Vendée : un camion-école au GNV pour l'apprentissage des chauffeurs

Vendée : un camion-école au GNV pour l'apprentissage des chauffeurs
C’est sans doute une première en France pour un tel établissement public d’enseignement : le Lycée Rosa Parks de La Roche-sur-Yon va exploiter un tout nouveau modèle de camion GNC pour l’apprentissage des chauffeurs de poids lourds.
 

13 litres de cylindrée

Le modèle de tracteur routier GNC qui a été livré il y a quelques jours au lycée polyvalent et d’apprentissage Rosa Parks est un Scania R410 (pour 410 chevaux) de 13 litres de cylindrée. C’est cette dernière qui fait toute la différence, après la commercialisation de camions équipés de moteur 9 litres.

« Avec cette cylindrée revue à la hausse, nous disposons désormais d’un tracteur routier plus coupleux et qui a un comportement très proche des modèles diesel. Ce qui est très important pour débarrasser les élèves, mais aussi les chauffeurs professionnels, d’une idée reçue persistante, mais fausse désormais, selon laquelle un camion au gaz ‘c’est mou et ça ne tire pas’ ! », plaide Jean Mignen, enseignant dans l’établissement vendéen, section bac pro conducteur routier.
 

Objectif 1 : Création d’un nouveau CAP

Avec l’acquisition de ce tracteur Scania R410 GNC, le lycée Rosa Parks poursuit 3 objectifs. Le premier est la création d’un CAP sur 1 an qui permet à des adultes d’apprendre le métier de chauffeur routier.

« Avec de grosses entreprises installées en Vendée, comme Sodebo, Fleury Michon, et La Boulangère dans l’alimentaire, et Beneteau et sa filiale Jeanneau, dans le nautisme, il y a dans le département de gros besoins en chauffeur, mais les entreprises peinent à recruter », explique Jean Mignen. « Créer ce CAP pour la prochaine rentrée est une volonté forte de l’établissement, validée par le rectorat sous réserve que nous parvenions à boucler par nous-mêmes le budget », détaille-t-il.
 

Objectif 2 : Bac pro

« Au lycée Rosa Parks, nous formons - formation initiale - sur 3 ans au métier de chauffeur routier des élèves dès leur sortie de 3e. La première année est principalement consacrée à l’appropriation de la réglementation sur le transport routier. Ensuite les élèves vont être formés pour passer les permis B (voiture), C (poids lourds jusque 19 tonnes), et CE (toutes les catégories de poids lourds) », rapporte Jean Mignen.

« Sur place, pas loin de 150 élèves suivent ce cursus : 48 pour chacune des 3 années », chiffre-t-il. En conduisant un tracteur routier GNV, les jeunes inscrits à cette section deviendront en quelque sorte des ambassadeurs de la mobilité GNV. « Ils attendaient ce camion, car nous leur avons fait comprendre qu’il embarque les dernières technologies et qu’ils rencontrerons de plus en plus ce type modèle », complète l’enseignant.

« Nous réfléchissons à un document à remettre aux élèves en fin d’apprentissage, une sorte de brevet ou de diplôme, qui certifie leurs connaissance de la mobilité GNC : savoir faire le plein en gaz, l’acquisition des spécificités mécaniques, etc. », se réjouit l’enseignant très motivé par l’arrivée du nouveau camion.
 

Objectif 3 : Faire la promo du GNV auprès des entreprises

 « Nous allons mettre ce camion à la disposition d’entreprises qui le souhaitent, sur 1 ou 2 jours, pour une découverte de la mobilité GNC. Avec sa cabine 5 places adaptée pour l’apprentissage de la conduite, il dispose d’une configuration idéale, permettant d’embarquer le chez d’entreprise, un de ses mécanos, un de ses chauffeurs, un formateur, et une personne de Vendée énergie, cet établissement étant partenaire du lycée pour cette opération et l’achat du tracteur routier », souligne Jean Mignen.

« Il y a une dimension de sensibilisation au développement durable avec l’achat de ce camion, qui rejoint d’autres démarches à l’œuvre dans l’établissement. Contre les idées reçues, nous allons faire un véritable travail de pédagogie, en comparant les courbes de suivi de puissance, de couple et de consommation. Nous allons mettre en avant le bénéfice des modèles GNC pour la sécurité routière : afin de maximiser l’autonomie qui tourne autour de 550 kilomètres, les chauffeurs devront encore plus que d’habitude conduire en anticipant les ralentissements », met en avant notre interlocuteur.

Mieux loti que les entreprises

« Avec ce Scania R410 GNC, le lycée Rosa Parks se retrouve mieux loti désormais que les entreprises. C’est un véritable retournement de situation », s’enthousiasme Jean Mignen.

« Avant l’arrivée de ce nouveau camion, l’établissement disposait de 4 tracteurs routiers pour la formation au permis CE. En 20 ans d’enseignement, j’ai vu défiler différents modèles, depuis le Renault G270, jusqu’à celui-ci alimenté au gaz naturel. C’est une très belle évolution. Si je transpose à la voiture, c’est en peu comme de passer d’une Citroën Traction à un genre de C5 hybride », compare-t-il.

A noter que le camion sera avitaillé en gaz à la station de Chaize-le-Vicomte, gérée depuis son ouverture en 2018 par Vendée Energie. « Même si ça coûte un peu plus cher, nous envisageons de faire le plein des réservoirs avec du bioGNC, dans l’idée de promouvoir la mobilité propre », précise le sympathique enseignant Vendéen.
 

La genèse du projet

« Au départ du projet, une rencontre fin 2017 entre Alain Leboeuf, président du SyDEV, le syndicat de l’énergie de la Vendée à l’origine de la création de la SEM Vendée énergie, et Bertrand Elise, le proviseur de notre lycée à l’époque. La décision a ensuite été rapidement prise de promouvoir la mobilité propre au niveau de l’établissement. C’est à Eric Davy, le nouveau proviseur, que revient la finalité du projet », enchaîne Jean Mignen.

« Nous avons sollicité différents constructeurs de poids lourds GNV pour recevoir des devis. Nous avons souhaité être équitable dans notre choix. Nous avons bien sûr été sensibles au prix, mais aussi et surtout à l’accompagnement proposé. Commercial chez Scania, Christophe Danel s’est montré aussi sympathique que rassurant. Le constructeur sortait son premier modèle à moteur de 13 litres de cylindrée », évoque l’enseignant.
 

Le Financement

« L’offre de Scania était la plus convaincante. Pour un prix de 153.000 euros, qui inclut 10.400 euros d’équipements spécifiques pour le transformer en véhicule école : double-commandes, points d’ancrage des ceintures, rétroviseurs spécifiques, aménagement de la cabine avec banquette arrière pour embarquer au total 5 personnes. Des transporteurs nous ont confirmé que c’était un très bon prix », reconnaît Jean Mignen.

« Pour financer ce projet, nous sommes allés démarcher les transporteurs du département, en leur demandant d’orienter vers nous leurs cotisations au titre de la taxe d’apprentissage. C’est le seul impôt en France sur lequel on peut agir de la sorte. Les entreprises qui ont bien voulu jouer le jeu ont demandé à ce que le montant de la taxe nous soit attribué, en précisant leur souhait de soutenir notre branche de formation des chauffeurs poids de lourds. Par ce biais, 70-75% de l’investissement a été couvert. Trois importants partenaires nous ont également bien aidés : Vendée énergie, GRDF et GRTgaz », expose l’enseignant.
 

Inauguré au Vendée énergie Tour (VET)

« Le camion sera officiellement inauguré le vendredi 7 juin prochain, aux Haras de La Roche-sur-Yon, dans le cadre du Vendée énergie Tour. A la suite d’un spectacle équestre démarrera un défilé retraçant l’histoire de la mobilité. Le Scania R410 du lycée devrait en assurer le final », confie Jean Mignen.

Il sera aussi présenté au Café énergie Tour organisé dans le cadre du VET aux Brouzils (lundi 3 juin), sur le circuit de Fontenay-le-Comte avec des essais possibles (mercredi 5 juin), lors de l’inauguration de la station GNV des Essarts-en-Bocage (vendredi 7 juin au matin), et à la Fête de la mobilité proposée par La Roche-sur-Yon Agglomération (samedi 8 juin).
 
 

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