Liger : Une vision à 360 degrés du bioGNV

Liger : Une vision à 360 degrés du bioGNV
Actions concernant les prix, les ventes de voitures particulières, la transparence sur la provenance du gaz, la production locale, la distribution dans un réseau de stations-service bien visibles, la conversion des voitures particulières, la promotion des produits dérivés, etc. : Liger est sur tous les fronts pour faire avancer la mobilité au bioGNV dans un contexte fortement ressenti d’urgence climatique.
 

Rencontre sur le terrain

Le temps d’une matinée, Gaz Mobilité s’est transporté à Locminé (56) pour rencontrer l’équipe qui anime la société d’économie mixte locale dont l’aura dépasse de plus en plus largement les frontière de la Bretagne et même de notre pays. Ce que nous avons découvert sur place, ce sont des personnes exceptionnellement accueillantes, très fortement motivées et impliquées, fourmillant d’idées pour promouvoir et développer très concrètement le bioGNV en France.
 

Bioraffinerie

Directeur technique de Liger, Joël Tanguy nous précise, alors que nous venons d’arriver au siège, boulevard Auguste Le Goff, à Locminé, que le site est à voir, non pas comme une unité de méthanisation, mais comme « une bioraffinerie dont la capacité maximale d’entrée est de 60.000 tonnes par an ». Il précise : « Nous limitons à 50.000 tonnes afin de ne pas engorger les chaînes de production ». Avec une volonté permanente de valoriser « les matières locales » et « d’en tirer un maximum d’énergie », Liger compose avec une spécificité du territoire : une industrie agroalimentaire fortement implantée.
 

Cogénération et injection

« De grandes entreprises comme D’aucy, Ronsard, Jean Floc’h, et d’autres, fournissent 70% de la matière reçue par Liger », chiffre Joël Tanguy. « En complément, elle reçoit des déchets d’origine agricole (10%) et des collectivités (20%), notamment des restes alimentaires collectés dans les cantines », complète-t-il.
 
« A partir de ces produits, Liger obtient un biogaz riche à 70% de méthane, doublement exploité », explique-t-il. Tout d’abord « via une architecture de cogénération » capable d’alimenter le réseau de chaleur de presque 2.000 habitants, « mais aussi de produire, via 2 moteurs 800 kW, de l’électricité verte » pour plus de 16.000 habitants ; Deuxième voie de valorisation : « l’injection dans le réseau GRDF avec un débit de 130 m3 par heure », détaille notre interlocuteur.
 

Digestats valorisés

A partir des digestats issus des processus de méthanisation, Liger développe une gamme de fertilisants. « Riche en azote, calcium, phosphore, potassium », peut-on lire sur l’échantillon du compost Rotelgreen, un produit à destination des particuliers et à utiliser dans les jardins avec 3 bénéfices : « structuration et aération des sols, apports en nutriments, développement de la biodiversité ».

La Sem n’a pas hésité à le diffuser gratuitement, en déchetterie. Douar Agri (ou Douar Green) est une déclinaison offerte aux agriculteurs, pour un épandage sur une surface de 2.000 hectares chaque année. Enfin, Tangreen est un biocombustible également obtenu par Liger dans un volume considérable représentant annuellement un poids de 5.500 tonnes. « Avec la société Olmix, basé à Bréhan (56), la Sem propose un produit à base d’algues, Metalg25, pour booster la production de biogaz », ajoute Joël Tanguy.
 

Karrgreen

Après avoir mis en service en 2015 un premier point d’avitaillement réservé à quelques usagers professionnels locaux, Liger a ouvert 2 ans plus tard une véritable station accessible au public 24/7, et bien placée en ville.
 
« Nous avons repris une ancienne station-service Total, arrêtée depuis plus de 15 ans », commente Joël Tanguy. En une trentaine de minutes, nous avons vu venir 4 véhicules légers dont les conducteurs ont effectué facilement le plein des bonbonnes. Une simple carte bancaire suffit à démarrer le remplissage de ces réservoirs. Des clients locaux fréquentent régulièrement l’établissement.
 

De plus en plus de clients locaux

Notre interlocuteur, énumère, pour exemple, une liste de clients installés sur Locminé ou les environs : « 20 véhicules légers des collectivités, essentiellement des Fiat et Seat, les Renault Clio Estate converties pour Gaillard Pâtissier, une imprimerie locale avec 3 véhicules légers, les 5 utilitaires du service de messagerie La Tournée Verte, des transporteurs, bientôt une benne à ordure qui doit arriver en septembre ». Sans compter le porteur et les 3 citernes GNV de Liger.
 
Si la liste des clients s’allonge à Locminé, c’est aussi parce que la Sem a convaincu une entreprise locale de mécanique de proposer la conversion au GNV de véhicules légers fonctionnant à l’essence.
 

Le bioGNV moins cher que le GNV

« Par notre activité, nous voulons promouvoir l’utilisation du bioGNV produit localement. Il n’était donc pas pensable de le vendre plus cher que le GNV. Nous avions donc appliqué une taxe qui place notre produit comme le moins cher. D’ailleurs, nous ne commercialisation plus que du bioGNV. Aujourd’hui [NDLR : vendredi 12 juillet 2019], il est à 98 centimes le kilo », rapporte Joël Tanguy. « Avec ma Seat Leon, parcourir 100 kilomètres coûte 3 euros, contre 9 euros à l’essence », chiffre-t-il. Liger a obtenu de Seat une présence commerciale sur le site de la station, les vendredis entre 15 et 18 heures. « Cette permanence commence tout juste », précise notre interlocuteur.


 

Traçabilité et crypto monnaie

Liger tient à satisfaire une exigence de plus en plus présente chez les consommateurs d’énergies renouvelables et/ou décarbonées : la traçabilité. Ceci, grâce au dispositif des certificats d’origine. En outre, les émissions de CO2 évitées en utilisant le bioGNV de la Sem sont valorisées via la crypto monnaie Clean Coin. Les points cumulés pourront être utilisés contre du bioGNV. Une nouvelle boucle vertueuse autour du bioGNV imaginée par Liger.
 

30 stations Karrgreen fin 2020 ?

Avec l’expérience acquise, Liger propose son aide pour développer la méthanisation, la pyrogazéification, et la distribution de bioGNV. Et ce à travers une nouvelle société baptisée « Liger  Bioconcept ». Une station Karrgreen sera prochainement ouverte à Troyes, dans l’Aube. « Nous avons 30 à 40 projets d’implantation en cours en France, avec une vingtaine de mises en service probables d’ici à la fin de l’année 2020 », anticipe Joël Tanguy. « Notre bureau d’étude se charge des diagnostics nécessaires, du calcul du dimensionnement du site, des appels d’offres, de la mise en place des garanties d’origine et de la crypto monnaie », indique-t-il.
 

Liger montre l’exemple

Afin de promouvoir la mobilité au bioGNV et la conversion des véhicules, Liger dispose désormais dans sa panoplie d’un ancien Citroën HY transformé en food truck, nommé « Jupalo », et fonctionnant au GNV.
 
Chef de centre pour Liger, Vincent Thomas nous confie : « Je l’emmène régulièrement dans diverses manifestations, y compris parmi la caravane d’épreuves cyclistes. Il roule très bien, et même mieux au gaz. Il participera en septembre prochain à la fête organisée par l’association Polen et au salon international de l’élevage à Rennes, à celui du biogaz à Nantes en janvier 2020 ». Rozenn Massé, assistante de chef de projet dans la Sem, estime : « C’est un très bon support de communication pour aller à la rencontre du grand public ».


 

Une foule d’idées

D’autres projets de conversion avec Liger sont programmés ou dans les cartons : nous les évoquerons dans un article publié dans quelques jours, en complément de celui-ci. Il sera question d’une sportive qui pourrait bien faire des tours de circuit au Mans en 2021.
 
Parmi les réflexions en cours pour promouvoir la mobilité GNV, un passage par l’Arc de triomphe avec des véhicules alimentés au bioGNV et transportant des produits dérivés de la méthanisation.
 
 
Gaz Mobilité et moi-même remercions l’équipe de Liger pour son accueil très agréable et le temps consacré à présenter son action.

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