Jupiter 1000 : pose de la première pierre du démonstrateur power-to-gas à Fos-sur-Mer

Jupiter 1000 : pose de la première pierre du démonstrateur power-to-gas à Fos-sur-Mer
Produire du gaz naturel à partir d'électricité renouvelable excédentaire et de rejets industriels de dioxyde de carbone ? Un idéal qui s'apprête à devenir réalité avec la pose, hier, de la première pierre du démonstrateur power-to-gaz « Jupiter 1000 ». Le complexe implanté dans la zone industrielle du Grand Port Maritime de Marseille à Fos-sur-Mer, pourrait bien révolutionner notre approche sur les énergies.

Que faire de l'électricité produite par les éoliennes et les panneaux solaires lorsque le réseau n'en a pas besoin ? Souvent gâchée aujourd'hui faute de solutions accessibles, elle doit être valorisée dans un futur proche. Une multitude de technologies existent actuellement : stockée en batteries, condensateurs ou sous forme mécanique dans des volants d'inertie et des bassins de pompage-turbinage, l'électricité peut également être « transformée » en air comprimé, en hydrogène et en gaz naturel. Des solutions aux coûts et complexités techniques très différentes mais complémentaires et adaptés à différents cas.

Une fascinante usine à gaz

Parmi ces solutions, le « power-to-gas » est probablement la plus complexe mais aussi celle qui peut valoriser la plus grande quantité d'énergie. Une fascinante usine à gaz, littéralement, qui produit du méthane à partir d'électricité d'origine renouvelable et de dioxyde de carbone capté dans les cheminées des usines.

Dans la pépinière d'entreprises « Innovex » située à Fos-sur-Mer, sur la plateforme « Piicto » du Grand Port Maritime de Marseille, le démonstrateur expérimental « Jupiter 1000 » devrait produire ses premiers mètres cubes de gaz naturel courant 2018.

D'un coût d'environ 30 millions d'euros, la centrale s'étalera sur 12 hectares et délivrera une puissance de 1 mégawatt, de quoi produire l'équivalent de la consommation d'environ 150 foyers. Elle est financée à 40% par GRTgaz, 30% par ses partenaires et 30% par des fonds publics. Il s'agira de la première en France à être raccordée au réseau de distribution national.

De nombreux acteurs réunis pour réaliser le projet

Pour produire son carburant, le démonstrateur achètera de l'électricité 100% renouvelable produite par la Compagnie Nationale du Rhône. Transportée via le réseau public, elle sera transformée en hydrogène via deux procédés fournis par le spécialiste McPhy : l'électrolyse alcaline et l'électrolyse par membrane PEM. Combiné à du dioxyde de carbone capté via un système développé par Leroux & Lotz dans les rejets des industries alentours, l'hydrogène se transformera en gaz naturel suivant un phénomène appelé « méthanation ». Ce gaz « de synthèse » sera ensuite injecté dans le réseau de distribution national et complété de façon variable par de l'hydrogène pur.

A partir d'1 mégawatt d'électricité et 200 litres d'eau à plein débit, la centrale peut générer 17 kg d'hydrogène et jusqu'à 50 Nm3 de gaz naturel par heure. Un volume à comparer avec le débit de la canalisation de gaz à l'endroit où il sera injecté : 4500 Nm3/h. Entre 2 et 6 % d'hydrogène peut être mélangé dans le réseau en fonction des contraintes des consommateurs. GRTgaz vérifiera la qualité et la conformité du gaz de synthèse avant son introduction dans le réseau national.

La meilleure solution pour stocker de gros volumes d'énergie

Alors qu'une batterie peut stocker de l'énergie pour quelques jours et l'hydrogène quelques mois, le gaz bénéficie de gigantesques capacités de stockage sur le territoire. 130 TWh de gaz naturel peuvent en effet être stockés dans les différents sites souterrains et en surface en France. La technologie du power-to-gas présente également l'avantage non-négligeable de générer un carburant « neutre » en carbone puisqu'il recycle du CO2 émis par l'industrie.

Un gaz 100% renouvelable qui pourrait représenter un gisement de 150 TWh à l'horizon 2050, suivant la croissance de la production d'électricité propre. Pour déterminer les possibilités de s'approvisionner exclusivement de gaz renouvelable à cette échéance, l'ADEME, GRDF et GRTgaz ont réalisé une étude qui sera dévoilée début 2018. Une nouvelle filière en perspective, qui doit d'abord passer par la phase d'expérimentation menée par « Jupiter 1000 ».

Mise en service au cours de l'année prochaine, la centrale devrait être exploitée et testée en 2019. Elle prendra place sur une plateforme dédiée à l'innovation qui emploie déjà 3000 personnes.

Alimenter les transports en gaz naturel 100% renouvelable

Avec le biométhane généré à partir de déchets organiques issus des ménages ou d’exploitations agricoles, le « power-to-gas » peut permettre d'augmenter significativement les capacités de production de gaz naturel 100% renouvelable. Indispensable, pour alimenter en carburant « décarboné » des transports qui se tournent de plus en plus vers les énergies alternatives telles que le gaz naturel routier.

Navires, autobus, camions et à moindre mesure voitures : apprécié pour ses caractéristiques environnementales, son faible coût et sa facilité de stockage et distribution, le GNV s'immisce dans nos déplacements. Un carburant non-conventionnel qui peut être produit à partir de procédés incroyablement avancés impliquant et valorisant une multitude d'énergies et de technologies... de quoi franchement ringardiser le pétrole.

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