GNV et bioGNV : pour l'AFGNV, la PPE doit revoir ses ambitions à la hausse

GNV et bioGNV : pour l'AFGNV, la PPE doit revoir ses ambitions à la hausse
Pour l’Association Française du Gaz Naturel pour Véhicules (AFGNV), le projet de Programmation Pluriannuelle de l’Energie doit miser plus fortement sur le développement du GNV et du bioGNV.

Présenté ce vendredi 25 janvier, le projet de PPE précise la feuille de route en matière de transport et d’énergie avec des objectifs fixés à horizon 2023 et 2028. Un document qui ne mise pas suffisamment sur le développement du GNV et du bioGNV selon l’AFGNV et ses membres.

Poids-lourds et utilitaires : des ambitions en deçà de la filière

S’il présente le GNV et le bioGNV comme « l’alternative la plus robuste au Diesel pour les véhicules lourds et utilitaires », le projet de PPE annonce des objectifs largement en deçà des prévisions réalisées par la filière. « Avec un objectif de 60 000 poids-lourds et 110 000 utilitaires GNV en 2028, le projet de PPE propose une ambition en retrait par rapport à la dynamique observée en France et en Europe depuis quelques années » souligne l’AFGNV.

Citant les tendances observées chez les professionnels et dans les territoires et la dynamique du marché – dont les ventes ont été multipliées par 5 depuis 2016 – l’association estime qu’il est possible d’aller beaucoup plus loin. Dans un document porté par la filière et présenté fin 2017, l’AFGNV estime possible d’atteindre en 2028 un parc de 140.000 véhicules lourds et 180.000 utilitaires GNV.
 

Poids-lourds

VUL

Prévisions PPE 2028

60.000

110.000

Prévisions AFGNV 2028

140.000

180.000

 
Le segment VP mis à l’écart

Alors que la voiture au gaz naturel progresse dans la plupart des pays européens, le projet de PPE fait l’impasse sur le développement du GNV sur le segment des véhicules particuliers.

Un choix qui étonne alors même qu’un rapport publié fin 2017 par l’ADEME estimait que le GNV pourrait représenter jusqu’à 16 % des ventes de voitures particulières en France à horizon 2035.

Plus récemment, c’est la Plateforme de la Filière Automobile (PFA) qui s’exprimait quant à l’avenir de la filière, estimant le GNV susceptible de prendre « une part significative du marché français d’ici 2030 » avec une montée en puissance attendue à compter de 2020.
 

Stations : des objectifs à clarifier

Sur les stations, les objectifs affichés par la PPE sont à clarifier car les différents documents publiés se contredisent. Alors que le document de synthèse évoque 770 stations d’ici 2023 et 1550 d’ici 2028, le rapport complet annonce des ambitions moindres. 

Dans une annexe dédiée au GNV, deux analyses sont détaillées. Basée sur les seuls besoins énergétiques et ne semblant pas tenir compte de la dynamique en cours, la première évoque 138 stations en 2023 et 326 en 2028. Basée sur une approche plus économique, la seconde cible 367 stations d’ici 2023 et 845 d’ici 2028.

« Le GNV est la seule filière à avoir fait l’objet d’une étude aussi poussée » s’étonne Vincent Rousseau, Président de la Commission Affaires Publiques de l'AFGNV, qui constate l’absence de calculs similaires pour les bornes de recharge ou les stations hydrogène.


Biogaz : des atouts à prendre en compte

Alors que les politiques citent régulièrement le biogaz comme un levier indispensable au développement du gaz dans la mobilité, les acteurs de la filière appellent à un meilleur soutien du biométhane.

Dans un communiqué commun publié en réaction au projet de PPE, l’AFG, l’AFGNV, Coénove et France gaz renouvelables exhortent le gouvernement à ne pas oublier les atouts du gaz renouvelable. « La PPE prend insuffisamment en compte le potentiel offert par les gaz renouvelables produits localement » constatent les acteurs qui rappelent les nombreux impacts positifs générés par le développement du biogaz : récupération des déchets, nouvelles sources de revenus pour la filière agricole, emplois dans les zones rurales etc...

« Les objectifs de production de biométhane du projet de PPE pour 2023 sont inférieurs aux projets déjà enregistrés et nettement en retrait par rapport à la précédente PPE avec de surcroit des objectifs de baisse de coût peu réalistes » avertissent les acteurs qui craignent que les mesures annoncées ne viennent « condamner l’avenir de la filière ».

Soumis à consultation

Révélé ce vendredi 25 janvier, le projet de PPE est désormais soumis à consultation d’ici à l’adoption du texte final qui devrait intervenir dans les prochains mois.

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