Forum EcoGreen Gas : les énergies vertes recrutent

Forum EcoGreen Gas : les énergies vertes recrutent
L’utilisation du bioGNV/biométhane et de l’hydrogène se dessine progressivement comme le parti pris idéal pour limiter la pollution dans les domaines de l’automobile et de l’industrie. Mais comment assurer la pérennité d’un projet quand on manque de professionnels pour le mener à bien ?
 
Le domaine de Land Rohan, situé à proximité de Nantes (44), a permis d’accueillir le forum EcoGreen Gas ces mercredi 18 et jeudi 19 mai 2022. Une réunion sur le thème des formations et futurs métiers liés aux énergies vertes y a trouvé son décor. Animée par Stéphane Doisteau, directeur du centre Energy Formation, Patrick Bizet, directeur général du lycée La Joliverie, Jérôme Bécot, gérant de Verde Energy Ouest, et Philippe Soual, formateur, elle avait pour objectif de trouver des idées pour former des spécialistes capables de maintenir et développer cette solution écologique.

Le débat était entretenu par les différents inscrits, principalement des chefs d’entreprises et autres professionnels désireux d’avancer vers une solution plus écologique. Ils se sentent actuellement freinés par différentes problématiques. Ainsi le manque de collaborateurs spécialisés.
 
« Il y a du boulot mais pas de candidats »
 
Le secteur des nouvelles énergies est en plein essor et l’offre sur le marché de l’emploi est très importante. Philippe Soual a rappelé que la croissance verte permettrait de créer environ 170 000 postes à pourvoir d'ici à 2030, ouvrant au passage sur de nombreux nouveaux métiers. Jérôme Bécot a souligné notamment le besoin de techniciens dans le domaine de la méthanisation.

De manière générale, les nouvelles énergies appellent à des compétences de conception, de maintenance, d’exploitation, d’ingénierie, etc. Il y en a pour tous les goûts, et pourtant les filières des énergies vertes sont en réelle pénurie de professionnels. « On développe des stations, des véhicules, mais on n’a pas assez de personnes pour s’en occuper comme il faut », a souligné l’un des participants à l’atelier.
 

Où sont passés les professionnels spécialisés ?

Qui dit nouvelles énergies, dit nouvelles compétences. Comme les changements vont très vite, les systèmes d’enseignement et de professionnalisation suivent difficilement. Il existe à ce jour peu de formations spécialisées dans l’étude et l’usage du GNV/biométhane ou de l’hydrogène.

Ces sources d’énergies ayant des propriétés et une complexité différentes, il faut pouvoir créer un apprentissage adapté qui évoque leurs exploitations possibles, mais aussi les risques spécifiques existants. C’est un travail qui nécessite plusieurs mois, voire années de préparation et de mise en place. Devant l’urgence de trouver du personnel pour assurer la maintenance de ces systèmes, il s’agit également de réfléchir à des solutions à court terme.
 

Les idées évoquées

Dans un premier temps, et pour aller au plus vite, une des solutions serait de favoriser une migration des compétences. Ainsi un transfert du personnel spécialisé des filières décroissantes du pétrole et des thermogaz vers les nouveaux métiers de l’énergie, avec une formation accélérée de reconversion. Ce sont ces professionnels qui ont les connaissances se rapprochant le plus des besoins recherchés à court terme.

Dans un second temps, il faudrait créer massivement et rapidement des cursus complets pour les jeunes étudiants. « Dans le domaine de la méthanisation, on a 2 lycées agricoles qui instruisent une dizaine d’élèves par an. Ce n’est pas suffisant ! » se désole un des inscrits.
 

Y aurait-il assez de candidats ?

Créer des formations, c’est facile à dire. Mais comment s’assurer qu’il y aura des candidats pour les suivre ? Bien qu’en forte croissance, les énergies vertes sont encore mal connues du grand public et donc des étudiants. Il est important de pouvoir communiquer sur ce sujet. Un rôle que pourraient endosser les enseignants. Difficile cependant pour ces derniers d’expliquer ou d’encourager les jeunes à aller vers des métiers dont ils savent finalement peu de choses, menant vers des besoins naissants, et qui doivent encore rencontrer l’adhésion des citoyens. En outre, les formations s’effectueraient potentiellement en apprentissage, une voie d’étude encore mal vue de manière générale dans le monde de l’enseignement. Ce qui ne dorerait pas l’image de ces métiers auprès des candidats potentiels. Ils pourraient le voir comme un plan par défaut. D’où la nécessité de jouer sur l’attractivité du milieu.
 

L’attractivité, c’est la clé

Si l’on ne peut pas passer par l’équipe enseignante, peut-être faudrait-il se concentrer sur une communication plus directe entre le jeune et l’entreprise. Avec pour bénéfice de valoriser l’image de ces emplois liés aux énergies vertes. Pour ce faire, rien de mieux que d’inviter les techniciens et personnels de terrain à expliquer leurs métiers aux futurs apprentis.
 
« Ils sont les plus à même d’exprimer le sens de leur travail », affirme Philippe Soual. De plus, il convient d’offrir à ces jeunes un accès à la pratique et une mise en situation afin qu’ils puissent en cerner les enjeux et ce qu’ils seront amenés à réaliser quotidiennement. Mais pour le bon déroulement de ce scénario, encore faut-il disposer d’entreprises prêtes à jouer le jeu.
 

La poule et l’œuf

« En tant que chef d’entreprise, je suis prêt à former des jeunes, mais il n’y a pas assez de stations d’avitaillement et autres matières pour qu’ils s’exercent », rapporte un participant. Comme pour chaque grande innovation, c’est un peu le serpent qui se mord la queue. En effet, comment professionnaliser des jeunes si l’on n’a pas suffisamment d’infrastructures, et comment créer ces infrastructures si l’on n’a pas assez de professionnels pour les entretenir ? Devant cette insécurité, difficile de convaincre de futurs étudiants en quête de sens de rejoindre le milieu et de leur assurer un avenir. Pourtant, si l’on se réfère à la problématique générale, l’objectif est d’aller vers une transition plus écologique pour notre futur. Et pour cela, il faut s’unir.
 

Un projet commun pour créer le monde de demain

Les formations se construiront petit à petit. Le directeur de La Joliverie affirme qu’il faut d’abord « inclure les jeunes et leur faire comprendre qu’ils vont participer à un grand projet commun où ils seront acteurs ».
 
Les nouvelles générations sont relativement engagées et concernées par l’environnement puisqu’elles sont directement touchées par la crise climatique. Elles sont aussi désireuses de changer les choses. Il faut surtout les écouter et leur donner leur place dans ce projet de la transition écologique, en commençant par trouver le bon mix énergétique, puis petit à petit en allant vers les solutions les plus vertes.



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