Comment Vinci Autoroutes convertit sa flotte au bioGNV

Comment Vinci Autoroutes convertit sa flotte au bioGNV
C’est par des Fiat Ducato GNV que Vinci Autoroutes a commencé à s’équiper en véhicules fonctionnant au GNV. Des utilitaires plus légers vont compléter cette flotte émergeante. Directeur régional des Autoroutes du Sud de la France (ASF-Vinci), Jérôme Pissonnier dresse un état des lieux du programme de conversion.

Constats et objectifs

« Les déplacements sur autoroutes représentent 20% des émissions carbonées pour le secteur des transports, et 6 % de tous les rejets de CO2 de l’Hexagone. L’objectif de la France est de réduire de 40 % à horizon 2030 ces émissions par rapport à leur niveau de 1990. Vinci s’est engagé pour sa part à aller plus loin, avec une cible à 50 % », lance Jérôme Pissonnier. « Nous utilisons différentes catégories de véhicules, depuis des voitures particulières aménagées en modèles de société, jusqu’à des poids lourds. Les fourgons représentent une part de 15 à 20 % de notre flotte d’exploitation. Mais ils pèsent 50% de nos émissions de CO2 », chiffre-t-il. « Il est donc urgent de s’intéresser à ces utilitaires. Vinci Autoroutes a commencé il y a 10 ans à intégrer des véhicules plus propres, avec des Renault Kangoo électriques. Il n’existe pas 36 solutions en matière de véhicules bas carbone », souligne-t-il.
Il nous fallait des engins qui, non seulement puissent satisfaire à nos objectifs bas carbone, et qui répondent à nos besoins d’exploitation
« Pour notre direction ancrée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, nous comptons 50 fourgons, dont une dizaine sont exploités pour des missions de patrouille. Notamment pour l’autoroute A7 au niveau de la vallée du Rhône souvent très chargée. Ces véhicules sillonnent le réseau autoroutier pour sa viabilité et la sécurité. Le service fonctionne 24/7 », détaille Jérôme Pissonnier. 

« Ces véhicules encaissent ainsi 120.000 et 140.000 kilomètres par an. Nous les conservons 2 à 3 ans. Ces fourgons étaient tous jusque-là équipés de moteurs diesel. Nous avons testé des modèles GNV de différents constructeurs. Il nous fallait des engins qui, non seulement puissent satisfaire à nos objectifs bas carbone, et qui répondent à nos besoins d’exploitation », poursuit-il. « Parmi les contraintes, une autonomie satisfaisante, et une hauteur ni trop basse ni trop élevée pour que nos femmes et nos hommes en jaune   parviennent à déposer facilement les cônes. Autre impératif : une puissance satisfaisante afin de bien pouvoir s’intégrer sur l’autoroute », liste-t-il. 

« Au départ, nous avons effectué des recherches sur Internet et avons trouvé des informations intéressantes sur différents sites. Il nous fallait par exemple trouver comment faire le plein des véhicules GNV, en attendant une station privative sur notre site de Valence », relate Jérôme Pissonnier. « Nous avons trouvé un établissement, à 4 kilomètres en sortant de l’autoroute, près de Lyon. Désormais nous avons notre propre distributeur, capable d’alimenter à la suite 3 fourgons, et 4 ou 5 véhicules plus légers. La station est équipée de 2 compresseurs. Le plein est effectué en 5-6 minutes », ajoute t-il.

« Nous avons retenu le Fiat Ducato au format MH2. Un premier exemplaire est arrivé en septembre 2020. Nous l’avons immédiatement fait aménager avec la pose de cloisons. Il remplace un Renault Master H2L2. Avec un réservoir de 36 kg, que nous remplissons uniquement avec du bioGNV, nous pouvons parcourir plus de 300 km. La consommation est d’environ 9,5 kg aux 100 km. Ainsi les émissions de CO2 sont divisées par 5. Un réservoir essence pour 100 kilomètre de plus est présent, mais nous ne roulons quasiment jamais sur ce carburant », témoigne-t-il.


 

D’excellents retours

« Nous avons reçu d’excellents retours de la part des utilisateurs du fourgon arrivé en septembre dernier. Ils le trouvent agréable à conduire, doté d’une bonne autonomie, et moins bruyant qu’un modèle diesel. Comme dirigeant, je suis content que les utilisateurs soient satisfaits », se réjouit notre interlocuteur. 

Deux Fiat Ducato GNV sont désormais en exploitation à Valence. Deux autres ont été respectivement mis en service à Toulouse et sur la Côte-d’Azur. L’Ouest et l’Ile-de France se répartiront 5 autres exemplaires. « Les résultats sont les mêmes partout. Au niveau de notre direction régionale, en comptant les véhicules électriques, nous avons parcouru plus de 800.000 kilomètres avec une alimentation bas carbone. Et ce, en 2 ans et demi », chiffre Jérôme Pissonnier.

Une flotte qui s'étend

« Nous allons recevoir dans quelques semaines 3 Fiat Doblo utilitaires et 3 Volkswagen Polo aménagées en véhicules de société. Cinq d’entre eux seront affectés chez nous à Valence. Le dernier sera exploité à Toulouse. Ce centre sera également doté dans quelques années d’une station d’hydrogène vert », révèle le directeur régional d’ASF. 

« Nous n’avons pas d’inquiétude : ces nouveaux véhicules légers au GNV répondront à nos attentes. Ils seront confiés à nos agents de maîtrise de proximité, aux conducteurs de travaux, pour les astreintes, la propreté de nos aires de services et de repos. Ils seront également utilisés en covoiturage, par exemple dans le cadre de formations. Le kilométrage annuel moyen pour ces véhicules légers sera moins important, entre 20 000 et 30 000 km », anticipe-t-il.

« Les 40 autres fourgons de notre direction servent à répondre à des astreintes ainsi que pour l’acheminement de matériel, le balisage, etc. Dans notre flotte de véhicules, les modèles essence et diesel vont rapidement être à la marge et ne représenter pas plus de 10% », annonce Jérôme Pissonnier. « Des modèles électriques seront remplacés par d’autres fonctionnant au bioGNV. Les utilisateurs ont hâte de les essayer. C’est pour eux un véritable motif de satisfaction que de pouvoir les tester. J’espère que les constructeurs vont persévérer dans les véhicules GNV. On a des doutes pour Fiat avec le nouveau Ducato. J’espère que Renault va confirmer son Master au gaz pour 2023 », anticipe-t-il.

« Nous ne nous sommes pas encore attelés à remplacer nos poids lourds. Nous sommes toutefois allés découvrir l’offre au salon Solutrans, à Lyon. Pourquoi pas, à terme, par exemple pour nos camions de viabilité hivernale », conclut-il.




Gaz Mobilité et moi-même remercions Jérôme Pissonnier pour sa disponibilité et le temps pris à répondre à nos questions.

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