BioGNV, HVO, méthanisation... Baudelet Environnement agit aujourd'hui pour anticiper les réglementations de demain

BioGNV, HVO, méthanisation... Baudelet Environnement agit aujourd'hui pour anticiper les réglementations de demain
Baudelet Environnement, acteur historique du traitement des déchets en Hauts-de-France et Normandie, accélère sa transition vers une économie circulaire. Après son adhésion à la Convention des Entreprises pour le Climat en 2024 et sa labellisation B Corp en 2025, l’entreprise continue de miser sur le bioGNV, le HVO et une logistique optimisée pour décarboner ses activités. Kevin Sambourg, Directeur Transports & Logistique, nous raconte cette stratégie vertueuse.

Quelles sont les activités de Baudelet Environnement ?

Kevin Sambourg : Baudelet Environnement est une entreprise familiale fondée en 1964 par Jean Baudelet. Aujourd’hui, ce sont ses petits-enfants, Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier, qui la dirigent. Nos activités couvrent la collecte, le traitement et la valorisation des déchets. Notre offre est complétée par d’autres activités telles que le démantèlement naval et ferroviaire, le désamiantage ou l’assainissement. Nous intervenons principalement en Hauts-de-France et en Normandie, avec une présence dans le grand nord de Paris.

Cette multi activité implique de multiples véhicules : Ampliroll (dépose et reprise de bennes), bennes à ordures ménagères (BOM), porteurs bâchés avec chariot embarqué pour la matière conditionnée, et semi (Tautliner, bennes acier ou alu et fond mouvant pour les matières en vrac).
 

Depuis quand et pourquoi Baudelet Environnement s’engage-t-il en faveur du développement durable ?

K.S. : C’est avant tout une question de conviction, parce que nous sommes tous conscients que nos actions ont un impact sur la planète. Nous nous sommes engagés il y a cinq ans dans la charte Objectif CO2, et même si le programme a pris fin, nous continuons cette démarche car nous sommes convaincus de son bien-fondé.


Quelles sont vos principales actions pour réduire votre empreinte carbone ?

K.S. : Nous avons mis en œuvre une approche globale pour décarboner nos activités, en commençant par la formation de nos chauffeurs à l’éco-conduite et leur accompagnement sur le long terme. Cela s’est accompagné d’un partenariat avec notre fournisseur pour optimiser la gestion de notre flotte de pneumatiques et réduire les émissions liées à leur usure. En parallèle, nous avons équipé notre atelier d’une valise de diagnostic, qui nous permet de prioriser les interventions d’entretien et de limiter les rejets inutiles.

Nous travaillons également à l’adoption d’huiles plus vertes en atelier pour réduire l’impact environnemental de nos opérations de maintenance. Et grâce à la proximité de nos sites avec deux quais, nous privilégions aussi le transport fluvial : en 2024, cela nous a permis d’éviter la circulation de 5 250 camions.


Et en termes de carburant, quelle est la feuille de route de Baudelet Environnement ?

K.S. : Nous avons déjà remplacé une partie de notre flotte thermique par des véhicules fonctionnant au GNC, avec 5 BOM sur 8 équipés depuis 2019. En parallèle, nous déployons progressivement le HVO, qui présente l’avantage d’être miscible avec le diesel traditionnel, ce qui nous permet d’agir sur l’ensemble de notre parc sans adaptation majeure.

Notre feuille de route prévoit d’atteindre 2 % de notre consommation totale décarbonée dès 2026, puis 4 % en 2027 et 6 % en 2028. L’objectif est de poursuivre cette transition de manière raisonnée, en anticipant les évolutions technologiques et réglementaires, tout en gardant un équilibre économique.

Nous sommes fiers de dire que sur les trois prochaines années, nous allons réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 950 tonnes, et ce n’est que le début.

Comment valorisez-vous les déchets pour produire de l’énergie ?

K.S. : Notre Eco-Parc de Blaringhem est équipé de quatre moteurs à gaz pauvre qui transforment le biogaz issu des déchets en énergie électrique, réutilisée en partie sur notre site.

Nous y avons également installé une WAGABOX, qui transforme ce biogaz en biométhane injecté dans le réseau. L’un de nos rêves serait d’alimenter nos véhicules avec le biogaz produit directement sur notre Eco-Parc.

Quels sont les avantages du bioGNV dans votre métier de collecte et traitement des déchets ?

K.S. : Le bioGNC nous permet de décarboner à hauteur de 80 % par rapport au thermique. Et même si aujourd’hui, nous ne subissons pas de pression commerciale, nous avons la possibilité de répondre aux démarches faites pour l’environnement.

Nous avons de bons retours de chauffeurs sur le confort de conduite et la réduction du bruit, qui concerne aussi les riverains ! Nos activités de ramassage d’ordures commencent très tôt le matin, donc pour le bien-être de chacun, faisons-le avec du biogaz.
 

Qu’est-ce qui freine l’adoption généralisée du bioGNV chez Baudelet Environnement ?

K.S. : L’utilisation du biogaz entraîne des contrôles réglementaires plus nombreux et plus poussés que pour les véhicules thermiques. Et bien sûr, il y a un surcoût à l’achat non négligeable d’environ 10 % sur une BOM au gaz, et les prix du carburant sont très volatils. Côté approvisionnement, nous avons un bon réseau de partenaires dans les régions où nous intervenons. Mais dans notre métier, le véritable défi est la diversité des véhicules. C’est plus contraignant de passer au gaz sur l’Ampliroll, car en plus du moteur traditionnel, on a la prise de force qui consomme de l’énergie.
 

Comment percevez-vous l’évolution du secteur vers une mobilité plus verte ?

K.S. : Chaque solution a ses avantages et ses limites. Ce qui est certain, c’est qu’il faut engager le changement dès maintenant, de manière raisonnée. Nous n’en sommes qu’au début, mais chaque jour, on constate des améliorations : l’électrique, par exemple, est déjà mieux qu’hier et sera encore plus performant demain.

Tôt ou tard, le basculement sera inévitable, et il faut s’y préparer. Il y a aussi une pression gouvernementale. Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) ont été annulées, mais elles reviendront, c’est une évidence. Si on ne commence pas à agir aujourd’hui, le jour où les réglementations évolueront vraiment, on sera pris de court.



 

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