L-Charge : Une station GNL mobile pour recharger les voitures électriques

L-Charge : Une station GNL mobile pour recharger les voitures électriques
L-Charge est une startup russe qui propose de faire face à la montée de l’électromobilité en développant des unités de recharge mobiles ou stationnaires fonctionnant avec du gaz naturel liquéfié, de l’hydrogène, ou un mélange des 2.
 
En matière de mobilité durable, les solutions électriques s’opposent d’ordinaire à celles exploitant du gaz naturel ou de l’hydrogène. L-Charge a réussi à réunir les 3 énergies alternatives pour, au final, faire avancer des véhicules à batteries lithium. Son objectif : parvenir à régénérer un pack de voiture électrique en pas plus de temps qu’il n’en faut pour remplir un réservoir en essence ou gazole. Un pari qui ne dépend pourtant pas de sa seule volonté, mais aussi et surtout des limites de la technologie des cellules embarquées dans les voitures électriques. Autant dire tout de suite qu’aujourd’hui c’est tout simplement impossible avec des capacités énergétiques qui dépassent désormais le plus souvent les 50 kWh. Mais demain, avec d’autres chimies ou des supercondensateurs, c’est envisageable. L-Charge pourrait alors bénéficier d’une certaine expérience. En attendant, ses solutions présentent un intérêt relatif, mais réel cependant.
 

Moteur 12 cylindres de 8 tonnes

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeune entreprise russe ne fait pas dans la demi-mesure. Pour cœur de son unité de recharge stationnaire, elle envisage de placer un moteur Jenbacher J312 qui pèse tout de même quelque 8,1 tonnes. D’où le recours à un conteneur.

Le groupe électrogène, qui accepte selon son constructeur de fonctionner avec du gaz naturel, du gaz de torche, du propane, du gaz de pyrolyse, du gaz minier, et bien d’autres, repose sur une empreinte au sol de 4,7 x 1,8 m, pour une hauteur de 2,3 m. Il développe une puissance disponible pour la recharge jusque 600 kW. Ce qui fait dire à L-Charge qu’avec ses solutions, c’est le véhicule électrique qui limitera le temps d’opération, et non le matériel qu’il emploie. Les versions supérieures de ce bloc ont également été étudiées par l’entreprise.
 

Jusqu’à 288 voitures électriques par jour

Sur son site Internet, L-Charge assure que sa solution stationnaire est capable de délivrer jusque 7 200 kWh par jour. De quoi recharger 288 voitures électriques à hauteur de 25 kWh de moyenne, en employant du gaz natuel liquide (GNL). Les aires d’autoroute, les stations-service classiques et les parkings pourraient être équipés d’un conteneur L-Charge en moins de 24 heures du fait de l’absence de raccordement. Il pourrait tout aussi bien soutenir les réseaux nationaux et/ou locaux.

La startup russe l’envisage. Dans ce cas, il faudra bien sûr relier les 2 infrastructures. Concernant les stations mobiles, l’entreprise a déjà envisagé plusieurs solutions, depuis une fourgonnette dotée d’un système de recharge 120 kW. Un démonstrateur sur camion porteur Isuzu a déjà été mis à l’essai et en service, probablement avec une puissance exploitable jusque 250 kW. L-Charge indique pour son unité itinérante la possibilité de recharger jusque 48 voitures électriques quotidiennement, pour un total de 1 440 kWh. La moyenne est alors curieusement relevée à 30 kWh par engin.

 

Bénéfice environnemental

Pour justifier ses solutions, L-Charge aligne plusieurs arguments : Les utilisateurs de véhicules électriques ressentent un manque en bornes dans l’espace public ; les citadins n’achètent pas de VE par peur de ne pas pouvoir régénérer les batteries ; les chargeurs rapides se développent trop lentement ; la référence au temps pour effectuer un plein en carburant rend les électromobilistes mécontents ; il n’y a pas de stations pour accueillir les poids lourds ; le réseau électrique est limité.

La jeune entreprise russe indique que les émissions carbonées de ses systèmes seraient de l’ordre de 70 grammes de CO2 par kilomètre parcouru grâce à l’emploi du gaz naturel liquéfié. Ce qu’elle traduit sans doute un peu trop généreusement par une diminution de 68 % des rejets dans l’atmosphère par rapport à des modèles diesel. En revanche, la comparaison avec le réseau électrique européen, et le français en particulier, ne milite pas pour ces infrastructures. Puisque la startup pense faire fonctionner ses stations aussi avec de l’hydrogène gazeux, il est un peu curieux qu’elle n’envisage pas le recours au bioGNV qui les associerait à des chiffres bien plus vertueux. Ces remarques sont toutefois à mettre en perspective avec les territoires ciblés par L-Charge. L’Amérique du Nord et la Chine, par exemple, en font partie.
 

Feuille de route

La feuille de route initialement présentée par la startup a forcément souffert de la pandémie de Covid-19. Toutefois un premier camion de recharge circule à Moscou effectuant plusieurs ravitaillement via connecteur Combo CCS. L-Charge avait prévu d’équiper de stations mobiles pilotes en 2021 Paris, Amsterdam, Londres, Berlin, Barcelone et New York, avec un développement des infrastructures sur la période 2022-2023. La Chine est programmée dans la foulée.

Les chiffres attendus pour 2022 sont modestes, avec des commandes pour 10 stations mobiles et autant de conteneurs. A horizon 2026, le nombre total d’unités délivrées passerait le seuil des 2 000. Le chiffre d’affaire bondirait alors de 10 millions à 2 milliards de dollars (8,8 millions à 1,76 milliards d’euros). Désormais, L-Charge se concentre sur 2 stations mobiles qui seraient mises en service à Londres cette année.



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3 Commentaires

  1. AlberiPublié le 09/01/2022 à 19:25

    La même chose en ravitailleur de GNV serait également intéressant !
    Ces conversions GNL->électricité introduisent nécessairement des pertes d’énergie dans la conversion. Autant rouler au GNV pour plus d’efficacité.

  2. MarcPublié le 10/01/2022 à 01:58

    C’est complètement ridicule.

  3. Omar Publié le 15/01/2022 à 20:19

    Tout a fait d’accord avec Alberri.

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