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Le Portugal délivre sa première garantie d'origine biométhane pour le transport

Le Portugal délivre sa première garantie d'origine biométhane pour le transport
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Le Portugal vient de délivrer sa première garantie d'origine biométhane spécifiquement dédiée au transport, un mécanisme que la France pratique depuis douze ans mais que la filière portugaise construit encore pièce par pièce. L'opérateur REN, gestionnaire du réseau électrique et gazier national, a certifié début juillet un volume produit pour le compte de Go Green Gas (G3), opérateur spécialisé dans la mobilité gaz pour les flottes lourdes.

La traçabilité du biométhane carburant s'installe progressivement dans les pays qui structurent leur filière gazière renouvelable, à mesure que les obligations européennes de décarbonation du transport se précisent. Ainsi au Portugal où l'opérateur REN annonce avoir certifié ses premiers volumes de biométhane pour le transport.

Le communiqué diffusé par REN présente cette opération comme la première garantie d'origine biométhane du pays. La formulation mérite d'être nuancée. Le 20 mars 2026, REN avait déjà délivré, en tant qu'Entité Émettrice de Garanties d'Origine (EEGO), la toute première garantie d'origine biométhane portugaise, attribuée à Capwatt pour sa production sur le site d'Aljustrel. Cette première certification portait sur un usage générique du biométhane, sans fléchage vers un secteur particulier. La nouveauté de juillet 2026 est donc plus étroite qu'annoncée : il s'agit de la première garantie d'origine explicitement rattachée au secteur du transport, et non de la première garantie d'origine biométhane du pays tout court.

Go Green Gas, un acteur qui mise sur la traçabilité depuis 2023

Go Green Gas s'est positionné en 2023 comme le premier opérateur à commercialiser du biométhane au Portugal, en ciblant les flottes lourdes de transport de personnes et de marchandises.

Joaquim Marques, directeur financier et responsable des opérations chez Go Green Gas, présente cette certification comme un pas concret vers l'accélération de la transition énergétique et la décarbonation du transport routier, et comme la formalisation, dans le système national, d'une pratique de traçabilité que l'entreprise appliquait déjà en interne.

Cette antériorité rejoint un mouvement déjà observé sur le terrain portugais. Dès 2023, Leroy Merlin avait testé au Portugal des poids lourds au bioGNV avec le fournisseur Dourogás, dans le cadre d'un programme pilote national portant sur environ 5 000 km parcourus par mois et par véhicule. La demande existait donc avant que l'outil de certification transport ne soit disponible.

 
Un système bâti sur le modèle électrique, encore jeune côté gaz
La plateforme EEGO existe depuis mars 2020, mais elle est née pour l'électricité. Son extension au gaz ne date que de juin 2024, et l'interconnexion européenne via l'Association of Issuing Bodies (AIB) et l'European Energy Certificate System (EECS) n'a été effective qu'en novembre de la même année. Le Portugal a donc mis un peu plus de deux ans à transposer au biométhane un dispositif de traçabilité rodé depuis longtemps sur l'électricité renouvelable, avant de le décliner par usage, dont celui, plus récent encore, du transport.

 

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