Interview : 150 hubs bioGNV Karrgreen en France pour 2023

Interview : 150 hubs bioGNV Karrgreen en France pour 2023
Dans ces stations-service d’un nouveau genre détenues à 70% par leurs utilisateurs principaux, seraient délivrés du bioGNV, de l’électricité et, assez rapidement quand ça serait possible et souhaitable, de l’hydrogène. L’intérêt pour ce concept est tel, que le modèle devrait s’exporter aussi outre-Atlantique. Président de Liger BioConcept, Marc Le Mercier nous explique.

Ca bouillonne à Locminé !

Depuis que Liger (Locminé innovation gestion des énergies renouvelables) a commencé à défricher le terrain pour une mobilité décarbonée en poussant à l’exploitation du biogaz obtenu de déchets agricoles, le cercle vertueux des projets-réalisations prend de la vitesse. Le mouvement initié dans une commune bretonne d’à peine plus de 4.500 habitants déborde de plus en plus largement des frontières de l’Hexagone. Surtout à partir de 2018, avec la création de la SAS Liger BioConcept qui a dans le viseur la réduction des émissions de CO2 pour les activités industrielles.

Economie circulaire

La dimension d’économie circulaire y est toujours plus évidente, avec des retombées très positives sur les entreprises et les collectivités. C’est simple : il faudrait un article entier rien que pour rappeler et redessiner les contours des actions qui nous amènent naturellement à la chaîne très particulière de stations-service Karrgreen ouvertes au public. Principalement destinées au ravitaillement des camions, autocars et autobus, elles distribueront du bioGNV issu de la filière de méthanisation en nourrissant des liens directs entre producteurs et consommateurs. Avouez qu’il n’est pas courant de devoir associer, à la distribution de carburants, la blockchain, les datas centers, et une réelle production d’énergies vertes locales. Tout un univers qu’on pourrait croire utopique, mais qui se révèle être un modèle pour un futur déjà engagé.

Une notoriété qui paie

Désormais, la notoriété de Liger BioConcept est telle que les projets lancés par cette société, avant même leur médiatisation, attirent les entités déjà séduites. 

Pour exemple, « sur les 150 sites qui devront en France accueillir nos hubs énergétiques, 63, dont 15 pour la Bretagne sur les 22 attendus, ont déjà été identifiés », chiffre Marc Le Mercier. « Et ce, avant même de procéder à une opération de communication d’envergure », s’enthousiasme-t-il. Et, cerise sur le gâteau, « les hubs Karrgreen devraient se développer aux Etats-Unis dès l’année prochaine, grâce à des personnes qui suivent depuis des années ce que nous entreprenons », se réjouit-il. « L’Asie, l’Irlande et bien d’autres territoires pourraient être intéressés par notre démarche », envisage notre interlocuteur.

Grand Est et IDF

Dans l’Hexagone, la Champagne et l’Ile-de-France sont 2 autres zones où les stations Karrgreen devraient être particulièrement présentes. Le modèle breton s’exporte un peu à la façon d’une franchise. 

Près de Reims (51), Terrasolis, une association qui réunit différentes coopératives agricoles de la région Grand Est, s’apprête à créer un pôle d’énergies renouvelables calqué sur celui de Locminé. Le territoire compte pas moins de 50.000 exploitations agricoles (cultures, élevage et vignes à proportions égales) qui peuvent fournir des tonnages annuels importants en déchets organiques, base essentielle et principale pour les unités de méthanisation.

Hubs

« Nos stations se présenteront comme des hubs énergétiques qui, avant une l’intégration d’hydrogène vert, fourniront du bioGNV avec une capacité de 8 poids lourds à l’heure, ainsi que de l’électricité. Les superchargeurs de 80-150 kW de puissance proposeront, selon les possibilités, plusieurs sources pour la recharge avec des tarifs en conséquence : réseau national à forte proportion de nucléaire, électricité verte, électricité produite localement », détaille Marc Le Mercier.

Si l’enseigne Karrgreen est appelée à se développer sur nos routes, « chaque station appartiendra à 70% à un collectif propre composé le plus souvent de transporteurs, d’autocaristes et de collectivités implantés sur le territoire. Eventuellement aussi du syndicat de l’énergie du département. Ce qui permettra à de petites structures, moyennant un investissement supportable de l’ordre de 30.000 ou 40.000 euros, de participer à la vie du hub auprès duquel elles pourront se ravitailler en bioGNV produit localement », complète-t-il. Le solde, soit 30% du capital des stations, appartiendra à Liger BioConcept et à ses partenaires.

Raccordable en 72 heures

« Une fois les travaux d’aménagement effectués sur place, il ne faudra que 72 heures pour raccorder la station plug&play alimentée en énergies vertes. Nous travaillons sur ce concept depuis 1 an », assure Marc Le Mercier. 

Fidèle à sa volonté de transparence, Liger BioConcept communique déjà sur le prix d’un hub : 1,05 million d’euros. Ces infrastructures sont conçues en collaboration avec la société française Prodeval, acteur majeur en solutions industrielles pour le développement du bioGNV. Mais aussi avec E-Pango, une société gestionnaire des sourcings d’énergies capable de gérer intelligemment les approvisionnements.

Ploërmel

« C’est à Ploërmel, dans le Morbihan, que sera installée l’année prochaine notre station prototype, sur un terrain de 2.500 m2. A son capital : 2 autocaristes et 5 transporteurs dont Jean Floc’h et Eureden », révèle Marc Le Mercier. 

« Ce hub sera implanté sur l’axe Lorient-Rennes. Les travaux commenceront début septembre. L’ouverture est programmée au premier semestre 2021. Pontivy, Loudéac et bien d’autres villes bretonnes devraient suivre », rapporte-t-il. « A Ploërmel, nous aurions même pu proposer déjà de l’hydrogène à cette échéance. Mais nous devons encore nous assurer de la sécurité du stockage pour ce produit. Eventuellement en passant par du biométhane de synthèse », indique-t-il avec prudence.

Outil de réduction des émissions polluantes

« Nos stations sont de véritables outils de réduction des émissions, des outils pour décarboner l’économie. Il s’agit aussi de décentraliser l’énergie au plus proche des besoins. L’impact positif d’un hub comme nous le proposons se chiffre en millions d’euros pour les collectivités locales. Pour que ça fonctionne, tout le monde doit se sentir concerné », développe Marc Le Mercier. « Je compare le déploiement de notre réseau à venir de stations Kargreen à une métastase positive », s’amuse à dire notre interlocuteur.

Blockchain et datas centers

Dans chaque station, une plateforme informatique, sécurisée par la blockchain, sélectionne en permanence la source d’électricité la plus appropriée, selon différents critères comme la proximité et la capacité disponible. 

Cette énergie alimente le site (distributeur bioGNV et bornes de recharge), en plus des panneaux solaires installés sur place. Mais l’exploitation de la blockchain sert aussi et surtout à rémunérer en cryptomonnaie les propriétaires des stations et les fournisseurs de déchets en entrée des unités de méthanisation. Le Clean Coin est strictement indexé sur la production et la distribution d’énergie et à la quantité de CO2 économisée. « Egalement installé à Locminé, la startup Stratosfair développe les petits datas centers à empreinte carbone nulle qui hébergeront cet environnement », conclut le président de Liger BioConcept.


Gaz Mobilité et moi-même remercions Marc Le Mercier pour sa disponibilité.




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