Spécialiste de la construction, Bonifay mise sur le GNV pour convertir sa flotte

Spécialiste de la construction, Bonifay mise sur le GNV pour convertir sa flotte
Société familiale créée en 1946, Bonifay compte aujourd’hui dix agences spécialisées dans les matériaux de construction de la région PACA. Convaincu que le gaz naturel est une opportunité sérieuse de minimiser l’impact carbone des activités de gros œuvre tout en restant très productifs, le Directeur Général de Bonifay, Jean-Joël Rouillé, a répondu à nos questions.
 
A quand remonte l’intérêt de Bonifay pour les technologies GNV ?
 
Jean-Joël Rouillé : Depuis très longtemps, nous nous intéressons à notre impact environnemental et sociétal. Non seulement, nous souhaitons polluer moins, mais aussi apporter un meilleur confort à nos salariés et clients. Nous avons d’abord observé que les camions fonctionnant au gazole étaient très aboutis, mais ne présentaient aucune perspective écologique intéressante. C’est pourquoi nous avons choisi de convertir une partie de notre flotte de camions diesel en Oleo100, le nouveau carburant à base de colza, compatible avec les véhicules homologués B100. Mais en fait, nous attendions surtout que la technologie du gaz naturel se concrétise un peu. Nous savons, depuis des dizaines d’années, que le GNV est une solution d’avenir. C’est une démarche pragmatique : les moteurs gaz sont plus simples, plus propres et demandent moins de maintenance que les moteurs diesel. C’est en 2020 que nous avons mis en circulation nos premiers véhicules GNV, même si la crise sanitaire a fait prendre du retard à toutes les livraisons.
 
Quelle est la dimension actuelle du parc de véhicules GNV de Bonifay ?
 
Jean-Joël Rouillé : Nous avons dix chariots élévateurs Fenwick, qui fonctionnent au GNC. Nous recevrons en début d’année prochaine quatre camions-toupie béton de 4 m3, qui ont pris du retard à cause du COVID, et quatre autres fin 2021. Nous allons également essayer bientôt un tracteur IVECO GNC, pour nos activités de transport.
 
Pour notre type d’activité, c’est la technologie GNC qui est la plus intéressante, car les camions GNL sont trop chers et demandent un effort industriel important.


 
Comment se passe l’approvisionnement des véhicules en gaz naturel ?
 
Jean-Joël Rouillé : Dès le début de notre engagement dans le GNV, nous avons voulu avoir notre propre station pour ne pas dépendre du maillage encore insuffisant des points d’approvisionnement. Nous avons donc fait construire une station interne, qui nous permet d’alimenter aussi bien nos chariots élévateurs que nos futurs camions de transport, et nous avons l’intention d’en installer une nouvelle pour nos dépôts situés à l’ouest du département, d’ici trois ou quatre ans.
 
Êtes-vous satisfaits des performances de vos véhicules au gaz ?
 
Jean-Joël Rouillé : Très ! Les utilisateurs de chariots élévateurs sont ravis : la propreté d’utilisation du GNV est incomparable, il n’y a pas de vapeur nocive, pas de gras au niveau des bouchons de remplissage… Le matériel est vraiment au point. Et nous sommes confiants pour les camions qui arriveront dans quelques mois, car IVECO est une référence en Europe. Les véhicules sont moins bruyants et n’émettent que très peu de particules : pour moi, le gaz est un choix pragmatique, un pas réel et concret en faveur de l’écologie.
 
Le seul point que l’on pourrait reprocher aux véhicules GNV, c’est l’implantation des bouteilles qui peut être problématique car nous avons des chantiers aux accès très étroits dans la région, qui nécessitent des véhicules plus agiles. Mais c’est tout !
 
Quels-sont les projets de Bonifay en matière de mobilité au gaz naturel ?
 
Jean-Joël Rouillé : Nous avons une confiance totale en cette technologie. Outre les 8 à 10 nouveaux véhicules gaz que nous mettrons en service en 2021, nous aimerions aller encore plus loin et rouler au biogaz, fabriqué localement. La France est une grande nation d’agriculture, on pourrait et on devrait optimiser les déchets agricoles pour rouler propre. Mais pour l’instant, nous n’avons pas d’assez gros marchés pour amortir le surcoût de ce biocarburant. Nous attendons que l’offre soit moins chère.
 
Selon vous, quels seraient les freins à lever pour généraliser l’adoption du GNV dans les travaux de gros œuvre ?
 
Jean-Joël Rouillé : L’État dit qu’il faut verdir nos activités, et nous donne des subventions pour acheter des véhicules au gaz. C’est très bien, mais parfois les initiatives locales ne suivent pas. Par exemple, dans notre département, toutes les activités de construction nécessitent de passer quotidiennement par le tunnel de Toulon. Et celui-ci est interdit aux véhicules GNV ! Une absurdité que nous avons signalée plusieurs fois à de nombreux acteurs de la région, qui font la source oreille. C’est certain que cela fait réfléchir à deux fois avant de se lancer dans l’achat de véhicules gaz. Mais à part ça, je ne vois pas pourquoi les professionnels ne perçoivent pas davantage l’intérêt du GNV. Ils se laissent impressionner par le surcoût à l’achat, sans prendre en considération le fait que les moteurs sont moins coûteux à l’exploitation. Si tout le monde s’y mettait, le prix des véhicules baisserait, alors allons-y !

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