CPB : tout comprendre aux Certificats de Production de Biométhane

CPB : tout comprendre aux Certificats de Production de Biométhane
Au 1er janvier 2026, la France met en place un nouveau dispositif de soutien à la production de biométhane : les Certificats de Production de Biométhane (CPB). Prévu par la loi Climat et Résilience, ce mécanisme marque une évolution majeure de la politique énergétique française en matière de gaz renouvelable. Il vise à accélérer le développement du biométhane tout en limitant le recours aux financements publics directs.

SOMMAIRE

Pourquoi l’État change de modèle de soutien ?

Depuis plus d’une décennie, la montée en puissance du biométhane s’est appuyée sur des tarifs d’achat garantis, financés par la collectivité. Si ce modèle a permis l’émergence d’une filière solide, il montre aujourd’hui ses limites face aux ambitions fixées par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Avec une capacité d’injection dépassant les 15 TWh/an en 2026, la France vise désormais 44 TWh à l’horizon 2030. Pour y parvenir, l’État fait évoluer le soutien vers un mécanisme davantage porté par le marché, en responsabilisant les fournisseurs de gaz.

CPB : définition, rôle et principe de fonctionnement

Un Certificat de Production de Biométhane correspond à 1 MWh de biométhane produit et injecté dans le réseau français. Chaque unité produite génère à la fois une molécule de gaz et un certificat associé.

Les producteurs peuvent vendre ces certificats aux fournisseurs de gaz, qui doivent en restituer un nombre proportionnel à la consommation de leurs clients. Ce système garantit la traçabilité du biométhane et assure que l’obligation repose sur une production effectivement réalisée en France.

Le registre des CPB est géré par European Energy Exchange (EEX), sous la supervision de la Commission de régulation de l’énergie, afin d’assurer la transparence et la sécurité du dispositif.

Qui est soumis à l’obligation CPB ?

L’obligation CPB s’applique aux fournisseurs de gaz naturel pour les consommations de leurs clients résidentiels et tertiaires. Sont ainsi concernés les particuliers, les copropriétés, les bureaux, les commerces, l’hôtellerie ou encore certains réseaux de chaleur intégrant de la cogénération.

Les industriels fortement consommateurs de gaz ne sont pas inclus dans cette première phase, prévue sur la période 2026-2028.

Comment fonctionne concrètement le mécanisme des CPB ?

La première période d’obligation s’étend de 2026 à 2028, avec des objectifs progressifs. Les fournisseurs devront couvrir une part croissante de leurs ventes de gaz par des CPB, sous peine de pénalité financière.

Le prix de marché des certificats est estimé entre 80 et 100 €/MWh au lancement, tandis que la pénalité en cas de non-respect est plafonnée à 100 €/MWh.

Sur l’ensemble de la période, le dispositif doit permettre de financer plus de 10 TWh de production additionnelle de biométhane, sans mobilisation directe du budget de l'État.

Quel impact réel sur la facture de gaz ?

L’un des enjeux majeurs du dispositif concerne son impact sur les consommateurs. Selon les estimations disponibles, la hausse restera progressive et modérée.

Pour un ménage chauffé au gaz consommant environ 12 MWh par an, le surcoût serait de l’ordre de quelques euros en 2026, pour atteindre un peu plus de cinquante euros en 2028. Ces montants restent inférieurs à ceux que pourraient générer certaines évolutions fiscales, tout en finançant directement une production locale et renouvelable.

Quels bénéfices pour la filière et les territoires ?

Au-delà de la décarbonation, les CPB constituent un levier structurant pour l’économie des territoires. La filière biométhane repose largement sur des acteurs locaux, des exploitations agricoles aux PME industrielles.

Selon les données communiquées par la filière, plus de 80 % de la valeur ajoutée générée par le biométhane reste en France, contribuant à l’emploi local, à la souveraineté énergétique et à la réduction des importations de gaz fossile. À l’horizon 2028, le dispositif pourrait éviter plus d’un million de tonnes de CO2 par an.
 
CPB, un outil clé pour atteindre les objectifs de la PPE
Avec les Certificats de Production de Biométhane, la France change d’échelle et de méthode. Le dispositif inscrit le biométhane dans une logique de marché, tout en conservant des garanties fortes de traçabilité et d’efficacité environnementale.
Pour la filière gazière, représentée notamment par France gaz, les CPB constituent un outil central pour atteindre les objectifs climatiques nationaux et faire du gaz renouvelable un pilier durable du mix énergétique français.


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