Leroy Merlin roule au vert contre vents et marées

Leroy Merlin roule au vert contre vents et marées
En misant sur le bioGNV et d’autres carburants alternatifs, le spécialiste du bricolage et de la maison Leroy Merlin a baissé ses émissions de CO2 liées aux transports de plus de 50 % en six ans. Un engagement que nous explique Nicolas Davril, Directeur du Transport et fervent défenseur de la mobilité au biométhane.  

À quand remonte l’intérêt de Leroy Merlin pour le gaz naturel ?
 
Nicolas Davril : Nous avons commencé à rouler au GNV en 2017. La stratégie de transports de Leroy Merlin s’articule autour de trois axes, tout aussi importants les uns que les autres : performances économiques, qualité de prestations et RSE [Responsabilité sociétale des entreprises, ndlr]. Nous avons d’abord fixé un objectif de réduction de 15 % des émissions de CO2 liées au transport sur la période 2017-2019.
 
Au départ, le gaz naturel a été choisi pour les entrepôts régionaux, à cause de l’autonomie limitée des véhicules. Les conducteurs et les transporteurs adhéraient bien à la démarche, la technologie était fiable, alors nous avons développé notre engagement sur tout le territoire. Au final, nous avons dépassé nos objectifs en baissant de 18 % les émissions sur les 3 premières années, et en renouvelant cette ambition sur la période 2020-2022.
 
Aujourd’hui, combien de véhicules GNV roulent aux couleurs de Leroy Merlin ?
 
ND : 115 véhicules, dont 85 % au biométhane et 15% au GNC et GNL. Déjà 10 millions de kilomètres ont été réalisés grâce au gaz naturel. Mais nous visons 100 % de bioGNV à la fin de l’année.


Quels véhicules GNV avez-vous choisi ?
 
ND : Nous n’avons pas de flotte propre, mais des contrats de location de 3 ans avec des transporteurs. C’est pourquoi nous n’imposons pas de modèle précis. Des porteurs Scania et Iveco portent notre logo et notre slogan dans toute la France.
 
La stratégie de transports de Leroy Merlin repose-t-elle uniquement sur le gaz naturel ?
 
ND : Non, pour assurer une performance et une délivrance optimale, nous avons dû miser sur plusieurs énergies alternatives. 15 % de notre activité est réalisée sur rail-route, pour tous les axes éligibles longue-distance, et une partie de nos camions roule au B100 et au XTL. Quant au gaz, il est privilégié pour les courtes distances. Au total, à la fin 2023, 70% des kilomètres parcourus par les marchandises Leroy Merlin dépendront des énergies alternatives et j’aimerais atteindre les 100 % à horizon fin 2025.



 
Comment se passe l’approvisionnement des véhicules GNV ?
 
ND : Dans notre plan d’action, nous avons positionné tous les nouveaux entrepôts à proximité de stations. Pour approvisionner les entrepôts existants, on a démarché des investisseurs afin qu’ils ouvrent des stations, comme à Lunéville où un nouveau point d’avitaillement a ouvert l’année dernière à 200 mètres de notre entrepôt. À Valence, c’est un de nos transporteurs qui a investi dans une station gaz. D’ici quelques mois, à part un point de tension dans le sud-est, tous nos sites seront placés à moins de 3 kilomètres d’une station.
 
C’est moins simple pour le transport vers l’Espagne et l’Italie : nos partenaires ne se risquent pas à partir avec un camion GNV car il n’y a aucun avitaillement possible sur place.
 
Les fluctuations du prix du gaz remettent-elles en question votre stratégie en termes de GNV ?
 
ND : On a pris de plein fouet les augmentations dues à la crise en Ukraine. Ce serait contraire à notre politique de RSE de faire machine arrière, mais ces fluctuations sont très contraignantes et on manque de visibilité sur l’avenir du gaz. En plus, nous utilisons principalement du bioGNV, qui est malheureusement encore indexé sur l’énergie fossile alors qu’il est durable et produit localement.

La question se pose pour le renouvellement des véhicules : le XTL est 2-3 % plus cher que le gazole, le B100 est au même prix et le GNV est 15 à 20 % plus cher, ça donne à réfléchir.

 
Qu’aimeriez-vous voir apparaître comme mesures pour favoriser l’adoption du bioGNV dans le transport routier ?
 
ND : J’aimerais que tous les lobbys de gaz nous appuient pour casser le maillage entre biométhane et gaz classique, pour qu’on bénéficie d’une tarification spécifique, plus réaliste.
 
Grâce aux énergies alternatives, les émissions de CO2 dues aux transports ont baissé de plus de 50 % entre 2017 et aujourd’hui chez Leroy Merlin, c’est une performance remarquable ! On aimerait continuer sur cette voie, même si les impacts économiques sont forts. J’encourage d’ailleurs tous les transporteurs qui le peuvent à avancer dans les énergies alternatives. Nous travaillons avec 120 transporteurs avec lesquels on priorise toujours ce type de carburants, et les retours sont très positifs. Les conducteurs sont fiers de rouler vert.



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