Quelles évolutions pour le marché des véhicules lourds GNV/bioGNV en 2024 ?

Quelles évolutions pour le marché des véhicules lourds GNV/bioGNV en 2024 ?
Le marché du véhicule industriel a progressé en 2023, porté par son segment supérieur à cinq tonnes. A l’intérieur, les motorisations au gaz et au biogaz se sont distinguées par leur dynamisme. Une transition plus franche, vers les énergies alternatives au diesel, est anticipée cette année.
 
Attendus, le bilan 2023 et les prévisions de l’Observatoire du véhicule industriel (OVI) ont été présentés le 9 janvier dernier à Paris. Pour l’année écoulée, il recense 54 537 nouvelles immatriculations de matériels « lourds », sur le marché français.
 
En croissance de 10,3 %, ce chiffre consolide trois types de véhicules de plus de 5 tonnes, toutes énergies confondues : porteurs (20 391 unités, + 7,4 %), tracteurs routiers (28 450, + 10 %) et véhicules pour le transport de personnes (5 696, + 4,9 %).
 
Quant aux utilitaires de tonnage inférieur, ce segment progresse de 9 %. Il totalise 379 230 nouvelles immatriculations, toutes énergies confondues.
 
« Globalement, le marché du véhicule industriel reste en deçà de son niveau de 2019, avant la crise Covid », constate Arnaud Villéger. Le deuxième enseignement de l’année écoulée est « le recul très important des délais de livraison des véhicules neufs. Ils sont passés de 289 jours en juin 2023, à 150 jours en fin d’année », rapporte le directeur de l’Observatoire du véhicule industriel (OVI). Là encore, ces délais demeurent encore supérieurs à ceux d’avant la pandémie. Ils s’élevaient à 84 jours, en moyenne, entre 2015 et 2020.

Arnaud Villéger, Directeur de l'Observatoire du Véhicule Industriel
 

Vent en poupe pour le GNV et le bioGNV

Les données consolidées de GRDF semblent prouver que les véhicules GNV et bioGNV ont été parmi les moteurs de la croissance du marché du véhicule industriel en France.
 
A fin novembre, le parc de porteurs et tracteurs GNV/bioGNV, servant au transport de fret, s’élevait à 11 000 unités, en progression de près de 22 % sur un an. Les autres segments de véhicules industriels roulant avec cette énergie étaient également en hausse : utilitaires + 2,6 %, bus + 12,4 %, bennes à ordures ménagères + 14,2 % et cars + 30,5 %.
 
Sur un parc de l’ordre de 36 700 véhicules fonctionnant au GNV et au bioGNV, deux tiers étaient des matériels lourds à fin novembre 2023 (hors utilitaires et véhicules légers). Selon France Mobilité Biogaz et GRDF, le taux d’incorporation du biométhane dans le gaz carburant devrait s’établir à 50 % d’ici à la fin de l’année.
 

Les énergies alternatives pour relais de croissance ?

Pour 2024, l’OVI se montre prudent. Sur le marché des porteurs et tracteurs, « l’évolution des immatriculations devrait osciller entre – 5 % et + 2 %. Après la hausse des immatriculations en 2023 liée, à la fois, à la purge des carnets de commandes des années précédentes, et à des anticipations d’évolutions techniques, comme le nouveau chronotachygraphe, l’Observatoire table sur un ralentissement, voire une contraction des immatriculations », prévoit son directeur. Tensions inflationnistes et géopolitiques, baisse des carnets de commandes et essoufflement économique sont évoqués également.
 
La hausse du marché pourrait provenir des énergies alternatives, tempère Arnaud Villéger. « Il faudra être attentif en 2024 sur la hausse des énergies alternatives au diesel dans le mix des commandes. Cet indicateur révèlera la volonté, ou la capacité, des entreprises à s’engager dans la baisse de leurs émissions de CO2, en bénéficiant, au mieux, des politiques publiques de soutien aux énergies « vertes », et de l’adéquation des matériels aux nécessités opérationnelles des exploitants », confirme-t-il.
 

Année charnière

Dans sa forme renouvelable et bio, le GNV « dispose de plusieurs atouts dans le transport routier lourd », reconnaît Arnaud Villéger. En plus de ses qualités environnementales, il cite « un coût de possession ou TCO compétitif, ainsi que la maturité de la technologie gaz et de son réseau de distribution, qui poursuit son développement ».
 
Le directeur de l’OVI souligne aussi quelques faiblesses autour, selon lui, « de son marché d’occasion et son prix volatil. L’année 2024 révèlera la capacité de résistance du GNV et, surtout du bioGNV, face à la concurrence de plus en plus forte des autres énergies, telles que le B100 et l’électrique, sur plusieurs usages où les motorisations au gaz sont pertinentes ».
 


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1 Commentaire

  1. AlberiPublié le 24/01/2024 à 10:28

    " la capacité de résistance du GNV et, surtout du bioGNV, face à la concurrence de plus en plus forte des autres énergies, telles que le B100 et l’électrique, sur plusieurs usages où les motorisations au gaz sont pertinentes "
    Ceci devrait être vrai également pour le véhicule léger, s’il n’y avait pas le dogmatisme européen sur le zéro émission au lieu de l’Analyse en Cycle de Vie....

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