre que cette filière « s’appuie sur la dynamique actuelle du GNL routier en cours de déploiement chez les distributeurs de carburant et les entreprises de transport ».


 

En chiffres : les avantages au niveau des territoires…

Grâce à sa production vertueuse, le bioGNL a des émissions carbonées réduites de 88% par rapport au gazole routier. Il génère également entre 43 et 66% d’oxydes d’azote en moins. Selon Enea Consulting, en plus des économies sur l’achat d’engrais azotés et de la création d’emplois pérennes et non délocalisables, « la filière bioGNL carburant pourrait générer de 190 à 310 M€ par an de gains pour la collectivité et le monde agricole ».

Elle permettrait aussi « de réaliser des économies de l’ordre de 30 à 50 M€ par an sur le traitement de la pollution aux nitrates des nappes phréatiques », ajoutent les rédacteurs de l’étude. Ils mettent en avant « la création de boucles locales de production et consommation d’énergie ».
 

…et les perspectives de développement en France

Comme indiqué dans l’étude, 2,5% des nouvelles immatriculations de poids lourds en France sont demandées pour des modèles alimentés au gaz naturel. Une part qui devrait grimper à 10% en 2030 selon la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) 2016. A cette époque, la consommation de GNV représenterait 67 TWh. Dans ce volume, 13 à 20 TWh de GNL carburant délivrés en stations (contre 134 GWh aujourd’hui), dont 5 à 8 TWh de bioGNL.


Espérant rassurer les transporteurs, le cabinet fait remarquer que dans le courant de la présente année 2019, l’écart en pourcentage entre les stations GNC et GNLC va diminuer : 63 sites GNC contre 26 GNLC en octobre 2018, mais 85 GNC (+35%) et 46 GNLC (+76%) attendus en octobre 2019.

« Le développement d’une filière bioGNL carburant, complémentaire à la valorisation du biométhane dans les réseaux, est la seule option disponible pour décarboner physiquement les usages GNL », prévient-on dans le document.

Mécanisme de soutien

Enea Consulting se fait porte-parole des acteurs de la filière pour la mise en place d’un mécanisme de soutien visant à permettre aux transporteurs de disposer au plus tôt du bioGNL carburant dans les stations françaises. Le système serait « basé sur un complément de rémunération, alloué projet par projet, sur la base des coûts réels et d’une rentabilité cible pour favoriser le développement des premiers projets et permettre à la collectivité de disposer d’un retour d’expérience technique, économique et environnemental avant la généralisation du mécanisme ».

Trois étapes ont été identifiées pour y parvenir : « Inscription du mécanisme de soutien au bioGNL carburant dans la loi d’orientation des mobilités (Lom) » ; « Préparation des textes d’application courant 2019 pour disposer d’un cadre juridique complet de mise en place du soutien financier » ; « Mise en œuvre opérationnelle du dispositif avec les premiers contrats de gré à gré de complément de rémunération signés en 2020 et la mise en service des premières unités en 2021 ».

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1 Commentaire

  1. GiraudPublié le 08/04/2019 à 15:19

    Je pense qu’il faut mettre, tout en oeuvre, pour les livraisons, en circuits courts GNV (grande agglomération), pour développer ce genre de service. Trop de transporteurs utilisent, encore le Diesel.

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