Le bioGNL c’est quoi ? Tout savoir sur la déclinaison renouvelable du GNL

Le bioGNL c’est quoi ? Tout savoir sur la déclinaison renouvelable du GNL
Le bioGNL (ou bio-LNG) est un carburant renouvelable obtenu à partir de biométhane liquéfié. Chimiquement identique au GNL fossile, il se distingue par son origine : il est produit à partir de déchets organiques et non de gaz naturel extrait du sous-sol. Présenté comme une solution immédiatement mobilisable pour décarboner le transport lourd et maritime, le bioGNL s’inscrit pleinement dans les stratégies européennes de transition énergétique.

La matière première du bioGNL est le biogaz, issu de la méthanisation de déchets organiques. Il peut s’agir de résidus agricoles (lisiers, fumiers, résidus de culture), de biodéchets ménagers ou industriels, de boues de stations d’épuration ou encore de déchets organiques issus des collectivités.

Ces flux, auparavant peu valorisés, deviennent ainsi une ressource énergétique, intégrée dans une logique d’économie circulaire.

SOMMAIRE

Du biogaz au bioGNL : les grandes étapes de production

Le processus de production du bioGNL suit le même chemin que celui du bioGNC. Cela commence par une digestion anaérobie, un processus biologique au cours duquel des micro-organismes décomposent la matière organique en absence d’oxygène. Cette étape génère du biogaz, composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone.

Le biogaz est ensuite épuré pour obtenir du biométhane, avant d’être refroidi à très basse température afin d’être liquéfié. Cette liquéfaction augmente fortement la densité énergétique du gaz — jusqu’à plusieurs centaines de fois — ce qui facilite son stockage et son transport sur de longues distances.

BioGNL, bio-LNG, LBM, LBG : parle-t-on de la même chose ?

Oui. Bio-LNG, LBM (Liquefied Biomethane) et LBG (Liquefied Biogas) désignent le même produit. La dénomination « bioGNL » est aujourd’hui la plus utilisée, car elle souligne son rôle de substitut direct au GNL fossile dans les moteurs et infrastructures existants.
D’un point de vue chimique, le bioGNL est même légèrement plus pur que le GNL conventionnel, avec une teneur en méthane pouvant atteindre près de 100 %.

Pourquoi le bioGNL est considéré comme (quasi) neutre en carbone ?

Lors de sa combustion, le bioGNL émet du CO2. Mais, contrairement aux carburants fossiles, ce carbone provient du cycle biogénique : il a été préalablement capté dans l’atmosphère par les plantes à l’origine des déchets.

Dans certains cas, le bilan climatique du bioGNL peut même devenir négatif sur l’ensemble du cycle de vie, notamment lorsque le carburant est produit à partir de déchets très émissifs comme les effluents d’élevage, en évitant des émissions de méthane qui auraient autrement été relâchées dans l’atmosphère

Quels usages pour le bioGNL aujourd’hui ?

Le bioGNL cible en priorité les usages énergétiques intensifs. Dans le transport routier longue distance, il permet d’offrir une autonomie élevée que le GNC tout en réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et de polluants locaux.

Il est également utilisé dans le transport maritime comme carburant alternatif au fioul, et peut, dans certains cas, être mobilisé pour des usages industriels nécessitant une forte densité énergétique.

BioGNL vs GNL fossile : quelles différences concrètes ?

Sur le plan de l’usage, les différences sont minimes. Les véhicules ou navires fonctionnant au GNL peuvent utiliser du bioGNL sans modification technique.

Les écarts se situent principalement sur l’origine et l’impact environnemental. Le GNL fossile reste une énergie carbonée issue d’une ressource finie, tandis que le bioGNL est renouvelable, produit localement et associé à des réductions d’émissions pouvant atteindre jusqu’à 80 % — voire davantage selon les filières de production.
 
Un carburant compatible avec les infrastructures existantes
Autre atout majeur : comme le bioGNC, le bioGNL est entièrement compatible avec les infrastructures GNL existantes, qu’il s’agisse des stations de ravitaillement, des réservoirs ou des moteurs.

Il peut être distribué sous forme physique ou via des mécanismes de bilan massique, dans lesquels le biométhane est injecté dans le réseau avant d’être liquéfié ailleurs, tout en conservant une traçabilité certifiée.

Quel potentiel et quelles limites pour le bioGNL ?

La production mondiale de biométhane progresse rapidement, mais reste encore limitée face à la demande énergétique globale. Le bioGNL est aujourd’hui plus coûteux que le GNL fossile, même s’il demeure l’un des biocarburants les plus simples et les plus matures technologiquement.

Son déploiement repose largement sur des politiques publiques favorables, des mécanismes de certification et l’extension progressive des capacités de production. À moyen terme, il apparaît néanmoins comme l’un des leviers les plus crédibles pour réduire l’empreinte carbone du transport lourd, sans attendre une rupture technologique majeure.

Un déploiement encore timide en France

Malgré ses atouts environnementaux et sa compatibilité avec les usages existants, le bioGNL peine encore à se développer en France. Cette situation s’explique par une combinaison de freins industriels, économiques et réglementaires, dans un contexte pourtant favorable à la décarbonation du transport lourd.

Contrairement à une idée répandue, le faible déploiement du bioGNL en France ne tient pas à un manque d’intérêt des énergéticiens. De nombreux opérateurs sont prêts à proposer cette solution, mais se heurtent aux contraintes actuelles. Des groupes comme Shell, qui commercialisent déjà du bioGNL dans d’autres pays européens où ils disposent de capacités de production intégrées, n’ont pas encore déployé d’offres équivalentes en France.

Le premier obstacle est structurel. La filière française du biométhane s’est historiquement construite autour de l’injection dans les réseaux gaziers. La grande majorité des unités de méthanisation sont dimensionnées pour cet usage, et non pour la liquéfaction. Or, transformer du biométhane en bioGNL suppose des investissements spécifiques — unités de liquéfaction, stockage cryogénique, logistique dédiée — difficiles à rentabiliser tant que les volumes restent limités.

Le facteur économique constitue un second frein majeur. Le bioGNL demeure sensiblement plus cher que le GNL fossile, dans un secteur du transport routier extrêmement sensible au prix du carburant. En France, les mécanismes de soutien public ont jusqu’ici prioritairement encouragé l’injection de biométhane, laissant la valorisation sous forme liquéfiée sans cadre incitatif clair. Résultat : les modèles économiques du bioGNL restent fragiles, tant pour les producteurs que pour les distributeurs.

Des perspectives réglementaires comme l’IRRIC, dont la mise en œuvre est attendue à l’horizon 2027, pourraient contribuer à mieux valoriser les carburants renouvelables dans le transport routier et à sécuriser des débouchés pour le bioGNL. En apportant davantage de visibilité économique aux acteurs, ce type de dispositif est perçu par la filière comme un levier potentiel pour débloquer de nouveaux projets de production.

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