EcoGreen Gas : Microjoule 5 approche les 3 000 km avec 1 litre de bioGNV

EcoGreen Gas : Microjoule 5 approche les 3 000 km avec 1 litre de bioGNV
Les conditions étaient idéales ces 18 et 19 mai 2022 pour établir de nouveaux records de basse consommation sur le circuit automobile de Fay-de-Bretagne (44). Si plusieurs des 12 équipes présentes ont amélioré leurs performances, la plus belle victoire revient toutefois à Patrice Merhand et Philippe Maindru, les organisateurs de cette première édition particulièrement réussie.
 
Sur les 14 équipages inscrits à l’EcoGreen Gas, 4 concourraient avec des engins fonctionnant à l’hydrogène, dont ceux venus d’Italie et des Pays-Bas. Le biométhane était cependant l’énergie la plus représentée, avec 8 véhicules qui se répartissaient dans les catégories Prototype et Urban Concept.

La jeunesse des étudiants rassemblés cache des programmes qui ne datent pas d’hier et qui perdurent grâce à un passage de flambeau que Patrice Merhand et Philippe Maindru ont tenu à prolonger. Respectivement président et vice-président de l’association La Jol’toujours, ils inscrivent leur événement dans la suite des Shell Eco-Marathon et challenge Educ’Eco. Depuis 35 ans, Microjoule change d’équipe tous les 2 ans à La Joliverie (Saint-Sébastien-sur-Loire, 44). A Redon (35), le lycée Marcel Callo les bat dans la durée. Les jeunes de l’établissement avaient engagé l’Hélios CH4. Ils s’essaient aux différents carburants (essence, GPL, E85, bioGNV, hydrogène) depuis 38 ans. Derrière TIM 09 : 26 années de défis pour les étudiants et enseignants de l’Université Paul Sabatier et de l’INSA de Toulouse (31). Et 24 ans pour l’équipe varoise du séduisant prototype Hélixia qui a été rattaché à plusieurs établissements au cours de son histoire.



 

L’ambiance du paddock

Après 2 ans d’interruption des challenges de sobriété, l’ambiance du paddock manquait aux différentes équipes. Avant le lancement de l’EcoGreen Gas soutenu en particulier par GRDF, GRTgaz et la région des Pays de la Loire, elles s’affairaient autour des véhicules. Ici, on entendait un moteur démarrer et accélérer de plus en plus vivement. Là, plusieurs étudiants vérifiaient une dernière fois les commandes. Ailleurs, l’inquiétude grimpait devant le risque de ne pas pouvoir présenter le véhicule sur la ligne de départ. Ainsi au stand de la Cityjoule 2 (Polytech Nantes, 44), où du matériel électronique faisait encore défaut.

Avant de s’élancer sur le circuit, les bonbonnes de gaz devaient être pesées, afin de déduire l’autonomie maximale à partir des 9 tours à réaliser sur le circuit de Fay-de-Bretagne. Soit un total de 17,478 km à boucler en moins de 42 minutes, afin de respecter une vitesse moyenne minimale de 25 km/h. A l’arrivée, les bouteilles étaient à nouveau vérifiées pour permettre les calculs exprimés en kilométrage réalisable avec l’équivalent de l’énergie contenue dans un litre de SP95. 

 

Top départ

Ce mercredi 18 mai 2022, la première édition du challenge EcoGreen Gas devait débuter avec le départ de l’OZ Urban Eco Concept engagé par le lycée Frédéric Ozanam de Cesson-Sévigné (35). Les officiels agitent les drapeaux, mais rien ne se passe. Alors que le jeune pilote endure déjà la chaleur qui s’accumule à bord sous le généreux soleil, la bouteille de biométhane (bioGNV en provenance d’AgriBioMéthane à Mortagne-sur-Sèvre, en Vendée) n’est pas encore revenue de la pesée.

Nouvelle tentative lorsque le capot à l’arrière est refermé. Le démarreur tourne vaillamment, mais le moteur reste muet. Le pilote et le reste de l’équipe s’inquiètent. Que se passe-t-il ? Deux ans d’interruption n’aident sans doute pas vraiment à se souvenir de tous les bons gestes. Et si le robinet de gaz était resté fermé au niveau de la bouteille ? Nouvel essai : le moteur ne se lance toujours pas. La mort dans l’âme, la team du lycée Frédéric Ozanam recule l’Urban pour céder la place à un proto. Tenaces et ne voulant pas s’annoncer vaincus, les étudiants réfléchissent, cherchent encore et trouvent enfin l’origine du problème. In extremis, leur véhicule est redirigé sur la ligne de départ. 

 
Coup de démarreur, le bloc de l’Urban alimenté au biométhane tousse cette fois, puis monte quelques secondes dans les tours, et s’arrête : la voiture glisse alors silencieusement dans une portion en descente sur le circuit. Ne vous inquiétez pas : c’est normal ! Tous les engins fonctionnant au GNV vont être soumis à ce scénario. Le moteur est juste démarré un bref moment afin de regagner un peu de vitesse à l’approche d’une côte, par exemple. Pour battre les précédents records, il faut tout juste utiliser l’énergie nécessaire à tenir la vitesse moyenne de 25 km/h. Surtout pas plus ! Pour consommer le moins possible, il faut donc des valeurs aérodynamiques exceptionnelles et un fonctionnement optimal en roues libres.

 
 

Trouver le bon scénario

PC en main, des chefs d’équipe suivent l’évolution des voitures sur le circuit. Les spectateurs les reconnaissent aux instructions qu’ils donnent dans un micro : « Ok. Démarre ! Stop ! ». A chaque fois la question se pose : « N’était-ce pas trop tôt, ou trop tard ? ». A chaque nouveau tour, le scénario s’affine. Des pilotes semblent cependant plus autonomes et pouvoir décider par eux-mêmes du démarrage et de l’arrêt du moteur ou de la pile à combustible.

Il est facile de deviner que les engins qui émettent quelques bruits de transmission style vieux moulin à café seront pénalisés par des frottements mécaniques. Ce n’est pas le cas du proto Microjoule 5, ni de l’Urban Concept Hydro Motive 12 mené par l’université néerlandaise des sciences appliquées installée à Arnhem. Alimenté à l’hydrogène, ce dernier n’émet jamais aucun son, comme s’il venait d’ailleurs. 
 
 

Apologie de la légèreté

Les catégories Prototype et Urban Concept ont été imaginées par Shell pour son Eco-Marathon. Il s’agissait de pousser à l’extrême les chiffres de sobriété énergétique. D’où l’accent mis sur la légèreté des véhicules. Philippe Maindru et Patrice Merhand perdurent dans cette idée, dénonçant la généralisation des SUV. Ce point précis, ils ont voulu le soulever en particulier dans la partie forum, en invitant Nicolas Meilhan, conseiller scientifique et spécialiste des questions de mobilité et de transition énergétique (photo ci-dessous).

Dans sa présentation effectuée le matin même au domaine de Land Rohan, il a tenu à comparer l’usage au quotidien d’une Tesla Model S affichant plus de 2 tonnes sur la balance, avec le PodRide. La consommation est divisée par plus de 13 au profit du conducteur de l’engin pesant tout juste 70 kg.

 

Records battus

Plusieurs équipes ont établi de nouveaux records, soit sur leurs précédentes prouesses, soit au niveau de la planète. C’est la voiture n° 8 de Microjoule 5 qui a brillé plus particulièrement sur le circuit de Fay-de-Bretagne. Son précédent exploit de portée mondiale : 2 126 kilomètres avec 1 litre équivalent SP95. Réjouissant aussi bien les organisateurs de l’EcoGreen Gas que les élèves de La Joliverie, la nouvelle performance s’élève désormais à 2 934 km. Soit une amélioration de 38 % pour 808 km supplémentaires !

Cette progression peut s’expliquer en partie par les conditions météorologiques idéales qui rendaient le site vraiment agréable les 18 et 19 mai derniers. Elle est aussi et surtout le résultat du niveau atteint à La Joliverie au fil des années. Pour exemple, Microjoule 4, également sur place (n° 11), est la voiture la plus titrée de l’histoire de la course énergétique. Elle a remporté 13 Shell Eco-Marathon sur 13 participations. La 5e génération de l’engin a concouru pour la première fois en 2018. Elle a nécessité 3 années d’essai, calcul et modélisation effectués par les heureux étudiants en BTS Moteur à combustion interne de La Joliverie. Par rapport à Microjoule 4, la nouvelle mouture est plus spacieuse tout en étant plus légère et aérodynamique (Cx inférieur à 0.1). Elle bénéficie d’un châssis plus rigide et offre à son pilote une meilleure visibilité. 

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