ABCDE Groupe : « Le bioGNV est un symbole de notre engagement envers une économie circulaire et locale »

ABCDE Groupe : « Le bioGNV est un symbole de notre engagement envers une économie circulaire et locale »
Dans l’ADN de l’entreprise lorraine ABCDE s’inscrit une passion pour le monde agricole et la préservation de l’environnement. Agir en économie circulaire, travailler main dans la main avec les agriculteurs, sensibiliser les acteurs de la région aux bienfaits du bioGNV font partie du quotidien de Mathieu Laurent. Le Directeur Général de la méthanisation et de la station bioGNV de Mandres-sur-Vair nous parle de l’engagement du Groupe ABCDE envers un monde décarboné.  

Quelle est l'activité du Groupe ABCDE ?

Mathieu Laurent : Le Groupe ABCDE est une entreprise familiale qui se spécialise dans la collecte et la valorisation des déchets organiques et alimentaires à travers trois stations de compostage situées dans les Vosges, en Meurthe-Et-Moselle et en Alsace. Nos clients comprennent les gestionnaires de réseaux d'eau, les collectivités, les paysagistes, les déchetteries et les industries agro-alimentaires. Nous traitons également les biodéchets provenant de diverses sources telles que les cantines, les supermarchés, les restaurants, etc.

De plus, nous disposons d'une station de gaz connectée à notre unité de méthanisation de Mandes-sur-Vair (Vosges), et nous prévoyons d'ouvrir une deuxième station le mois prochain, située à 5 km de là et reliée à un méthaniseur voisin par l’intermédiaire du réseau GRDF.


Combien de véhicules du Groupe ABCDE roulent au bioGNV ?

M.L. : L’ensemble de notre parc de véhicules fonctionne au bioGNV, soit quatre poids lourds de collecte et une quinzaine de véhicules légers (fourgonnettes d'entreprise et véhicules particuliers). Tous ces véhicules sont alimentés par notre petite station, opérationnelle depuis mars 2023, qui a une capacité de traitement de 450 kg par jour. Mais elle est aussi ouverte aux transporteurs extérieurs – à ce jour, 6 ou 7 camions –, aux artisans locaux et aux particuliers, qui représentent une vingtaine de véhicules GNV.

Êtes-vous satisfaits des performances de ces véhicules ?

M.L. : Oui, nous sommes très contents. Les chauffeurs ne remarquent aucune différence significative par rapport aux véhicules diesel. En ce qui concerne les poids lourds, nous avons constaté une réduction de la consommation d’environ 10 %, principalement en raison de la rareté des stations d’avitaillement qui incite les chauffeurs à adopter une conduite plus économe ! Quant aux véhicules légers, nous sommes extrêmement satisfaits, tant en termes de consommation que d'entretien. Le GNV s'avère être une alternative bien meilleure et plus économique que le diesel.

L’adhésion des salariés d’ABCDE a-t-elle été immédiate ?

M.L. : Absolument. Nous avons fourni des instructions sur la manière de ravitailler les véhicules, et les conducteurs se sont rapidement adaptés.



Pourquoi avoir pris la décision d’ouvrir une seconde station, moins d’un an après la première ?

M.L. : Au départ, nous nous étions donnés deux ans pour amortir les investissements de la station de Mandes-sur-Vair, mais après seulement deux mois de service, elle était déjà utilisée à 100 % ! Cela requiert une certaine organisation, car il peut arriver qu’elle soit surchargée ou en maintenance. Dans ce genre de situations, nous nous approvisionnons occasionnellement chez Philippe Colin, un agriculteur voisin, et réciproquement.

Face à la demande croissante, nous avons proposé à notre partenaire Nestlé Waters de mettre à disposition un terrain pour construire une seconde station avec une capacité de 800 kg/heure, qui permettra notamment d’avitailler une partie de leurs 170 camions journaliers, tous les nôtres ainsi que la plupart des transporteurs locaux. Contrairement à la petite station qui fonctionne par stockage, la grande station – qui ouvrira en mars 2024 - produira autant de bioGNV qu'elle pourra en distribuer, éliminant ainsi le risque de pénurie de carburant
.



Utilisez-vous d’autres carburants alternatifs chez ABCDE Groupe ?

M.L. : Non, presque 100 % de notre flotte roule désormais au bioGNV. Le véhicule électrique n'est pas une option pratique pour notre secteur, et nous sommes fiers d'utiliser le seul carburant produit sur place à partir de déchets locaux, créant des emplois locaux. Contrairement aux carburants conventionnels, le biométhane ne subit pas l’inflation : nous garantissons le prix du bioGNV sur cinq ans, ce qui offre une stabilité financière appréciable.

Comment ABCDE s'engage-t-elle auprès des autres acteurs du secteur de la collecte et du tri des déchets pour promouvoir et généraliser l'adoption du bioGNV ?

M.L. : Nous organisons régulièrement des réunions publiques pour expliquer le processus de méthanisation, ses avantages environnementaux et économiques, ainsi que les bénéfices du bioGNV en termes de réduction des émissions et de consommation de carburant. ABCDE Groupe a aussi mis en place des initiatives telles que des visites de nos installations pour les collégiens et lycéens, où les élèves peuvent découvrir le fonctionnement de la méthanisation et comprendre le parcours des déchets qu'ils trient à la cantine.
 
En montrant l'exemple avec notre propre flotte de véhicules roulant au bioGNV et en partageant notre expérience positive, nous encourageons les autres acteurs du secteur à envisager cette alternative durable et économique pour toutes les activités en lien avec le transport.
 
Nous traitons environ 30 000 tonnes de déchets par an et encourageons chaque transporteur les acheminant chez nous à adopter le GNV. Une fois qu'ils auront investi dans ces véhicules, ils seront incités à les utiliser dans d'autres domaines, et ça va créer un cercle vertueux. Enfin, nous avons créé, toujours avec Philippe Collin et d’autres agriculteurs, l’association Gaz d’Ici Grand Est, afin de développer un réseau de stations de bioGNV sur la région.




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1 Commentaire

  1. AlberiPublié le 13/02/2024 à 10:20

    Mathieu Laurent avec la station de Mandres-sur-Vair (88) et Philippe Collin avec la station de Breuvannes-en-Bassigny (52) ont un modèle intéressant avec leur station GNV à la ferme.
    Pouvoir ravitailler son véhicule à la ferme, c’est comme se ravitailler en légumes ou viande à la ferme et redonner un poids important aux agriculteurs dans l’économie locale, dans une relation directe avec moins d’interlocuteur.
    C’est à développer et à soutenir !

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