Europe : ces projets GNV écartés du programme CEF

Europe : ces projets GNV écartés du programme CEF
Il y a quelques jours, nous vous présentions 6 projets GNV aidés par le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe qui dépend de L’UE. Le document officiel qui les présente, en fait de même avec ceux qui ont été écartés, - 4 au total -, justifiant les refus qui ne les condamnent pas forcément à l’abandon.
 

Connecting Europe Facility

L’Union européenne a un rôle déterminant à jouer dans le développement de toutes les formes de mobilité durable, dont celles exploitant le gaz naturel. Elle le fait en particulier à travers son Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), aussi connu sous l’appellation « Connecting Europe Facility » (CEF). C’est dans ce cadre qu’un appel à projets a été lancé, publié le 8 février 2017.
 
Cette opération compte 2 échéances pour la remise des dossiers complets : 14 juillet 2017 et 12 avril 2018, respectivement dotées d’une enveloppe de 1 milliards et 350 millions d’euros. Les actions écartées du financement de l’Europe, et que nous présentons ci-dessous, font partie de la première tranche, celle qui nécessitait de transmettre une demande à l’été dernier. Pour elle, 65 candidatures ont été déposées, dont 39 ont été acceptées, et 26 écartées. Concernant l’exploitation du gaz naturel dans le secteur des transports, 6 ont été retenues, contre 4 éliminées.
 

Du GNL pour le Ferry mixte MS Münsterland

Construit en 1986, le ferry MS Münsterland transporte à la fois des passagers et des marchandises, opérant dans l’estuaire de l’Ems, reliant les ports d’Emden, Eemshaven/Delfzijl à l’île de Borkum, en Mer du Nord. Aujourd’hui, le navire est propulsé en engloutissant des tonnes de MDO, un carburant composé de fioul lourd et de gazole.
 
L’action coordonnée par le groupe allemand Aktien-Gesellschaft « EMS » visait à mettre en place la double carburation MDO/GNL. Au programme, le remplacement de la poupe, avec l’ajout d’unités de propulsion au gaz naturel, en exploitant une technique annoncée comme innovante. En parallèle au projet, dont le total éligible était fixé à 10,150 millions d’euros, pour 2,030 millions de demande d’aide à l’Europe, l’intérieur du ferry devait être rénové. Motivation pour le dépôt du dossier : « Une fois mise en œuvre, l’action contribuera à la réduction des émissions de polluants dans la mer des Wadden et au plan directeur pour le déploiement de GNL à petite échelle, dans la région ».
 
Les raisons qui ont poussé le MIE à refuser de participer sont multiples : pertinence limitée car pas de lien direct entre l’action sur le ferry et l’infrastructure du réseau exploité, des dessertes en dehors du réseau RTE-T, un impact mineur car le projet ne concerne qu’un seul navire, et un effet de levier du financement de l’Europe qui ne serait pas suffisamment incitatif pour attirer des fonds privés supplémentaires.
 

BioGNL à Hirtshals (Danemark)

L’action suivie par l’entreprise danoise GreenLNG A/S vise à développer, construire et mettre en service une usine de liquéfaction du gaz naturel dans le port de Hirtshals. Le chantier comprend l’ajout d’installations de stockage, mais aussi de points d’approvisionnement pour camions et conteneurs-citernes.
 
L’unité transformerait le gaz naturel et le biométhane en GNL et bioGNL. Ce dernier serait vendu avec des certificats de biogaz en accompagnement. L’aide demandée était de 10,216 millions d’euros, représentant 20% du total éligible : 51,080 millions. Un pourcentage habituel et généralement constaté pour une aide du processus du MIE dans le cadre de ce type d’appels d’offres. Motivations du refus de l’aide : la pertinence de l’action est passable car l’usine de liquéfaction sera située dans le port Hirtshals considéré comme « comprehensive maritime port » ; l’action n’est pas suffisamment mature car les permis de planification et d’environnement ne sont pas encore obtenus ; la conception détaillée n’est pas réalisée ; le bouclage financier risque de ne pas être atteint dans les délais requis par l’appel.
 

Aurora 2

Coordinateur de cette action qui vise à assurer un approvisionnement fiable, compétitif et durable de GNL comme carburant alternatif pour les camions et les bateaux de navigation intérieure et sur la mer : la société estonienne LNG Gorskaya Overseas OU.
 
Le projet prévoit le déploiement d’installations multimodales flottantes de stockage et de points d’approvisionnement en GNL dans 5 ports de la mer Baltique : Pitea (Suède), Grenå (Danemark), Hamina Kotka (Finlande), Liepaja (Lituanie) et Pärnu (Estonie). Il fait partie d’un programme global plus large qui s’appuie sur 7 infrastructures de ce type au total, perçues comme innovantes, à implémenter d’ici 2019, pour une capacité maximale de 5.500 m3.
 
L’aide attendue de 17,322 millions d’euros sur 86,610 millions éligibles comptait dans son périmètre la conception et la construction du système flexible et multimodal des installations flottantes de stockage et d’approvisionnement en GNL, et cinq petits navires de soutage. Pour expliquer le rejet de la demande d’aide de l’Europe, il a été pointé une pertinence fortement affectée par l’inéligibilité de 2 ports sur les 5. En outre, il a été estimé que le niveau de préparation financière du projet n’était pas suffisant pour un bouclage dans les délais requis par l’appel. Plus globalement, avec une valeur ajoutée européenne relativement plus faible par rapport à d’autres actions proposées, les contraintes budgétaires ont imposées de faire des choix.
 

Réseau de 300 stations GNL

Asset Company 1 S.r.l. est l’entreprise italienne qui a déposé un dossier pour la constitution d’un réseau de 300 stations d’avitaillement en gaz naturel pour le transport routier, - 276 de GNC + 24 mixtes GNC/GNL -, à implanter le long des corridors scandinave-méditerranéen, baltique-adriatique, rhéno-alpin et méditerranéen du réseau central. Ce déploiement a en ligne de mire les objectifs environnementaux du secteur des transports et vise à assurer également aux consommateurs, professionnels et aux collectivités la possibilité de les associer à des avantages économiques.  
 
Point important de ce dossier, le programme a pour vocation de contribuer à la création d’un réseau de distribution européen en carburants alternatifs entièrement intégré qui vise à stimuler l’efficacité énergétique d’une manière économiquement viable. Les instances européennes ne nient pas les qualités du projet, les détaillant même : « L’action est pertinente, bien que les emplacements exacts des stations d’avitaillement en GNC et GNL ne soient pas identifiés. La maturité de l’action est bonne et la clôture financière peut être atteinte dans les délais requis par l’appel. La qualité de l’action est bonne ».
 
Il était prévu une participation de l’Europe de 17,61% sur un total éligible de 59,832 millions d’euros, soit 10,536 euros. Qu’est-ce qui motive le rejet de la demande ? Un impact jugé passable de l’action, lié à des faiblesses importantes. Notamment, il a été estimé : « l’impact transfrontalier n’est pas pleinement prouvé et l’effet de l’aide financière de l’UE n’est pas suffisamment démontré ».

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