73 unités de méthanisation raccordées : où en est le biométhane en Auvergne-Rhône-Alpes ?
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NaTran a publié son bilan gazier 2025 pour l’Auvergne-Rhône-Alpes. La région compte désormais 73 unités de méthanisation raccordées aux réseaux, pour 1 TWh de capacité installée. Un seuil symbolique franchi, mais qui laisse la trajectoire régionale très en retrait de l’objectif affiché pour 2030.
Sept nouvelles unités en un an : c’est le rythme qu’affiche l’Auvergne-Rhône-Alpes en 2025, dans une région qui pèse pourtant 11 % de la consommation nationale de gaz.
Le bilan du transporteur, anciennement GRTgaz, fait état de 37 TWh consommés sur le territoire l’an dernier, en recul de 3 % sur un an. Le repli vient entièrement de l’industrie raccordée au réseau de transport, dont la consommation tombe à 10,3 TWh, concentrée sur la chimie (35 %), le verre (18 %), la production électrique (13 %) et la métallurgie (11 %). La distribution publique, qui regroupe le résidentiel, le tertiaire et les petites industries, progresse au contraire de 4 % pour atteindre 27 TWh.
Rapportés aux données nationales, ces chiffres situent la région dans une position moyenne. Le SDES recensait 803 sites d’injection en France au 31 décembre 2025, pour 15,5 TWh de capacité raccordée. L’Auvergne-Rhône-Alpes rassemble donc 9 % des installations, mais 6,5 % seulement des capacités : la taille moyenne de ses unités tourne autour de 13,7 GWh par an, contre 19,3 GWh au niveau national. Un parc essentiellement agricole et de petit format, cohérent avec la structure des exploitations régionales, qui pèse mécaniquement sur les volumes. Ramené à la consommation locale, le biométhane régional couvre 2,7 % des besoins gaziers du territoire, quand le ratio national approche 4,6 %.
Ce chiffre de 180 unités a par ailleurs une histoire. Il figurait déjà dans la charte « Ambitions biogaz 2023 », signée en mai 2019 par l’État, la Région, l’ADEME, la chambre régionale d’agriculture, GRDF et GRTgaz, avec pour échéance la fin 2023 et un objectif parallèle de 1 075 GWh injectés. Le périmètre n’est pas strictement identique, la charte comptabilisant toutes les unités quel que soit leur mode de valorisation, cogénération comprise. Sur le volet injection en revanche, la comparaison tient : le TWh visé pour fin 2023 a été atteint en 2025, avec deux ans de décalage.
Cette lenteur ne tient pas qu’à des facteurs locaux. Le panorama des gaz renouvelables 2025 pointait déjà l’absence de visibilité sur les certificats de production de biogaz au-delà de 2028 comme le principal risque pesant sur la filière avec pour conséquence un ralentissement des nouveaux projets.
La question de l’absorption locale se pose ailleurs dans la région. En Isère, GRDF et GreenAlp viennent d’inaugurer une interconnexion entre leurs deux réseaux de distribution pour valoriser le biométhane isérois sur le territoire grenoblois, où la consommation estivale descend autour de 30 GWh. Deux réponses techniques différentes à un même problème : des méthaniseurs qui se construisent plus vite que les capacités d’évacuation des réseaux auxquels ils se raccordent.
Sept nouvelles unités en un an : c’est le rythme qu’affiche l’Auvergne-Rhône-Alpes en 2025, dans une région qui pèse pourtant 11 % de la consommation nationale de gaz.
Le bilan du transporteur, anciennement GRTgaz, fait état de 37 TWh consommés sur le territoire l’an dernier, en recul de 3 % sur un an. Le repli vient entièrement de l’industrie raccordée au réseau de transport, dont la consommation tombe à 10,3 TWh, concentrée sur la chimie (35 %), le verre (18 %), la production électrique (13 %) et la métallurgie (11 %). La distribution publique, qui regroupe le résidentiel, le tertiaire et les petites industries, progresse au contraire de 4 % pour atteindre 27 TWh.
Un parc régional composé d’unités plus petites que la moyenne française
Côté production, 73 unités de méthanisation injectaient leur biométhane dans les réseaux régionaux fin 2025, soit sept de plus qu’un an plus tôt. Leur capacité cumulée atteint 1 TWh par an, que NaTran ramène à la consommation d’environ 250 000 foyers chauffés au gaz, l’équivalent des logements de Valence, Grenoble et Saint-Étienne réunis.Rapportés aux données nationales, ces chiffres situent la région dans une position moyenne. Le SDES recensait 803 sites d’injection en France au 31 décembre 2025, pour 15,5 TWh de capacité raccordée. L’Auvergne-Rhône-Alpes rassemble donc 9 % des installations, mais 6,5 % seulement des capacités : la taille moyenne de ses unités tourne autour de 13,7 GWh par an, contre 19,3 GWh au niveau national. Un parc essentiellement agricole et de petit format, cohérent avec la structure des exploitations régionales, qui pèse mécaniquement sur les volumes. Ramené à la consommation locale, le biométhane régional couvre 2,7 % des besoins gaziers du territoire, quand le ratio national approche 4,6 %.
180 unités visées pour 2030
NaTran rappelle l’objectif régional : 180 unités en fonctionnement et 5 TWh de biométhane produit chaque année à l’horizon 2030. Passer de 73 à 180 sites suppose une moyenne de 21 mises en service par an pendant cinq ans, soit trois fois le rythme constaté en 2025. Quintupler le volume dans le même intervalle est plus exigeant encore que la trajectoire nationale, la PPE 3 visant 44 TWh injectés en 2030 à partir des 15,5 TWh actuels.Ce chiffre de 180 unités a par ailleurs une histoire. Il figurait déjà dans la charte « Ambitions biogaz 2023 », signée en mai 2019 par l’État, la Région, l’ADEME, la chambre régionale d’agriculture, GRDF et GRTgaz, avec pour échéance la fin 2023 et un objectif parallèle de 1 075 GWh injectés. Le périmètre n’est pas strictement identique, la charte comptabilisant toutes les unités quel que soit leur mode de valorisation, cogénération comprise. Sur le volet injection en revanche, la comparaison tient : le TWh visé pour fin 2023 a été atteint en 2025, avec deux ans de décalage.
Cette lenteur ne tient pas qu’à des facteurs locaux. Le panorama des gaz renouvelables 2025 pointait déjà l’absence de visibilité sur les certificats de production de biogaz au-delà de 2028 comme le principal risque pesant sur la filière avec pour conséquence un ralentissement des nouveaux projets.
Yzeure, deuxième rebours de l’Allier
Sur le volet infrastructures, NaTran a mis en service en février 2026 un second poste de rebours à Yzeure, dans l’Allier, pour 3 millions d’euros. L’équipement remonte vers le réseau de transport le biométhane que le réseau de distribution local ne parvient pas à écouler, en particulier l’été, quand la consommation s’effondre. Il complète celui de Saint-Victor, inauguré en 2023, et couvre les zones de Montluçon et de Moulins. Le montant est du même ordre que celui du rebours d’Auch, en Occitanie, mis en service en 2024 pour un peu moins de 3 millions d’euros également.La question de l’absorption locale se pose ailleurs dans la région. En Isère, GRDF et GreenAlp viennent d’inaugurer une interconnexion entre leurs deux réseaux de distribution pour valoriser le biométhane isérois sur le territoire grenoblois, où la consommation estivale descend autour de 30 GWh. Deux réponses techniques différentes à un même problème : des méthaniseurs qui se construisent plus vite que les capacités d’évacuation des réseaux auxquels ils se raccordent.
Aussi l'hydrogène
Le reste du bilan porte sur l’hydrogène, avec la future dorsale HY-FEN et ses 286 kilomètres en Auvergne-Rhône-Alpes, et sur un investissement de 15 millions d’euros pour 25 kilomètres de réseau entre Albertville et La Léchère, en Tarentaise, compatible biométhane et hydrogène, attendu au premier trimestre 2028.
Le reste du bilan porte sur l’hydrogène, avec la future dorsale HY-FEN et ses 286 kilomètres en Auvergne-Rhône-Alpes, et sur un investissement de 15 millions d’euros pour 25 kilomètres de réseau entre Albertville et La Léchère, en Tarentaise, compatible biométhane et hydrogène, attendu au premier trimestre 2028.
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