Nucléaire, renouvelables... et biométhane : Ursula von der Leyen fait une place au gaz vert
Source : Commission européenne
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Une phrase, mais une phrase qui compte pour la filière. Dans son discours sur l'état de l'Union prononcé devant le Parlement européen, Ursula von der Leyen a explicitement cité le biométhane parmi les énergies sur lesquelles l'Europe doit s'appuyer pour réduire sa dépendance aux importations fossiles. Le gaz renouvelable se retrouve ainsi placé au même rang que le nucléaire et les renouvelables électriques. Une mise en avant rare au plus haut niveau de la Commission.
« Nous devons donc redoubler d'efforts pour produire notre énergie propre, locale et abordable. Qu'elle soit renouvelable ou nucléaire, qu'elle provienne du biométhane ou d'autres sources. Peu importe la technologie. Du moment qu'elle serve notre indépendance », a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union, pointant les difficultés rencontrées depuis la fermeture du détroit d'Ormuz. « Nous avons à nouveau cruellement ressenti à quel point nous étions dépendants des importations de combustibles fossiles. Depuis le début du conflit, ces importations nous ont coûté quelque 90 milliards d'euros supplémentaires, et ce, sans que le moindre quantum d'énergie ait été ajouté » a t-elle indiqué.
Le choix des mots n'est pas anodin. En revendiquant la neutralité technologique, la Commission s'éloigne d'une trajectoire centrée sur la seule électrification pour reconnaître un rôle aux molécules renouvelables. L'argument sous-jacent est connu des acteurs de la filière : une partie de l'industrie et de la mobilité restera difficile à électrifier, et le biométhane peut circuler dans les infrastructures gazières existantes sans investissement lourd côté consommateur.
La mention du caractère « produit chez nous » vise directement le GNL importé, dont l'Europe est devenue fortement dépendante depuis la réduction des flux russes. Le discours n'annonce en revanche aucune mesure concrète. Ni obligation d'incorporation, ni mécanisme de financement dédié, ni calendrier. Le signal reste politique, et c'est dans les textes qui suivront que se mesurera sa portée réelle.
Au rythme actuel d'environ un milliard de m³ de capacité supplémentaire par an, il faudrait plus de deux décennies pour atteindre la cible fixée pour 2030. L'EBA elle-même avait revu à la baisse ses projections dans son rapport publié au printemps, pointant un déficit de mesures pour débloquer les projets et mobiliser les gisements.
La France, devenue premier producteur européen, voit à l'inverse ses mises en service ralentir, dans l'attente du déploiement des certificats de production de biogaz. Les coûts de production restent par ailleurs très supérieurs à ceux de l'éolien et du solaire, ce qui rend la filière dépendante de mécanismes de soutien que la Commission n'a pas détaillés.
La phrase d'Ursula von der Leyen donne à la filière un appui politique qu'elle réclamait depuis longtemps. L'European Biogas Association plaide notamment pour des objectifs contraignants au niveau des États membres, seuls capables selon elle de sécuriser les investissements. La prochaine étape dira si Bruxelles transforme cette reconnaissance en instruments réglementaires, ou si le biométhane restera cité dans les discours sans changer d'échelle dans les faits.
« Nous devons donc redoubler d'efforts pour produire notre énergie propre, locale et abordable. Qu'elle soit renouvelable ou nucléaire, qu'elle provienne du biométhane ou d'autres sources. Peu importe la technologie. Du moment qu'elle serve notre indépendance », a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union, pointant les difficultés rencontrées depuis la fermeture du détroit d'Ormuz. « Nous avons à nouveau cruellement ressenti à quel point nous étions dépendants des importations de combustibles fossiles. Depuis le début du conflit, ces importations nous ont coûté quelque 90 milliards d'euros supplémentaires, et ce, sans que le moindre quantum d'énergie ait été ajouté » a t-elle indiqué.
Le choix des mots n'est pas anodin. En revendiquant la neutralité technologique, la Commission s'éloigne d'une trajectoire centrée sur la seule électrification pour reconnaître un rôle aux molécules renouvelables. L'argument sous-jacent est connu des acteurs de la filière : une partie de l'industrie et de la mobilité restera difficile à électrifier, et le biométhane peut circuler dans les infrastructures gazières existantes sans investissement lourd côté consommateur.
La mention du caractère « produit chez nous » vise directement le GNL importé, dont l'Europe est devenue fortement dépendante depuis la réduction des flux russes. Le discours n'annonce en revanche aucune mesure concrète. Ni obligation d'incorporation, ni mécanisme de financement dédié, ni calendrier. Le signal reste politique, et c'est dans les textes qui suivront que se mesurera sa portée réelle.
Un objectif 2030 toujours hors d'atteinte
La filière n'a pas besoin d'encouragements verbaux autant que de volumes. Adopté en 2022 après l'invasion de l'Ukraine, le plan REPowerEU avait fixé un objectif de 35 milliards de m³ de biométhane produits chaque année dans l'Union d'ici 2030. La dernière carte européenne du biométhane publiée par l'EBA et Gas Infrastructure Europe, recensait 1 974 installations et une capacité installée de 8,2 milliards de m³ par an à fin juin. La production réellement injectée restait nettement inférieure, à 5,2 milliards de m³ en 2024, soit environ 55 TWh. L'écart avec l'objectif est considérable.Au rythme actuel d'environ un milliard de m³ de capacité supplémentaire par an, il faudrait plus de deux décennies pour atteindre la cible fixée pour 2030. L'EBA elle-même avait revu à la baisse ses projections dans son rapport publié au printemps, pointant un déficit de mesures pour débloquer les projets et mobiliser les gisements.
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Des signaux contrastés sur le terrain
Les dynamiques nationales divergent. La République tchèque vient de clôturer sa première enchère de soutien au biométhane avec une demande presque quatre fois supérieure au volume proposé, preuve que les porteurs de projets répondent dès qu'un cadre stable existe.La France, devenue premier producteur européen, voit à l'inverse ses mises en service ralentir, dans l'attente du déploiement des certificats de production de biogaz. Les coûts de production restent par ailleurs très supérieurs à ceux de l'éolien et du solaire, ce qui rend la filière dépendante de mécanismes de soutien que la Commission n'a pas détaillés.
La phrase d'Ursula von der Leyen donne à la filière un appui politique qu'elle réclamait depuis longtemps. L'European Biogas Association plaide notamment pour des objectifs contraignants au niveau des États membres, seuls capables selon elle de sécuriser les investissements. La prochaine étape dira si Bruxelles transforme cette reconnaissance en instruments réglementaires, ou si le biométhane restera cité dans les discours sans changer d'échelle dans les faits.
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