Biométhane : pourquoi le Royaume-Uni retient un cap prudent de 30 TWh à l'horizon 2050
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Le gestionnaire du système énergétique britannique a publié en juillet une analyse du rôle du biométhane à l’horizon 2050. Alors que la Grande-Bretagne n’en injecte aujourd’hui qu’environ 6 TWh par an dans son réseau, NESO retient un cap prudent autour de 30 TWh. Au-delà de ce niveau, les arbitrages agricoles, environnementaux et énergétiques commenceraient à devenir significatifs.
Créé en 2024 pour planifier le système énergétique britannique, le National Energy System Operator (NESO) a mené ce travail avec les secteurs de l’énergie, des réseaux, de l’agriculture, des déchets et de l’environnement. L’analyse doit notamment alimenter le plan spatial stratégique de l’énergie et les scénarios Future Energy Scenarios.
Le niveau actuel reste donc très éloigné des 30 TWh considérés par NESO comme un seuil autour duquel les arbitrages deviennent plus sensibles. Atteindre ce niveau supposerait déjà de multiplier par cinq les volumes injectés.
La nuance est importante : les 30 TWh ne constituent ni un plafond physique ni un objectif formel fixé par le gouvernement britannique. Il s’agit plutôt du niveau jusqu’auquel le développement du biométhane pourrait se poursuivre sans soulever de questions majeures.
Les estimations de potentiel disponibles vont d’ailleurs beaucoup plus haut. Les scénarios Future Energy Scenarios 2025 montent à 64 TWh en 2050. L’analyse externe conduite par Alder BioInsights identifie 108 TWh dans son scénario médian, la Green Gas Taskforce 120 TWh à l’échelle du Royaume-Uni et l’étude Guidehouse commandée par l’European Biogas Association environ 150 TWh. L’AIE retient de son côté un potentiel existant d’environ 50 TWh à partir des seuls effluents, résidus de cultures et biodéchets.
NESO ne tranche donc pas sur le niveau maximal à viser. Au-delà des 30 TWh, la question devient davantage politique : elle suppose de décider jusqu’où le Royaume-Uni souhaite mobiliser ses ressources agricoles, ses terres et ses déchets au profit du biométhane.
Pour situer ce cap, la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie française fixe 44 TWh en 2030 et jusqu’à 82 TWh en 2035, France Gaz plaidant même pour 85 TWh. Le seuil prudent identifié par NESO pour 2050 reste ainsi inférieur à l’objectif français prévu dès 2030.
Le Green Gas Support Scheme, principal mécanisme de soutien britannique, ferme aux nouvelles candidatures en mars 2028, avec une date limite de mise en service fixé à mars 2030. Le gouvernement doit encore consulter sur le cadre qui lui succédera. NESO prévient que, sans nouveau dispositif, la croissance du secteur risque de ralentir fortement.
Aller plus loin :
Créé en 2024 pour planifier le système énergétique britannique, le National Energy System Operator (NESO) a mené ce travail avec les secteurs de l’énergie, des réseaux, de l’agriculture, des déchets et de l’environnement. L’analyse doit notamment alimenter le plan spatial stratégique de l’énergie et les scénarios Future Energy Scenarios.
6 TWh injectés aujourd’hui, cinq fois moins que le cap des 30 TWh
En 2025, la Grande-Bretagne a injecté environ 6 TWh de biométhane dans son réseau gazier, soit à peu près 1 % de la demande de gaz. Le pays compte plus de 500 sites de méthanisation, dont un peu plus de 120 injectent leur production dans le réseau, les autres valorisant leur biogaz en cogénération sur site. Le mix d’intrants se répartit aujourd’hui entre deux tiers de déchets et un tiers de cultures.Le niveau actuel reste donc très éloigné des 30 TWh considérés par NESO comme un seuil autour duquel les arbitrages deviennent plus sensibles. Atteindre ce niveau supposerait déjà de multiplier par cinq les volumes injectés.
30 TWh en 2050 : un cap prudent, mais pas un plafond
C’est le chiffre central du document. NESO estime que les dépendances, arbitrages et risques liés à la mobilisation des intrants ne commencent à devenir réellement matériels qu’au-delà d’une ambition d’environ 30 TWh par an en 2050.La nuance est importante : les 30 TWh ne constituent ni un plafond physique ni un objectif formel fixé par le gouvernement britannique. Il s’agit plutôt du niveau jusqu’auquel le développement du biométhane pourrait se poursuivre sans soulever de questions majeures.
Les estimations de potentiel disponibles vont d’ailleurs beaucoup plus haut. Les scénarios Future Energy Scenarios 2025 montent à 64 TWh en 2050. L’analyse externe conduite par Alder BioInsights identifie 108 TWh dans son scénario médian, la Green Gas Taskforce 120 TWh à l’échelle du Royaume-Uni et l’étude Guidehouse commandée par l’European Biogas Association environ 150 TWh. L’AIE retient de son côté un potentiel existant d’environ 50 TWh à partir des seuls effluents, résidus de cultures et biodéchets.
NESO ne tranche donc pas sur le niveau maximal à viser. Au-delà des 30 TWh, la question devient davantage politique : elle suppose de décider jusqu’où le Royaume-Uni souhaite mobiliser ses ressources agricoles, ses terres et ses déchets au profit du biométhane.
Pour situer ce cap, la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie française fixe 44 TWh en 2030 et jusqu’à 82 TWh en 2035, France Gaz plaidant même pour 85 TWh. Le seuil prudent identifié par NESO pour 2050 reste ainsi inférieur à l’objectif français prévu dès 2030.
Mars 2028 : une autre incertitude pour atteindre le cap
Le développement du biométhane britannique ne dépend pas seulement de la disponibilité des intrants. Il repose également sur la visibilité offerte aux investisseurs.Le Green Gas Support Scheme, principal mécanisme de soutien britannique, ferme aux nouvelles candidatures en mars 2028, avec une date limite de mise en service fixé à mars 2030. Le gouvernement doit encore consulter sur le cadre qui lui succédera. NESO prévient que, sans nouveau dispositif, la croissance du secteur risque de ralentir fortement.
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