SEVEN : un projet collaboratif de 20 stations bioGNV en Occitanie

SEVEN : un projet collaboratif de 20 stations bioGNV en Occitanie
Le projet de déploiement d’un réseau de stations délivrant du bioGNV en Occitanie, présenté à l’ADEME par Jean-Michel Richeton et ses partenaires, compte une dimension collaborative comme il s’en développe de plus en plus. L’idée de départ a évolué avec l’appel à projets renouvelé par l’agence en juin dernier.

Seven

« Avec la volonté d’implanter une filière bioGNV en Occitanie, Seven fédère des acteurs d’univers très différents. Il s’agit de structures citoyennes et engagées, de grands noms de l’industrie, de fonds d’investissement publics et privés, de constructeurs automobiles, de collectivités ou d’institutions publiques, etc. », explique Jean-Michel Richeton. 

« Seven propose un modèle territorial autour des grands axes de la filière, avec l’implantation d’unités de méthanisation, le déploiement de stations de distribution bioGNV et des outils pour développer et entretenir le parc automobile », détaille-t-il. 

« Seven s’inscrit en modèle d’économie circulaire clé en main pour nos territoires », souligne notre interlocuteur, qui ajoute, enthousiaste : « Il n’y avait que le bioGNV pour faire converger tant d’intérêts dans un tel élan collaboratif ! ».

BioGNV

Jean-Michel Richeton s’est intéressé au bioGNV en estimant qu’il constitue un carburant compétitif et opérationnel capable de remplacer un produit emblématique de la pollution et qui pèse sur les importations en France. Plus encore, « le bioGNV constitue l’alternative la plus vertueuse aux carburants fossiles ! », s’empresse-t-il de compléter. 

Par comparaison avec les produits issus du pétrole, il dresse une liste, pas forcément exhaustive, des nombreux atouts à porter au crédit du bioGNV. Certains s’entrevoient d’une façon plus précise à travers le prisme du programme Seven : « filière industrielle locale de valorisation des déchets ; création d’emplois pérennes non délocalisables ; impact positif sur la balance commerciale de la France ; production sur les territoires d’énergie renouvelable qu’il est possible de stocker via le réseau GRDF ; transport du gaz par tuyaux sans déplacement de camions ». C’est avec de telles convictions en tête que notre interlocuteur a démarré l’aventure Seven.

Des partenaires de poids

« La dynamique a mis du temps à émerger. Ca fait quelques années que je m’y emploie. Les premiers temps, il faut l’avouer, nombreuses furent les portes closes », témoigne Jean-Michel Richeton. 

« Finalement, les bonnes rencontres ont eu lieu au bon moment », modère-t-il, citant : « A l’origine avec Enercoop Languedoc-Roussillon, dont je souhaitais m’inspirer du savoir-faire collaboratif, puis avec Evergaz, opérateur dans le domaine du biogaz connu pour ses réalisations exemplaires dans la méthanisation »

Ensuite ? « Tout s’enchaîne de façon naturelle, et Seven peut compter sur la mobilisation d’acteurs référents, comme GRDF », poursuit-il. Au sujet de ce dernier, notre interlocuteur tient à mettre en avant : « Les équipes de GRDF sont très impliquées dans la promotion du gaz vert et son usage en tant que carburant. Toutes les actions de sensibilisation mises en place par le groupe, et l’accompagnement technique et stratégique dont nous avons bénéficié, ont largement contribué à l’essor du modèle »

Reprenant la liste des rencontres déterminantes, il énumère : « Iveco, constructeur emblématique de véhicules alimentés au GNV, l’Inra qui intervient sur le volet recherche et développement, la chambre d’agriculture, des syndicats de transporteurs… sans oublier la région Occitanie qui ambitionne de devenir la première d’Europe à énergie positive ».

Etroite collaboration

Le projet Seven a d’abord été concentré sur le développement d’unités de méthanisation. 

« Notre volonté est de faire émerger de relatives petites unités territoriales pour un traitement local de la matière organique. Ce qui nécessite la collaboration de tous les producteurs de déchets d’un territoire, - les filières agricoles, industrielles, mais aussi les collectivités et les citoyens avec des collectes séparatives des biodéchets. C’est un processus long : il faut compter 4 à 5 ans pour qu’un projet d’unité de méthanisation sorte de terre », rapporte Jean-Michel Richeton. 

Aux structures de grande envergure, Seven en oppose de plus limitées, acceptables par la population en termes de nuisances. En chiffres, c’est plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets traités par an, contre quelques dizaines de milliers de tonnes pour les unités Seven.

De la méthanisation au réseau de stations

Plusieurs projets d’unités de méthanisation sont actuellement en phase développement. Si Seven projetait initialement d’attendre l’injection des premiers mètres cubes pour déployer son réseau d’infrastructures d’avitaillement, l’appel à projets lancé par l’ADEME fin 2016, qui vise à développer les stations GNV, a modifié sa stratégie. «

Puisque le cahier des charges de l’AAP invitait à la dynamique collaborative, nous ne pouvions pas, au nom de notre collectif, manquer cette opportunité, quitte à revoir nos priorités »
, commente Jean-Michel Richeton. C’est ainsi qu’en septembre 2017, Seven a déposé à l’ADEME « un projet de déploiement de 20 stations, avec plus de 430 véhicules associés », chiffre-t-il. 

Quant aux engins associés aux stations, ils se répartiront entre bennes à ordures, poids lourds et utilitaires légers.

AAP IA GNV

Un quota de véhicules imposé en fonction du nombre de stations d’avitaillement à ouvrir ? Oui ! Après un premier appel à projets qui a couru entre juillet 2016 et mars 2017, connu sous la dénomination « Solutions intégrées de mobilité GNV », et référencé AAP IA GNV, l’ADEME et le Commissariat général à l’investissement avait reconduit l’opération, légèrement retouchée, avec une échéance programmée au 11 septembre 2017. Objectif : faire émerger en France la mobilité au gaz naturel. 

Inscrit dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, l’appel à projets exigeait que soit associé à l’ouverture des stations d’avitaillement au GNV un nombre de véhicules de transport de marchandises au moins 20 fois supérieur à celui des infrastructures d’accès public. Les engins devaient être de types camions porteurs ou tracteurs, fourgons, et/ou utilitaires relevant exclusivement des catégories N1, N2 et N3 au sens de l’article R311-1 du code de la route. Pour chaque lot (station + véhicules), les projets retenus étaient susceptibles de recevoir une enveloppe maximale de 300.000 euros, dont jusqu’à 200.000 en subventions, et le reste en avances remboursables.

La réponse de Seven à l’AAP

C’est à l’échelle de la région Occitanie que Seven propose une réponse à l’appel à projets de l’ADEME. Jean-Michel Richeton salue la mobilisation remarquable des acteurs du territoire : « Autour de la démarche initiée par Seven, se sont fédérées quinze collectivités, autant de grandes entreprises et une vingtaine de PME locales »

A ce stade, Seven regroupe des intercommunalités de toutes tailles et de toutes sensibilités, des chargeurs et des transporteurs concurrents dans leur activité, des PME de tous les secteurs, etc. Parce que c’est important à ses yeux, il souligne une nouvelle fois le pouvoir fédérateur du bioGNV, se réjouissant : « C’est très enthousiasmant de constater que sur ces grands enjeux de société, l’intelligence collective et constructive prend le pas sur les divergences d’opinion ! ». L’attente ne devrait plus être très longue pour les partenaires embarqués, puisque l’ADEME annonce ses retours sur l’AAP concerné pour janvier prochain.


Gaz Mobilité et moi-même remercions vivement Jean-Michel Richeton pour son implication et sa passion à développer le bioGNV en France.


 

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