L'Europe appelée à imposer 10% de gaz renouvelable d'ici 2030

L'Europe appelée à imposer 10% de gaz renouvelable d'ici 2030
Le consortium européen Gas for Climate a demandé à la Commission Européenne de mettre en place un objectif contraignant pour la production de gaz à partir de sources renouvelables.

Selon une nouvelle étude publiée par le cabinet de conseil Guidehouse le 22 avril, la production de gaz à faible teneur en carbone, tels que le biométhane et l’hydrogène, doit être rapidement augmentée si l’Europe veut atteindre son objectif de zéro émission nette avant 2050. « La production à grande échelle de biométhane et d'hydrogène - transportés, stockés et distribués par les infrastructures gazières existantes, peut jouer un rôle important dans la réduction des émissions d'ici 2030 », a déclaré le consortium dans un communiqué.

Selon cette étude, « le couplage des secteurs de l'électricité, du gaz et de la chaleur, en reliant leurs marchés et leurs infrastructures respectives d'une manière mieux coordonnée et intégrée, offre de grands avantages pour le système énergétique européen ».

Elle recommande également d’encourager le commerce et le transport transfrontaliers de l’hydrogène et du biométhane, avec des règles de marché plus claires et un système de garantie ; et de stimuler la demande en élargissant le système communautaire d’échanges de quotas d’émissions (SCEQE). La Commission européenne estime que l'électricité à faible teneur en carbone provenant des énergies renouvelables et du nucléaire constituera « l’épine dorsale » du système énergétique européen d'ici 2050, en répondant à 53 % de la demande totale d'énergie. Mais cela ne sera pas suffisant, et c’est là que les biogaz entrent en jeu.

Les points de vue divergent au sein de l’UE

Mais si la Commission Européenne a fait part de sa préférence pour une incitation à la consommation de biogaz dans des secteurs spécifiques comme les produits chimiques, l’acier ou les transports, son département de l’énergie n’y voit pas d’application côté production. Certains officiels ont même mis en garde contre les effets secondaires potentiellement négatifs des gaz verts sur l’environnement, citant l’échec de la politique de l’UE en matière de biocarburants. 

En effet, l’Union a été contrainte de revenir sur son objectif antérieur de 10% de biocarburants dans les transports après qu’il est apparu que la demande croissante entraînait la déforestation de certaines zones d’Indonésie. Les environnementalistes craignent que la même chose ne se produise avec le biométhane. « Gardons ces précieux gaz renouvelables pour des applications comme l'industrie lourde, le transport à longue distance, l'aviation et le transport maritime où l'électrification n'est pas possible à court terme », a déclaré Jutta Paulus, membre du groupe allemand les Verts au Parlement européen.

L’hydrogène, l’avenir des gaz renouvelables ?

Les défenseurs des objectifs d’approvisionnement soutiennent quant à eux qu’une approche similaire pourrait être adoptée avec le biométhane et l’hydrogène verts (produits à partir d’électricité renouvelable). Daan Peters, Directeur de l’énergie chez Guidehouse, estime que l’objectif de produire 10% de gaz renouvelable pourrait être un « sous-objectif » dans la directive européenne qui impose 32% d’énergies renouvelables d’ici 2030. Il a affirmé que « la plupart des objectifs seraient atteints par le biométhane », l'hydrogène vert augmentant progressivement par la suite jusqu'à ce qu'il domine le marché. « Deux tiers de la consommation d'hydrogène de l'UE sera de l'hydrogène vert d'ici 2050 », a-t-il prédit dans un échange avec EURACTIV.  Cependant, Guidehouse avertit qu’il ne faut pas accélérer trop rapidement la production d’hydrogène vert, car elle nécessitera davantage d’énergie renouvelable pour satisfaire la demande croissante d’électricité : « Une mise à l'échelle trop précoce de l'hydrogène vert en détournant trop d'énergie renouvelable de l'électricité directe pourrait même entraîner une augmentation nette des émissions ».

En attendant, le marché de l'UE serait approvisionné en hydrogène "gris" provenant du gaz naturel, dont une partie pourrait être rendue sans carbone grâce à la technologie de capture et de stockage du CO2 - l'hydrogène dit "bleu".

En savoir plus :

Partager cette page

A lire également

Ajouter un commentaire