Une Renault 4 convertie au gaz naturel pour le 4L Trophy 2023

Une Renault 4 convertie au gaz naturel pour le 4L Trophy 2023
Formés pour devenir ingénieurs par l’école ESME Sudria, Camille Coll, 23 ans, et Antoine Meltz, 26 ans, ont à cœur de participer à une aventure humanitaire tout en modérant leur empreinte environnementale. C’est pourquoi ils ont décidé de convertir une Renault 4 au gaz naturel. Ils sont ouverts à toute aide pour cela.

Berlines, fourgonnettes vitrées ou non, chaussées avec des jantes en alu, laissées dans leur couleur d’origine ou repeintes de façon voyante et pourquoi pas façon Gordini : chaque R4 qui participe au 4L Trophy est unique et reçoit le plus souvent l’affection de ses jeunes propriétaires. 

« Nous avons trouvé notre 4L sur Internet il y a environ 1 an. Il s’agit d’un modèle Savane de 1992, de couleur blanche, totalisant 135 000 km. Elle est en bon état général. Nous allons progressivement la préparer pour le 4L Trophy », commente Antoine Meltz. « Me destinant à devenir ingénieure en énergies renouvelables, je voulais aussi montrer qu’on peut utiliser au quotidien une voiture ancienne en polluant moins qu’avec un modèle récent. On favorise ainsi le réemploi », poursuit Camille Coll. 

« Participer au 4L Trophy, c’est relever trois défis : un défi humanitaire et humain, un défi sportif, et un défi écologique et éco-citoyen », mettent-ils en avant dans leur dossier de participation.

Distribution alimentaire et de fournitures scolaires

Les 1 200 équipages qui participent chaque année au 4L Trophy arrivent au village de départ avec le coffre plein de fournitures scolaires et de produits alimentaires. Depuis le rapprochement de l’organisation du raid avec l’association Enfants de désert, « plus de 24 000 enfants ont déjà bénéficié d’une aide matérielle grâce aux trophistes », rappellent Camille Coll et Antoine Meltz. 

En une quinzaine d’années, ce partenariat a aussi permis la construction de 22 salles de classe et de 2 blocs sanitaires. Et 70 projets de développement ont été lancés. 

« Dans un premier temps, nous allons confier 10 kg de produits alimentaires à la Croix Rouge de Saint-Jean-de-Luz », indique la jeune femme. « Ensuite, nous distribuerons au Maroc des fournitures scolaires et de sport. C’est important pour nous de les donner en main propre. Nous avons reçu ces fournitures de la mairie du Pouliguen et de Idées Madagascar que nous représentons. Avec la Covid-19, les actions de cette association ont été ralenties. C’est pourquoi elle dispose aujourd’hui d’un stock important de fournitures dont nous allons emporter une partie au Maroc l’année prochaine », se réjouit-elle. 

Petit focus sur Idées Madagascar

« Idées », c’est pour « Ingénieurs pour le Développement et les EchangES ». Créée en 1994 à l’ESME Sudria, Idées Madagascar est une association humanitaire étudiante qui contribue au développement du pays. Chaque année, une dizaine d’élèves de cette école partent pour une mission d’environ 7 semaines dans la ville d’Alakamisy-Ambohimaha avec l’objectif d’améliorer les conditions de vie de ses habitants. 

En échange d’une expérience humaine qui complète l’enseignement scientifique apporté par l’ESME Sudria, les jeunes envoyés sur le terrain offrent leurs compétences techniques. Elles vont par exemple servir à pérenniser les installations déjà mises en place par l’association, et améliorer les conditions d’éducation dans la ville malgache et ses alentours. L’échange et l’engagement sur le long terme comptent parmi les valeurs fondamentales de Idées Madagascar. Ces exigences auxquelles Camille Coll et Antoine Meltz adhérent vont les porter sur le terrain marocain.

Bicarburation essence/GNV 

« Dans un premier temps, nous avons pensé convertir à l’électrique notre 4L. Mais nous avons vite constaté que ce n’était pas à notre portée. Il restait le bioéthanol et le bioGNV. Alors nous avons recherché si de précédents équipages avaient déjà utilisé ces carburants alternatifs pour effectuer le 4L Trophy. Nous avons en particulier été en contact avec des participants qui avaient fait le choix il y a 4 ans de convertir au gaz naturel leur voiture », détaillent Camille Coll et Antoine Meltz. 

« Nous ne devrions pas rencontrer de problèmes pour nous approvisionner en bioGNV en France et en Espagne. Au Maroc, ce sera sans doute plus compliqué. Si nous n’en trouvons pas, nous pourrons rouler à l’essence », précisent-ils. « La transformation au biogaz reste encore à faire et c’est notre prochaine étape. Nous avons estimé à 4 000 euros le coût de cette opération en nous basant sur l’expérience des anciens participants au 4L Trophy. Ce montant s’ajoute aux 4 500 euros d’achat et de préparation de notre voiture », chiffre l’ingénieur Validation.

Un budget à soutenir

En comprenant l’achat, la préparation et la conversion du véhicule, mais aussi les frais d’inscription et de communication, l’hébergement et la traversée en bateau pour eux et le véhicule, le carburant et les péages, l’assurance et l’assistance médicale, le budget établi par nos 2 interlocuteurs s’élève à 13 250 euros. Comme la plupart des participants au 4L Trophy, ils comptent sur le sponsoring pour le boucler. Toute aide, ne serait-ce qu’un plein de biogaz, pourra être remerciée par la pose d’un sticker sur la R4 Savane. Ils ont déjà reçu le soutien, en plus des établissements déjà cités précédemment, de leur école, de l’entreprise Citizen Can, de Century 21 à Châtillon, et du Fondant Baulois. Fabricant de gâteaux, ce dernier s’est manifesté en leur donnant des produits à son catalogue. 

« Nous revendons ces gâteaux auprès de nos proches, dans notre école, et avons tenu un stand dans une manifestation de BMX. La première opération a eu lieu en février dernier. Elle a beaucoup plu. Nous avons ainsi récolté 500 euros. La prochaine est programmée en septembre prochain, avec le même objectif », se réjouissent Camille Coll et Antoine Meltz.

Des panneaux solaires sur le toit ?

Dans leur dossier de participation, les 2 jeunes de l’école ESME Sudria ont indiqué : « Nous aimerions installer sur la galerie de notre 4L un panneau photovoltaïque afin de permettre l’alimentation de nos objets électroniques via une électricité verte et rendre notre bivouac autonome en énergie ». Est-ce toujours d’actualité ? « Nous n’en sommes pas sûrs à ce jour. Si un fabricant de panneaux solaires veut bien nous en fournir un, par exemple un modèle qu’il ne pourrait pas vendre, nous sommes preneurs. Dans le cas contraire, ce sera en fonction de l’évaluation de nos besoins réels sur le terrain. Et à ce niveau nous avons quelques doutes à ce jour », nous confient Camille Coll et Antoine Meltz. 

« Il faudrait déjà que nous puissions tout embarquer dans la voiture pour pouvoir installer le panneau sur le toit. S’il doit déjà être occupé par les roues de secours et des bidons d’essence, ça sera plus difficile », réfléchissent-ils.

Entre enthousiasme et appréhension

« Notre entourage nous dit que ce sera un beau voyage, un beau projet en prolongement de nos études. Ils estiment aussi qu’on va avoir du boulot et qu’on ne se facilite pas la tâche avec la conversion de la voiture », rapportent les 2 futurs trophistes. 

« De notre côté, nous appréhendons un peu la fatigue. Une 4L, ce n’est pas vraiment confortable pour effectuer un long trajet. Mais ces craintes s’évanouissent devant tout le positif que nous attendons de cette aventure, constitué d’aides et de rencontres », pèsent-ils. « Nous allons préparer la voiture pour que tout se passe pour le mieux. Au retour, soit nous la conserverons, soit nous la transmettrons à un futur équipage de notre connaissance et avec lequel nous partagerons des valeurs communes », concluent-ils.

Gaz Mobilité et moi-même remercions Camille Coll et Antoine Meltz pour leur témoignage et espérons que leur demande de sponsoring trouvera un écho auprès de nos lecteurs engagés dans la mobilité GNV.

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