Etude

L'AIE affine sa cartographie mondiale du potentiel du biogaz et du biométhane

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L'AIE affine sa cartographie mondiale du potentiel du biogaz et du biométhane. Un an après avoir publié une première évaluation mondiale, l'Agence internationale de l'énergie actualise son modèle BioGRAM avec une analyse géospatiale plus détaillée des ressources mobilisables. Cette nouvelle version estime que près de 900 milliards de mètres cubes de biogaz et de biométhane pourraient être produits chaque année à partir des déchets organiques, soit l'équivalent de plus de 20 % de la demande mondiale actuelle de gaz naturel. Rapporté aux unités utilisées par la filière, ce potentiel représente environ 5 400 TWh par an. À titre de comparaison, l'Union européenne produit aujourd'hui près de 132 TWh de biogaz, soit environ 22 milliards de mètres cubes par an.

Une cartographie mondiale beaucoup plus précise

BioGRAM va bien au-delà d'une simple estimation globale. Il établit des courbes de coûts d'approvisionnement pour chaque pays et chaque site en s'appuyant sur plus de 40 catégories d'intrants, réparties entre résidus agricoles, effluents d'élevage et biodéchets.

Le modèle identifie les implantations les plus pertinentes pour développer de nouvelles unités de méthanisation en tenant compte des infrastructures existantes, notamment les réseaux routiers et les gazoducs. Il exclut également les ressources susceptibles d'entrer en concurrence avec les usages alimentaires. Les utilisateurs peuvent ainsi sélectionner une zone géographique précise et obtenir une estimation détaillée du potentiel disponible ainsi que des coûts de développement associés.

Accéder à la carte interactive

Une estimation légèrement revue

Le potentiel désormais évalué à 900 milliards de mètres cubes est légèrement inférieur aux 1 000 milliards de mètres cubes avancés par l'AIE dans son précédent rapport publié en 2025.

Cette révision ne modifie toutefois pas les grands équilibres géographiques. Plus de 70 % du potentiel durable demeure concentré dans les économies émergentes et en développement, avec l'Inde, la Chine et le Brésil parmi les principaux gisements identifiés.

Un potentiel immense, mais des freins persistants

L'Agence internationale de l'énergie estime que la production mondiale de gaz renouvelables issus des déchets pourrait être multipliée par quatre d'ici 2035, en cohérence avec les objectifs internationaux en faveur des carburants durables. Une telle trajectoire permettrait d'éviter environ 0,5 gigatonne d'équivalent CO2 chaque année.

L'agence rappelle toutefois que plusieurs obstacles restent à lever : coûts de production encore élevés, procédures administratives complexes et soutien politique insuffisant dans de nombreux pays. Des constats qui rejoignent ceux déjà formulés par l'European Biogas Association concernant le développement du biométhane en Europe.

L'AIE insiste enfin sur un enjeu souvent sous-estimé : la maîtrise des émissions de méthane tout au long de la chaîne de valeur. Sans un suivi rigoureux des fuites et une comptabilisation fiable des émissions, une partie des bénéfices climatiques attendus pourrait être fortement réduite.

AIE
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