Quels avantages environnementaux pour le GNV et le bioGNV ?

Quels avantages environnementaux pour le GNV et le bioGNV ?
Utiliser du GNV ou du bioGNV plutôt que de l’essence ou du gazole s’accompagne d’avantages environnementaux particulièrement variés : réduction des gaz à effet de serre, baisse significative des émissions polluantes locales, pas d’odeur ni de fumée, baisse du bruit des moteurs. Et s’il s’agit d’une production plus vertueuse de bioGNV, s'ajoutent à la liste la valorisation des déchets locaux et une réduction bien plus marquée de l’impact carbone.

SOMMAIRE

Quelle réduction des gaz à effet de serre pour le GNV et le bioGNV ?

Selon l’étude « Well-to-Wheel » de NGVA Europe, réalisée avec France Mobilité Biogaz (ex-AFGNV), la réduction du CO2 du puits à la roue atteint 16 % pour le GNC et 15 % pour le GNL sur les poids lourds, par rapport à leur équivalent diesel. Pour les voitures particulières et utilitaires légers, la baisse est de 7 % face au diesel et jusqu’à 23 % face à l’essence. L’ADEME, dans sa Base Carbone, retient une estimation plus prudente d’environ 6 % de réduction pour le GNV fossile par rapport au diesel, l’écart entre les deux sources s’expliquant par des périmètres et des hypothèses de calcul différents.

Sur le bioGNV, l’écart est en revanche très net et bien documenté : selon l’ADEME, le bioGNV émet 80 % de CO2 en moins que le diesel sur l’ensemble du cycle de vie, le carbone relâché à l’échappement étant compensé par celui absorbé par les matières méthanisées. Pour les transporteurs et leurs clients, appelés à réduire l’empreinte carbone de leur activité, l’emploi du bioGNV constitue un des leviers de décarbonation les plus immédiatement disponibles.

Aujourd'hui - et encore plus depuis le conflit avec la Russie - c’est le développement du bioGNV qui est encouragé par les institutions européennes et françaises pour faire baisser la part carbone du transport routier. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3), publiée le 12 février 2026, fixe un objectif de 44 TWh de biométhane injecté dans le réseau à l’horizon 2030, contre près de 16 TWh de capacités d’injection actuelles.  
 
Carburant Segment Réduction CO2 vs diesel Réduction CO2 vs essence
GNC fossile Poids lourds -16 % -
GNL fossile Poids lourds -15 % -
GNV fossile VP / utilitaires légers -7 % -23 %
GNV fossile Tous véhicules (estimation prudente) -6 % -
bioGNV Tous véhicules, cycle de vie complet -80 % -

Une baisse marquée des particules, mais un écart qui se resserre avec le diesel Euro VI

Le gaz naturel, qu’il soit d’origine fossile ou issu d’un processus de méthanisation, de pyrogazéification, ou de l’association de CO2 avec de l’hydrogène, est composé à plus de 95 % de méthane. Ceci explique que sa combustion produit nettement moins de particules qu’un moteur diesel ou essence de génération antérieure à la norme Euro VI.

Depuis la norme Euro 5 (2011 pour les véhicules légers), tous les diesels neufs sont équipés d’un filtre à particules (FAP), devenu obligatoire également sur les moteurs essence à injection directe avec la norme Euro 6. Un FAP retient jusqu’à 99,9 % de la masse des particules émises, mais il filtre en priorité les particules les plus grosses, donc les plus massiques : les particules ultrafines (nanoparticules, moins de 100 nanomètres), dont la masse est négligeable mais le nombre très élevé, passent en partie à travers le filtre. C’est cette distinction entre masse et nombre de particules qui explique en grande partie pourquoi les résultats d’études peuvent diverger : un diesel Euro VI équipé d’un FAP affiche un excellent bilan en masse de particules, mais reste moins bien placé en nombre de particules ultrafines, là où le GNV n’en génère quasiment pas à la source, quelle que soit la métrique retenue.

Une étude d’Airparif réalisée avec Île-de-France Mobilités sur des bus en conditions réelles montre que le passage à la norme Euro VI réduit très fortement les émissions de particules en nombre pour toutes les motorisations, de 50 à 80 fois par rapport à un bus diesel Euro IV. L’avantage relatif du GNC sur ce point précis s’est donc réduit face à un diesel Euro VI récent : certaines analyses relèvent même des émissions de particules en nombre parfois supérieures sur des bus GNC Euro VI par rapport à leurs équivalents diesel Euro VI munis de FAP, dans des conditions de circulation proches. L’avantage du GNV reste en revanche très net face à un parc diesel plus ancien, encore majoritaire en France. La future norme Euro 7 (application 2027 pour les véhicules légers, 2028-2029 pour les lourds) durcira justement les seuils sur les particules ultrafines à partir de 10 nanomètres, ce qui remettra ce sujet au centre des comparatifs.

Diminution des polluants chimiques nocifs

La même étude Airparif/Île-de-France Mobilités confirme l’avantage du GNC sur les oxydes d’azote (NOx) : les bus GNC Euro VI émettent jusqu’à 30 fois moins de NOx qu’un bus diesel Euro IV. Là encore, la comparaison à norme Euro VI égale resserre l’écart : un diesel Euro VI réduit déjà ses NOx par 4 par rapport à un Euro IV, quand le GNC Euro VI reste le mieux placé des motorisations testées.

Rappelons que cette famille de polluants est responsable des pluies acides, de maladies respiratoires, et accroît indirectement l’effet de serre. Le monoxyde de carbone, lui, après inhalation, pénètre via les poumons dans le sang qu’il appauvrit en oxygène, pouvant provoquer une asphyxie dans les cas les plus graves, ou des maux de tête, étourdissements, nausées, vomissements et convulsions dans les phases intermédiaires. Le GNV permet de réduire ce risque par rapport à un moteur essence. Enfin, le gaz naturel limite la formation d’ozone, dont les effets sur les voies respiratoires se traduisent par une hausse de l’asthme et d’autres maladies pulmonaires.  

Pas d’odeur ni de fumée

Voir des fumées sortir d’un pot d’échappement a toujours quelque chose d’inquiétant, qui semble rendre visibles les polluants émis par les moteurs diesel et à essence. De plus en plus de personnes vivent par ailleurs comme une véritable agression les odeurs qui accompagnent ces émissions. Rouler au GNV permet de supprimer ces deux sources de nuisance.  

Baisse du bruit des moteurs

La pollution sonore est un fléau que l’on a tendance à négliger à tort. Les effets du bruit de la circulation sur les êtres humains se traduisent diversement : hypertension, problèmes d’audition, manque de sommeil, nervosité, baisse de la concentration.

Sur les enfants, la pollution sonore impacte les facultés d’apprentissage ; chez les adultes, c’est la qualité du travail qui est touchée. On estime que, en comparaison avec les modèles à essence et diesel, l’utilisation du GNV ou du bioGNV permet de diviser par 2 le volume sonore des moteurs des véhicules légers, et par 3 celui des poids lourds.  

Valorisation des déchets locaux avec le bioGNV

La filière bioGNV confirme sa dynamique : en 2025, elle représentait 56 % du GNV consommé en France (contre seulement 5 % en 2017), pour un parc de 39 000 véhicules et plus de 500 000 tonnes de CO2 évitées sur la seule année 2025, selon le Panorama bioGNV 2026 de France Mobilité Biogaz.

Cette progression s’appuie sur la méthanisation d’ordures ménagères, de boues de stations d’épuration, de produits agricoles, de résidus de l’industrie agroalimentaire ou de la restauration collective, dans une logique d’économie circulaire locale. D’autres circuits sont par ailleurs à l’étude pour obtenir un gaz de synthèse exploitable pour la mobilité GNV, notamment en récupérant le CO2 des fumées d’usine à associer à de l’hydrogène produit en surplus par les énergies renouvelables.
 

Un média soutenu par ses partenaires
Si Gaz-Mobilite.fr vous informe gratuitement et sans publicité sur toute l'actualité de la filière GNV, c'est grâce au soutien d'une quarantaine de partenaires.
Vous souhaitez nous soutenir ?
Rejoignez nos partenaires !

Partager cette page

Nos autres dossiers