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En Italie, l'IA arrive dans les méthaniseurs pour mieux piloter la production

En Italie, l'IA arrive dans les méthaniseurs pour mieux piloter la production
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Aramix, filiale du groupe italien Datrix coté sur Euronext Growth Milan, a signé un accord avec Femo Gas pour développer une plateforme de supervision et d'optimisation des unités de production de gaz renouvelable. Le projet mobilise jumeau numérique et maintenance prédictive appliqués à la digestion anaérobie.

Le pilotage d'un méthaniseur repose encore largement sur l'expérience de celui qui l'exploite. Le dosage quotidien des intrants, l'équilibre entre effluents d'élevage et cultures intermédiaires, le maintien de la température du digesteur, la détection précoce d'une dérive : autant de décisions prises chaque jour sur la base d'analyses souvent hebdomadaires et d'un savoir-faire acquis sur le terrain. C'est ce point précis que l'accord signé entre les deux entreprises italiennes Aramix et Femo Gas prétend adresser.

La plateforme doit reposer sur des modèles numériques des installations, capables de représenter et de simuler le comportement des procédés de production, avec une attention particulière portée à la digestion anaérobie et à l'optimisation du rendement énergétique. L'exploitation des données d'exploitation, des signaux de procédé et des variables de fonctionnement doit permettre d'identifier les conditions opératoires optimales et de mieux gérer les ressources disponibles.

L'objectif affiché est double. D'un côté, maximiser l'efficacité de production en ajustant dynamiquement les paramètres de fonctionnement et l'alimentation du digesteur. De l'autre, réduire les arrêts non planifiés grâce à des outils prédictifs capables de repérer les anomalies, d'estimer un risque de défaillance et d'orienter les interventions de maintenance.

« Ce projet incarne pleinement le type d'intelligence artificielle en laquelle nous croyons : pas une IA générique ou expérimentale, mais une IA industrielle capable de s'intégrer dans les processus, les données et les décisions opérationnelles des entreprises », avance Mauro Arte, cofondateur de Datrix et directeur général d'Aramix. Du côté de Femo Gas, Simone Vecchiarello et Claudio Fabbri, respectivement directeur de la sécurité et directeur technique du groupe, insistent sur la destination agricole du dispositif et particulièrement sur l'élevage.

Le verrou est dans la donnée, pas dans l'algorithme

La difficulté principale de ce type de projet ne tient pas à la puissance des modèles mais à la qualité de ce qu'on leur donne "à manger". La modélisation de la digestion anaérobie dispose d'un cadre académique établi depuis plus de vingt ans, connu sous le nom d'ADM1, mais son calage sur une installation réelle reste un exercice long, dépendant de paramètres biologiques difficiles à mesurer en continu.

Sur la plupart des sites, l'instrumentation en ligne se limite à la température, au pH, à la pression et au débit de biogaz, tandis que les paramètres véritablement prédictifs, acides gras volatils et alcalinité en tête, font l'objet d'analyses ponctuelles en laboratoire. Un jumeau numérique alimenté par des mesures hebdomadaires ne prédira pas grand-chose. La question qu'il faudra poser à Aramix et Femo Gas est donc moins celle des modèles que celle du dispositif de capteurs qu'ils comptent déployer, et de qui le finance...
 

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