Biométhane : l'Allemagne signe un nouveau record d'injection en 2025
Source : Unsplash, image libre de droits
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L'injection de biométhane a atteint un nouveau record en Allemagne en 2025, avec environ 12,3 TWh injectés dans les réseaux gaziers, selon les derniers chiffres publiés par l'agence allemande de l'énergie (dena). Il s'agit de la deuxième année consécutive de hausse après plusieurs années de stagnation, portée par une demande croissante côté carburant et chaleur.
Après plusieurs années de stagnation, le marché allemand du biométhane reprend des couleurs. Ce redémarrage intervient alors que la filière allemande, longtemps considérée comme la référence européenne du biométhane, a cédé sa première place à la France ces dernières années. Les chiffres 2025 esquissent un début de rattrapage, sans toutefois combler l'écart.
Le taux d'utilisation des installations a, lui aussi, progressé, à 84 %, contre 80,8 % un an plus tôt. Après une longue période de stagnation du volume injecté, la filière allemande enregistre ainsi sa deuxième année de croissance consécutive, avec une hausse de 12 % sur un an.
Côté chaleur, l'entrée en vigueur progressive de la réforme de la loi sur l'énergie des bâtiments (GEG) depuis 2024 a suscité plusieurs centaines de demandes de raccordement au réseau gazier. Les premières installations issues de cette vague commencent seulement aujourd'hui à produire, ce qui explique en partie le décalage entre la demande anticipée dès 2022 et la traduction en volumes injectés observée seulement depuis 2024.
Sur les exploitations suivies sur trois années consécutives, la part du lisier dans les intrants (en masse) atteint 25,1 % en 2025, après avoir presque doublé en cinq ans, tandis que le maïs, bien qu'encore largement dominant à 43,2 % en masse et 52,8 % en valeur énergétique, recule par rapport à son niveau d'il y a cinq ans.
Des alternatives comme la paille, la luzerne, le trèfle ou l'herbe issue de l'entretien paysager progressent, mais restent marginales dans le mix global.
A pleine charge, ces sites pourraient injecter environ 500 GWh de biométhane additionnels, confirmant une trajectoire de croissance qui devrait se poursuivre en 2026 et ces prochaines années.
A plus long terme, le rapport de force pourrait toutefois s'inverser. Selon l'association européenne du biogaz (EBA), l'Allemagne devrait reprendre sa première place d'ici 2030, avec un potentiel estimé à environ 7 milliards de m³ par an, contre un peu plus de 5 milliards pour la France, porté par un écosystème de méthanisation historiquement plus développé outre-Rhin.
Reste que ce potentiel demeure conditionné à un cadre réglementaire stabilisé : le secteur gazier allemand a lui-même lancé en mars une taskforce dédiée au biométhane, jugeant que les directives nécessaires à la structuration du marché faisaient encore défaut.
Après plusieurs années de stagnation, le marché allemand du biométhane reprend des couleurs. Ce redémarrage intervient alors que la filière allemande, longtemps considérée comme la référence européenne du biométhane, a cédé sa première place à la France ces dernières années. Les chiffres 2025 esquissent un début de rattrapage, sans toutefois combler l'écart.
Un record après des années de stagnation
Selon le rapport publié par dena, l'agence allemande de l'énergie équivalente à l'ADEME en France, 268 sites injectaient du biométhane dans les réseaux allemands fin 2025, soit 9 % de plus qu'en 2024, pour une capacité d'injection de 172 654 Nm³/h, en hausse de 7 %.Le taux d'utilisation des installations a, lui aussi, progressé, à 84 %, contre 80,8 % un an plus tôt. Après une longue période de stagnation du volume injecté, la filière allemande enregistre ainsi sa deuxième année de croissance consécutive, avec une hausse de 12 % sur un an.
| Année | Sites | Capacité (Nm³/h) | Injection (GWh/an) |
|---|---|---|---|
| 2000 | 218 | 141 030 | 10 055 |
| 2021 | 223 | 144 405 | 10 128 |
| 2022 | 224 | 149 125 | 10 452 |
| 2023 | 226 | 150 075 | 10 324 |
| 2024 | 246 | 161 332 | 10 978 |
| 2025 | 268 | 172 654 | 12 290 |
Deux moteurs derrière la reprise
La dena attribue cette relance à deux dynamiques distinctes. Côté carburant, la flambée du prix du quota de réduction des gaz à effet de serre (THG-Quote) en 2022 a stimulé la demande pour du biométhane fortement décarbonant.Côté chaleur, l'entrée en vigueur progressive de la réforme de la loi sur l'énergie des bâtiments (GEG) depuis 2024 a suscité plusieurs centaines de demandes de raccordement au réseau gazier. Les premières installations issues de cette vague commencent seulement aujourd'hui à produire, ce qui explique en partie le décalage entre la demande anticipée dès 2022 et la traduction en volumes injectés observée seulement depuis 2024.
Une diversification progressive des intrants
Le mix des intrants utilisés pour produire le biométhane évolue également, sous l'effet du plafonnement du maïs introduit par les lois EEG et GEG et de la double comptabilisation du biométhane issu de lisier dans les objectifs de réduction de gaz à effet de serre.Sur les exploitations suivies sur trois années consécutives, la part du lisier dans les intrants (en masse) atteint 25,1 % en 2025, après avoir presque doublé en cinq ans, tandis que le maïs, bien qu'encore largement dominant à 43,2 % en masse et 52,8 % en valeur énergétique, recule par rapport à son niveau d'il y a cinq ans.
Des alternatives comme la paille, la luzerne, le trèfle ou l'herbe issue de l'entretien paysager progressent, mais restent marginales dans le mix global.
| Intrant | Part énergétique | Part massique | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2023 | 2024 | 2025 | 2023 | 2024 | 2025 | |
| Lisier / fumier | 10,5 % | 13,4 % | 13,3 % | 21,6 % | 26,0 % | 25,1 % |
| Maïs | 50,1 % | 51,7 % | 52,8 % | 42,5 % | 42,2 % | 43,2 % |
| Autres cultures énergétiques | 31,0 % | 24,8 % | 24,5 % | 25,0 % | 19,8 % | 20,2 % |
| Déchets et résidus | 8,3 % | 10,0 % | 9,4 % | 10,9 % | 12,1 % | 11,5 % |
Répartition des intrants utilisés pour la production de biométhane en Allemagne, en valeur énergétique et en masse, 2023-2025, sur un panel de 148 installations (source : dena)
Neuf nouvelles installations en préparation
Le registre national des données de marché (Marktstammdatenregister) recense neuf installations supplémentaires en projet ou en construction, pour une capacité de traitement cumulée d'environ 11 280 Nm³/h.A pleine charge, ces sites pourraient injecter environ 500 GWh de biométhane additionnels, confirmant une trajectoire de croissance qui devrait se poursuivre en 2026 et ces prochaines années.
Une avance française qui reste nette
Ce regain allemand mérite d'être resitué dans le contexte européen. La France comptait 803 sites d'injection fin 2025, pour une capacité installée de 15,5 TWh par an et une production injectée de l'ordre de 13,2 à 13,5 TWh sur l'année, en hausse de 16 % par rapport à 2024. En volume comme en nombre de sites, l'avance française sur l'Allemagne reste donc significative, dans la continuité de ce que confirmait le dernier rapport d'ENTSOG, qui plaçait la France en tête des injections européennes devant l'Allemagne.A plus long terme, le rapport de force pourrait toutefois s'inverser. Selon l'association européenne du biogaz (EBA), l'Allemagne devrait reprendre sa première place d'ici 2030, avec un potentiel estimé à environ 7 milliards de m³ par an, contre un peu plus de 5 milliards pour la France, porté par un écosystème de méthanisation historiquement plus développé outre-Rhin.
Reste que ce potentiel demeure conditionné à un cadre réglementaire stabilisé : le secteur gazier allemand a lui-même lancé en mars une taskforce dédiée au biométhane, jugeant que les directives nécessaires à la structuration du marché faisaient encore défaut.
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