En Bretagne, Karrgreen inaugure la nouvelle station GNV de Ploërmel

En Bretagne, Karrgreen inaugure la nouvelle station GNV de Ploërmel
Distribuant des énergies obtenues de sources renouvelables, cet établissement constitue d’abord et surtout une nouvelle adresse pour délivrer du bioGNC. Il fournit un modèle qui sera adapté aux prochaines 150 stations espérées par Karrgreen à échéance 2024. 

La première vraie station Karrgreen

Il y avait foule ce jeudi 1er juillet 2021 à Ploërmel pour assister à l’inauguration d’un nouveau réseau. Il existe déjà une station Karrgreen à Locminé. Si on peut considérer qu’elle sert de première brique à un maillage très attendu par les transporteurs, son architecture et son implantation sont éloignées des réalisations futures. Elle s’appuie sur les murs d’une ancienne station-service située dans une rue qui mène au centre-ville. Les prochaines seront essentiellement plantées pour faciliter le passage des camions et autocars. Elles seront identifiables par les conteneurs montés hors site qui révèlent la volonté de s’adresser avant tout à des professionnels. C’est bien ainsi que se présente la station de Ploërmel dont l’ouverture publique est prévue en septembre prochain.

« A partir de notre solution duplicable plug and play, notre objectif est d’ouvrir 150 stations à horizon 2024 », explique pour nos lecteurs Dominique Dubeau, directeur des opérations chez Karrgreen. « Nous avons souhaité donner à nos stations un look industriel dépouillé », poursuit-il.  Ainsi à Ploërmel où 2 conteneurs et un auvent recouvert de panneaux photovoltaïques donnent leur style au nouvel établissement implanté au cœur de la zone industrielle de Camagnon. « Une fois montés, les conteneurs arrivent sur place par camion. Ce scénario permet de construire une station Karrgreen en moins de 9 mois », souligne notre interlocuteur. Au cœur du site, un premier conteneur de 20 pieds. « Il abrite une batterie d’une capacité de 88 kWh. Elle sert à stocker l’électricité qui alimente toute la station, aussi bien la borne de recharge pour véhicules électriques que les distributeurs de bioGNC », détaille-t-il

Smart Grid

Pour la gestion de leurs besoins électriques, les stations Karrgreen seront pilotées par une technologie Smart Grid. Cette dernière fixe ainsi le fonctionnement de l’unité de stockage qui est exclusivement alimentée en électricité verte. A l’exemple du site de Ploërmel. « La batterie reçoit l’énergie des 167 m2 de panneaux photovoltaïques qui sont installés sur l’auvent. L’ensemble de l’unité solaire bénéficie d’une puissance de 36 kW crête. La batterie est également maintenue par une connexion au réseau électrique, couvert par une offre verte de E-Pango certifiée par un système de garanties d’origines », révèle Dominique Dubeau.

GNC

C’est également un système de garanties d’origines qui permet à la station de Ploërmel, branchée sur le réseau de gaz, de délivrer du bioGNC fourni par Engie. Ce qui peut étonner dans l’architecture Karrgreen, c’est de trouver les distributeurs et l’automate de paiement accolés au conteneur qui comprend tous les systèmes nécessaires à la livraison du gaz naturel. 

« Nous avons une bonne connaissance du problème des pertes d’énergie. Dans nos stations, il y a à peine 10 mètres entre les distributeurs et le compresseur. On peut vraiment dire que c’est ce dernier qui pousse littéralement le bioGNC dans les réservoirs des véhicules qui seront avitaillés », commente le directeur des opérations. « Les professionnels apprécient des temps de recharge rapides. A Ploërmel, nous avons 2 distributeurs, chacun équipé des embouts NGV1 et NGV2. Les véhicules légers reçoivent le biogaz à raison de 4 kg par minute. Ce chiffre passe jusqu’à 27 kg pour les poids lourds présentant un connecteur NGV2. La station est dimensionnée pour avitailler en bioGNC 8 camions par heure en moyenne », précise-t-il.

Multi-énergies

« Nous sommes pour la complémentarité des énergies. Il n’y en a pas une qui soit globalement plus pertinente au point de délaisser les autres. Aujourd’hui, pour la mobilité des poids lourds, l’électricité n’est pas adaptée et l’hydrogène n’est pas mûr. Le bioGNV s’impose comme la solution verte déjà disponible », rappelle Dominique Dubeau.

« Mais nous ne savons pas comment sera composé le mix énergétique dans quelques années. Peut-être qu’il y aura des solutions éprouvées qui pousseront des transporteurs roulant au gaz naturel aujourd’hui à passer à l’hydrogène dans 5 ans », réfléchit-il. Il n’y a pas de distributeur d’hydrogène dans la station de Ploërmel. « C’est vrai, mais nous avons déjà prévu le foncier pour cela. Et nous avons signé un partenariat avec la société nantaise H2X Ecosystems », nous répond-il.

Quels clients pour les stations Karrgreen ?

« Même s’il faut une certaine motivation aujourd’hui pour rouler au GNV avec des véhicules légers, en particulier pour les automobilistes, les stations Karrgreen sont ouvertes à tous. C’est pourquoi nous proposons 3 modes pour payer le plein de gaz : badge de société, carte bancaire, ou abonnement », liste Dominique Dubeau. 

Président de Karrgreen Développement, Marc Le Mercier annonce un budget de 1,5 million (1,1 million hors foncier) pour faire sortir de terre un site comme celui tout fraîchement inauguré à Ploërmel : « Nous calculons un amortissement sur 8 ans, en kilomètres. L’équilibre est obtenu avec 25 poids lourds qui parcourent annuellement 80 000 km ». Il met en avant : « Avec notre modèle, nous ne demandons pas de subventions. Nous préférons que les aides gouvernementales aident à l’achat des véhicules. Ce sont des utilisateurs de nos stations, les acterres, qui sont au cœur de l’action ».

Les partenaires de la station de Ploërmel

Huit entreprises se sont engagées sur le secteur de Ploërmel pour soutenir l’ouverture de la station Karrgreen et lutter contre le dérèglement climatique. Karrgreen les appelle des Acterres, des acteurs engagés pour la terre. La plupart sont des transporteurs. Deux de ces acterres prennent en charge des voyageurs. Ainsi Linevia qui fera rouler 10 autocars et 8 autobus au bioGNC l’année prochaine, et Ferron Voyages qui exposait son premier modèle GNV pour l’inauguration. Il s’agissait d’un autocar Iveco qui annonce en calandre « Natural Power ». 

Autres engagés majeurs : Denoual Transport & Logistique qui utilise déjà une dizaine de tracteurs routiers alimentés au gaz naturel, le spécialiste des convois exceptionnels Blueroad, et SLT Legal connu entre autres pour le déplacement d’animaux vivants. S’y ajoutent le groupe alimentaire breton Jean Floc’h qui soutient depuis le début la démarche des fondateurs de Karrgreen, la société SBEAE qui gère le renouvellement et la relève des compteurs d’eau, et le groupement coopératif d’agriculteurs Eureden.

Faire avancer les choses

Avant l’inauguration, plusieurs de ces acterres témoignaient : « Nous avons envie de faire avancer les choses en montrant que nous allons de l’avant ». Il ont également tenu à souligner cette boucle vertueuse qui se met en place autour des stations Karrgreen, et en particulier celle de Ploërmel : « Avec la méthanisation et le bioGNV, la filière agricole soutient la filière des transports. Et la filière des transports soutient dans le même mouvement la filière agricole ». Ce qu’a confirmé à sa façon Marc Le Mercier dans le dossier de presse fourni lors de l’événement : « Karrgreen se veut être le lien fort entre l’agriculture, l’industrie et les transporteurs, au bénéfice des consommateurs, des citoyens et de la planète ». 

Président de Ploërmel Communauté, Patrick Le Diffon a par ailleurs accroché au PCAET (plan climat-air-énergie territorial,) de la collectivité la construction sur son territoire de la station multi-énergies. Le hub énergétique répond d’une certaine manière aux 5 axes du plan qui sont : Territoires et collectivités exemplaires, Economie locale et circulaire, Urbanisme et mobilités durables, Sobriété et efficacité énergétique, Adaptabilité du territoire au climat de demain.

Une filière dynamique

Secrétaire de l’AFGNV, Gilles Durand a confirmé le dynamisme de la filière, avec l’arrivée régulière de nouveaux adhérents parmi lesquels des collectivités, des industries et des bureaux d’études. « L’Etat commence à bouger sur les véhicules lourds », s’est-il réjoui. « Il faut que les stations fonctionnent, que les prix des carburants soient corrects, et que celui des véhicules le soit aussi », a-t-il indiqué en exigences pour un bon développement de la mobilité GNV. 

Gilles Durand a aligné quelques chiffres qui témoignent du développement de la filière : une augmentation de 160 % des poids lourds en 2020, et de 40 % des stations d’avitaillement. Ces dernières connaissaient jusque-là une progression moyenne de l’ordre de 30 %.

L’AFGNV travaille sur des scénarios de développement de la mobilité au biométhane à partir des estimations de la Programmation pluriannuelle de l’Eéergie. Devant les invités réunis pour l’inauguration de la station de Ploërmel, Gilles Durand a rappelé par grandes catégories le nombre des véhicules professionnels qui pourraient fonctionner au bioGNV dans l’Hexagone en 2028 : « 54 000 camions, 7 500 bus et cars, 110 000 utilitaires légers ». Pour accompagner cette flotte : « entre 300 et 800 points d’avitaillement ». Le secrétaire de l’association a prévenu : « Il faudrait alors 17 TWh de biométhane. Pour 2028, les objectifs nationaux sont compris entre 14 et 22 TWh et ne concernent pas que les transports ». L’AFGNV va réaliser un film « pour montrer que la gaz vert c’est bien. C’est aussi bien que les autres énergies vertes ».

 


 

Station GNV KarrGreen PLOERMEL

Zone de Camagnon
56800 PLOERMEL

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