Ce que ce rapport TLF nous apprend sur le mix-énergétique des poids lourds en Europe

L'Union TLF vient de publier son bilan statistique annuel sur les transports européens de marchandises, édition 2026 sur données 2024. Au-delà des chiffres de fret routier, ferroviaire et portuaire, le document contient deux focus particulièrement instructifs sur le mix énergétique des flottes de poids lourds et de véhicules utilitaires légers en Europe. Issues de l'ACEA et d'Eurostat , les données permettent de cartographier précisément où en est la décarbonation réelle des flottes, loin des annonces politiques.
Les chiffres de nouvelles immatriculations 2025 sont plus encourageants : 6,8 % des nouvelles mises en circulation concernaient une énergie alternative, dont 4,2 % d'électriques purs et 2,6 % d'autres énergies alternatives (gaz, HVO...). Autrement dit : la transition s'amorce, mais le marché reste massivement diesel.
À l'inverse, les pays qui ont attendu une solution unique - en particulier l'électrique - affichent une part d’énergies alternatives sous le seuil des 1 %. Pourtant leader industriel européen, l'Allemagne ne dépasse pas 1,3 % de son parc. Pendant que nos politiques ne jurent que par l'électrique, les pays les plus pragmatiques ont déjà tranché en faveur du mix.
C'est précisément cette instabilité du diesel qui crée une fenêtre de compétitivité durable pour le gaz grâce à la possibilité de fixer les prix du GNV/bioGNV sur plusieurs années.
1,3 % seulement de la flotte européenne de poids lourds à énergie alternative en 2024
Premier chiffre à retenir : en 2024, seuls 1,3 % des 6,16 millions de poids lourds immatriculés dans l'Union européenne roulaient avec une motorisation alternative au diesel. Un chiffre qui en dit beaucoup sur l'ampleur du chemin restant à parcourir. Au sein de ce faible pourcentage, le gaz naturel (CNG et LNG) domine très largement, représentant environ 60 % des motorisations alternatives soit 0,8 % du parc total, devant l'électrique à 0,3 %.
Les chiffres de nouvelles immatriculations 2025 sont plus encourageants : 6,8 % des nouvelles mises en circulation concernaient une énergie alternative, dont 4,2 % d'électriques purs et 2,6 % d'autres énergies alternatives (gaz, HVO...). Autrement dit : la transition s'amorce, mais le marché reste massivement diesel.
La leçon des pays qui avancent le plus vite
Ce que ce rapport confirme, c'est que ce sont les pays qui misent sur plusieurs solutions énergétiques simultanément qui décarbonent le plus vite. La Suède (4,8 % de poids lourds alternatifs) et la Norvège (4,2 %) dominent le classement européen, loin devant. La France tient la 3e place (3 %), au coude-à-coude avec le Danemark (2,8 %). Ce que ces pays ont en commun ? Aucun d'eux n'a misé sur une seule technologie. La Suède affiche 75 % de gaz dans son mix alternatif de poids lourds. La Norvège et les Pays-Bas combinent gaz et électrique en proportions quasi équivalentes. La France, elle, se distingue par une proportion plus élevée de biocarburants.À l'inverse, les pays qui ont attendu une solution unique - en particulier l'électrique - affichent une part d’énergies alternatives sous le seuil des 1 %. Pourtant leader industriel européen, l'Allemagne ne dépasse pas 1,3 % de son parc. Pendant que nos politiques ne jurent que par l'électrique, les pays les plus pragmatiques ont déjà tranché en faveur du mix.
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Prix des carburants : une fenêtre de tir pour le gaz renouvelable
Le rapport TLF replace aussi ces données dans leur contexte économique. Selon les données Upply, les prix du transport routier ont progressé de 3,1 % sous contrat au T4 2025. Une situation qui ne tient donc pas compte des récents événements au détroit d'Ormutz.C'est précisément cette instabilité du diesel qui crée une fenêtre de compétitivité durable pour le gaz grâce à la possibilité de fixer les prix du GNV/bioGNV sur plusieurs années.
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