D'un Citroën HY à une Ferrari au gaz naturel : Un installateur GNV témoigne

D'un Citroën HY à une Ferrari au gaz naturel : Un installateur GNV témoigne
Cogérant de Hermine Auto, un centre de réparation multimarque ouvert à Locminé (56) il y a une quinzaine d’années, Alan Jehanno est depuis environ 1 an l’installateur agréé en système d’alimentation au GPL et au GNV. Il raconte sa nouvelle aventure professionnelle.
 

A la demande de Liger

C’est la société d’économie mixte Liger qui est à l’origine de cette nouvelle compétence d’installateur d’Alan Jehanno. « Ils nous avaient contacté pour que nous nous lancions là-dedans », indique notre interlocuteur.

« Nous avons accepté cette proposition et je suis allé en formation 2 fois 1 semaine à Grenoble, en Isère, chez Borel, le spécialiste des installations au gaz. Ce qui m’a permis d’obtenir ma qualification pour réaliser des montages d’alimentation aussi bien au GPL qu’au GNV », détaille-t-il.
 

Contribuer au développement local de la mobilité GNV

Pour Liger, convaincre Hermine Auto d’ajouter à son arc la conversion au gaz des véhicules comptait parmi ses actions pour doper le développement de la mobilité bioGNV sur son territoire. Principalement pour permettre aux entreprises locales et aux particuliers de disposer des modèles qui leur conviennent fonctionnant avec ce produit.

Pour la Sem, c’est aussi un confort lui permettant d’avancer sur ses propres projets qui impliquent l’adaptation au biogaz de véhicules hors du commun. « Dans un premier temps, j’ai réalisé la conversion de 5 Renault Clio Estate pour l’entreprise Gaillard Pâtissier », commente Alan Jehanno.
 

Citroën HY

Pour sensibiliser le grand public à la mobilité GNV, Liger a imaginé transformer un ancien Citroën HY essence en food truck fonctionnant au gaz naturel. Une fois trouvé l’engin pouvant servir de base à ce projet, il ne restait plus qu’à décider 2 entreprises de travailler conjointement dessus : Hermine Auto pour la partie alimentation au GNV, et AGVM, spécialiste de l’aménagement sur-mesure des véhicules et remorques pour restaurateurs et autres commerçants, installé à Muzillac (56), à une cinquantaine de kilomètres de Locminé. Ce dernier assure tout le travail de carrosserie sur le Tub.

« Quelques allers-retours ont été effectués avec AGVM, en particulier pour les découpes permettant d’installer et de rendre visibles par une porte vitrée les 3 réservoirs-bouteilles », se rappelle Alan Jehanno. Ce matériel est dimensionné pour contenir au total 12 kilos de gaz, de quoi parcourir jusqu’à 250 kilomètres avec un plein. Bien sûr, l’engin conserve son réservoir à essence.


 

Bonne révision du moteur et autres équipements

Avant de monter un nouveau système d’alimentation au gaz, un installateur doit s’assurer que le moteur est suffisamment fiable et en état. « Sur ce HY, je n’ai eu qu’à effectuer une bonne révision du moteur », commente Alan Jehanno. Avec les classiques opérations d’entretien comprenant l’allumage et le remplacement des fluides, comme on peut l’imaginer.

Que compte comme équipements la nouvelle installation ? « En plus des réservoirs, il y a principalement une électrovanne qui commute automatiquement au gaz 27 secondes après le démarrage, un vapodétendeur que l’on voit à côté du radiateur et un diffuseur au dessus du carburateur », répond notre interlocuteur. Il précise qu’une « telle transformation est possible chez Hermine Auto sur un moteur à essence équipé d’un carburateur ou d’une injection indirecte ». Il souligne qu’une « conversion à partir de blocs diesel est possible, mais pas souhaitable ». Pourquoi ? Parce que l’opération serait « trop coûteuse, moins fiable et moins efficace ».


 

Une semaine

Une semaine, c’est le temps qu’il a fallu en mobilisation du HY pour le convertir à la double carburation. Est ensuite venu le temps de le présenter à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Un passage obligatoire pour que Jupalo - c’est le nom donné à l’engin par un dirigeant de Liger - puisse rouler en toute légalité sur la route. C’est ce qu’il peut désormais faire, depuis fin mai dernier. Il fonctionnerait d’ailleurs mieux au gaz naturel qu’à l’essence, sans doute en raison de la pompe à carburant qui demanderait à être changé. Personnellement, j’avais noté que ma propre Citroën DS 23 IE de 1973 appréciait mieux le GPL que l’essence. Ces observations ne sont peut-être pas des hasards.
 

Outils de communication

Dans un précédent article intitulé « Liger : Une vision à 360 degrés du bioGNV », publié il y a quelques jours, nous indiquions l’usage et les prochaines sorties programmées à l’agenda de Jupalo. Nous n’avions pas indiqué qu’un second Citroën HY est actuellement en phase d’étude préliminaire à une conversion à la double carburation essence/GNV. Proposée à nouveau par Liger, il s’agit cette fois-ci d’avoir à disposition, toujours pour communiquer autour de la mobilité au biogaz, d’un camion glacier. « Nous allons prochainement entamer les travaux sur ce véhicule », confirme Alan Jehanno.
 

4.500 à 6.000 euros

 Alan Jehanno place dans une fourchette de 4.500 à 6.000 euros l’enveloppe nécessaire pour effectuer une greffe d’alimentation au gaz naturel sur un véhicule techniquement simple et compatible, sain en mécanique et carrosserie. C’est un budget important. Mais, pour comparaison, il est bien en deçà de celui qu’il faudrait mobiliser pour une conversion à l’électrique où rien que la batterie de traction coûterait plus cher pour une capacité énergétique permettant de disposer de 250 kilomètres d’autonomie, comme Jupalo. Et quel plaisir ensuite de pouvoir circuler au quotidien dans une Citroën 2 CV, une Peugeot 504 cabriolet ou une Renault 17 TS.
 

Ferrari

Et justement, au sujet des voitures plaisir, c’est sur une Ferrari qu’Alan Jehanno planche en ce moment.

« Au départ, je pensais que c’était une blague ! », se rappelle-t-il. « Mais la demande est arrivée par l’intermédiaire de Liger à nouveau. J’ai reçu les photos de la voiture. Elles me servent à étudier comment je vais pouvoir implanter les réservoirs de gaz dans le coffre qui est situé à l’avant », poursuit-il. Derrière ce projet, un rêve, une envie : inscrire le bolide à l’édition 2021 de l’épreuve Le Mans Classic qui réunit des modèles de compétition historiques produits à partir de 1923. Cette perspective motive tout particulièrement Alan Jehanno, l’équipe de Liger, et, bien entendu, le propriétaire du véhicule ! Nous espérons pouvoir vous présenter cette nouvelle conversion, une fois qu’elle sera achevée.
 
Gaz Mobilité et moi-même remercions Alan Jehanno pour sa disponibilité et le temps qu’il nous a consacré.

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