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Biométhane : la filière s'oppose à la révision du tarif d'achat

Biométhane : la filière s'oppose à la révision du tarif d'achat
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La filière biométhane demande au gouvernement de suspendre la révision du tarif d’achat. Si elle salue la prolongation des CPB jusqu’en 2041, elle estime que le durcissement du guichet tarifaire risque de freiner les nouveaux projets, en particulier agricoles.

Mis en consultation le 25 juin, le projet de décret sur les certificats de production de biogaz prolonge les CPB jusqu’en 2041 et stabilise leur trajectoire à partir de 2032. Une avancée saluée par la filière, mais jugée insuffisante au regard des autres annonces gouvernementales.

Dans un communiqué commun publié le 6 juillet, l’AAMF, France gaz renouvelables, le SER et France Gaz dénoncent surtout la révision du tarif d’achat du biométhane. Selon les quatre organisations, cette évolution intervient trop tôt, alors que le nouveau cadre des CPB n’est pas encore pleinement opérationnel.

Des projets agricoles directement concernés

La filière ne conteste pas l’évolution progressive vers les CPB. Elle critique en revanche le calendrier choisi. Réduire dès maintenant le tarif d’achat reviendrait, selon elle, à fragiliser les nouvelles installations, notamment les unités de 10 à 20 GWh par an, très présentes dans les projets agricoles en développement.

Les organisations rappellent que « la méthanisation n’a de sens que si elle se développe aussi avec les agriculteurs ». Elles estiment que le recours à un appel d’offres ne répond pas aux besoins de ce segment et risque de négliger une partie de la valeur créée par la méthanisation : revenus agricoles, emploi rural, réduction de la dépendance aux engrais importés et valorisation locale des déchets organiques.

La coalition demande donc la suspension immédiate de la révision du tarif d’achat. Elle souhaite également plusieurs ajustements sur les CPB : une trajectoire de volumes plus lisible dans le temps, une pénalité indexée pour préserver l’attractivité du mécanisme et une mise en œuvre complète au plus tard en septembre.

En mai, les mêmes organisations avaient déjà interpellé le Premier ministre pour demander un cadre clair avant l’été 2026. Le projet de décret répond partiellement à cette demande, mais la révision du tarif d’achat ravive les inquiétudes.
 

La filière redoute un ralentissement de la dynamique

Au-delà du tarif d’achat, les signataires pointent un manque de visibilité sur les débouchés du biométhane. Ils regrettent l’absence de dispositif dédié à la mobilité et à la décarbonation industrielle, deux usages pourtant mentionnés dans la PPE3.

La France vise 44 TWh de biométhane injecté en 2030. Au premier trimestre 2026, la production atteint 14,4 TWh en rythme annualisé, soit environ un tiers de l’objectif. D’après la filière, plus d’un milliard d’euros d’investissements resteraient aujourd’hui bloqués.

 Le gouvernement a affirmé que le biométhane est une solution de souveraineté énergétique, de décarbonation et de développement des territoires. Alors même que le monde agricole et la filière des gaz renouvelables se sont inscrites dans la dynamique de la PPE3, pourquoi la mettre en risque par une décision budgétaire précipitée ? 

Communiqué commun

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