Comment Nevenys facilite l'achat/vente de biométhane non subventionné
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A l’heure de la démocratisation des BPA, Nevenys joue un rôle discret mais déterminant : celui de mettre en relation producteurs et acheteurs sur un marché encore jeune et complexe. Entretien avec Lola Ferrer, cofondatrice de la société.
Sur un marché du biométhane en pleine mutation, la rencontre entre offre et demande reste un exercice délicat. Entre réglementations mouvantes, modèles économiques émergents et exigences bancaires, les producteurs comme les acheteurs peinent parfois à avancer seuls. C’est dans cet entre-deux que Nevenys déploie son expertise.
« J’ai fait toute ma carrière dans le monde du gaz, d'abord sur le gaz naturel et après sur le biométhane » introduit Lola Ferrer. Après 24 ans chez ENGIE, où elle a notamment dirigé la mise en place du trading de biométhane en Europe, elle fonde en 2022 la société Nevenys. Basée à Paris, l’entreprise se positionne sur un segment encore émergent : le courtage de contrats d’achat de biométhane non subventionné entre producteurs indépendants et acheteurs énergéticiens.
Avec une quinzaine de transactions signées en trois ans, pour environ 700 GWh par an, Nevenys s’impose déjà comme un acteur influent. « Nous sommes actifs sur l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la France et le Bénélux », détaille Lola Ferrer. En France, quatre transactions ont déjà été conclues, dont deux à l’export, pour une capacité de 150 GWh/an.
Nevenys agit comme une interface neutre entre offre et demande. «â€¯On fait un peu le même job que les agences immobilières. On n'achète pas et on ne revend pas nous-mêmes. Par contre, on aide l'acheteur et le vendeur à se mettre d'accord pour conclure la transaction », détaille notre interlocutrice.
Concrètement, l’entreprise accompagne des producteurs de biométhane qui souhaitent vendre hors tarifs réglementés, mais aussi des grands acheteurs cherchant à sécuriser leurs approvisionnements en énergie renouvelable. «â€¯On les aide à trouver un acheteur. On les accompagne dans tout le processus de négociation jusqu'à la signature du contrat » complète t-elle.
Du côté de l’offre, les producteurs sont confrontés à des choix structurants. À partir de 25 GWh/an, ils ne peuvent plus bénéficier du tarif d’achat et doivent donc se tourner vers des contrats de gré à gré. Une opportunité, mais aussi un défi : «â€¯Il faut comprendre quel est le schéma le plus avantageux, comment ça marche, qui sont les acheteurs, quelles durées de contrat permettent de convaincre une banque… » détaille Lola Ferrer.
Partir sur un contrat d’achat pour les installations de moins de 25 GWh/an, qui ont toujours la possibilité de rester au tarif d’achat, est-il intéressant ? «â€¯Les sites qui sont à la limite, entre 20 et 25 GWh, peuvent se poser la question », analyse Lola Ferrer. « Les sites qui ont beaucoup d’effluents d’élevage (les tarifs sont meilleurs pour les sites produisant du biométhane à partir de fumier, ndlr) ont tout intérêt à rester au tarif. À l’inverse, pour des sites plus proches des 25 GWh, sans accès à des effluents d’élevage, la vente hors tarif est à envisager » complète-t-elle.
Aussi, le recours aux contrats CPB ou BPA offre une flexibilité précieuse. «â€¯S’il bénéficie du tarif d’achat, un producteur ne pourra jamais faire évoluer son site pour aller au-delà de 25 GWh. Avec un CPB, il fait ce qu’il veut. Il peut doubler l’installation dans cinq ans s’il a les moyens ou de nouveaux intrants. » Un gain en souplesse qui peut s’avérer décisif à moyen terme et qui s’anticipe dès le dimensionnement du projet.
« En général, on rentre dans la danse quand la demande de permis est déposée. À ce stade, les caractéristiques du site sont connues, le tour de table d’investisseurs est souvent stabilisé, et la recherche d’un acheteur peut réellement démarrer ».
Ayant fait l’objet d’un récent webinaire avec la DGEC, le mécanisme s’appuiera sur trois leviers : une obligation d’incorporation en volume, une obligation de réduction de COâ‚‚, et l’utilisation de biocarburants dits avancés, issus de déchets ou résidus (liste annexe 9A de la directive européenne). Finies les garanties d’origine subventionnées : seule l’incorporation de biométhane non subventionné permettra de remplir ces objectifs.
Cette transition est structurante pour la filière. Elle favorisera des projets plus exigeants sur les intrants — pas de cultures alimentaires, mais uniquement des déchets — et devrait stimuler la demande de biométhane à haute valeur environnementale. «â€¯On attend les textes, mais ça devrait apporter une demande supplémentaire. Par contre, elle sera très spécifique » avertit Lola Ferrer qui invite une nouvelle fois les acteurs concernés à anticiper leurs contrats d’achat. « Vu les délais qu'il faut pour contractualiser du biométhane non-subventionné, il ne faut pas attendre la veille et on sent que les prix commencent déjà à monter ».
Sur un marché du biométhane en pleine mutation, la rencontre entre offre et demande reste un exercice délicat. Entre réglementations mouvantes, modèles économiques émergents et exigences bancaires, les producteurs comme les acheteurs peinent parfois à avancer seuls. C’est dans cet entre-deux que Nevenys déploie son expertise.
« J’ai fait toute ma carrière dans le monde du gaz, d'abord sur le gaz naturel et après sur le biométhane » introduit Lola Ferrer. Après 24 ans chez ENGIE, où elle a notamment dirigé la mise en place du trading de biométhane en Europe, elle fonde en 2022 la société Nevenys. Basée à Paris, l’entreprise se positionne sur un segment encore émergent : le courtage de contrats d’achat de biométhane non subventionné entre producteurs indépendants et acheteurs énergéticiens.
Avec une quinzaine de transactions signées en trois ans, pour environ 700 GWh par an, Nevenys s’impose déjà comme un acteur influent. « Nous sommes actifs sur l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la France et le Bénélux », détaille Lola Ferrer. En France, quatre transactions ont déjà été conclues, dont deux à l’export, pour une capacité de 150 GWh/an.
« On fait un peu le même job que les agences immobilières »Le modèle de Nevenys repose essentiellement sur les contrats BPA (Biomethane Purchase Agreement), qui permettent aux producteurs ne bénéficiant pas d’un tarif de soutien de sécuriser un revenu à long terme, condition essentielle à l’obtention de financements.
Nevenys agit comme une interface neutre entre offre et demande. «â€¯On fait un peu le même job que les agences immobilières. On n'achète pas et on ne revend pas nous-mêmes. Par contre, on aide l'acheteur et le vendeur à se mettre d'accord pour conclure la transaction », détaille notre interlocutrice.
Concrètement, l’entreprise accompagne des producteurs de biométhane qui souhaitent vendre hors tarifs réglementés, mais aussi des grands acheteurs cherchant à sécuriser leurs approvisionnements en énergie renouvelable. «â€¯On les aide à trouver un acheteur. On les accompagne dans tout le processus de négociation jusqu'à la signature du contrat » complète t-elle.
Lola Ferrer, cofondatrice de Nevenys
Situation en France : entre CPB et fin du tarif d’achat
Sur le marché français, les volumes restent modestes par rapport à d’autres marchés européens, en partie à cause d’un cadre réglementaire qui accompagne toujours de nombreux projets en tarifs d’achat. «â€¯Sur les CPB, on voit que cela démarre doucement », constate Lola Ferrer qui pointe un certain manque de visibilité. L’obligation d’incorporation s’arrête en 2028, rendant les engagements à long terme incertains.Du côté de l’offre, les producteurs sont confrontés à des choix structurants. À partir de 25 GWh/an, ils ne peuvent plus bénéficier du tarif d’achat et doivent donc se tourner vers des contrats de gré à gré. Une opportunité, mais aussi un défi : «â€¯Il faut comprendre quel est le schéma le plus avantageux, comment ça marche, qui sont les acheteurs, quelles durées de contrat permettent de convaincre une banque… » détaille Lola Ferrer.
Partir sur un contrat d’achat pour les installations de moins de 25 GWh/an, qui ont toujours la possibilité de rester au tarif d’achat, est-il intéressant ? «â€¯Les sites qui sont à la limite, entre 20 et 25 GWh, peuvent se poser la question », analyse Lola Ferrer. « Les sites qui ont beaucoup d’effluents d’élevage (les tarifs sont meilleurs pour les sites produisant du biométhane à partir de fumier, ndlr) ont tout intérêt à rester au tarif. À l’inverse, pour des sites plus proches des 25 GWh, sans accès à des effluents d’élevage, la vente hors tarif est à envisager » complète-t-elle.
Aussi, le recours aux contrats CPB ou BPA offre une flexibilité précieuse. «â€¯S’il bénéficie du tarif d’achat, un producteur ne pourra jamais faire évoluer son site pour aller au-delà de 25 GWh. Avec un CPB, il fait ce qu’il veut. Il peut doubler l’installation dans cinq ans s’il a les moyens ou de nouveaux intrants. » Un gain en souplesse qui peut s’avérer décisif à moyen terme et qui s’anticipe dès le dimensionnement du projet.
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BPA : un levier durable pour développer le gaz vert
Un calendrier bien précis
Sans intervenir sur la phase de conception et d’ingénierie, Nevenys se positionne bien en amont. Un contrat d’achat ne s’improvise pas ! Complexe, le processus est à la fois technique, juridique et financier. «â€¯En moyenne, aujourd’hui, il faut compter un an pour mettre un BPA en place », chiffre Lola Ferrer. D’où l’importance pour les porteurs de projets de se positionner très en amont, avant même le lancement du chantier.« En général, on rentre dans la danse quand la demande de permis est déposée. À ce stade, les caractéristiques du site sont connues, le tour de table d’investisseurs est souvent stabilisé, et la recherche d’un acheteur peut réellement démarrer ».
De nouvelles obligations avec l’IRRIC
Autre chantier réglementaire majeur pour la filière : l’IRICC. Destiné à remplacer l’actuelle Tiruert avec une composante inédite sur le bioGNV, le dispositif se veut complémentaire aux obligations déjà en place pour les fournisseurs d’énergie. Contrairement aux CPB, qui imposent une obligation d’incorporation aux fournisseurs de gaz (comme ENGIE ou TotalEnergies), l’IRICC s’adressera aux acteurs de la mobilité, avec un objectif basé sur la réduction de l’intensité carbone.Ayant fait l’objet d’un récent webinaire avec la DGEC, le mécanisme s’appuiera sur trois leviers : une obligation d’incorporation en volume, une obligation de réduction de COâ‚‚, et l’utilisation de biocarburants dits avancés, issus de déchets ou résidus (liste annexe 9A de la directive européenne). Finies les garanties d’origine subventionnées : seule l’incorporation de biométhane non subventionné permettra de remplir ces objectifs.
Cette transition est structurante pour la filière. Elle favorisera des projets plus exigeants sur les intrants — pas de cultures alimentaires, mais uniquement des déchets — et devrait stimuler la demande de biométhane à haute valeur environnementale. «â€¯On attend les textes, mais ça devrait apporter une demande supplémentaire. Par contre, elle sera très spécifique » avertit Lola Ferrer qui invite une nouvelle fois les acteurs concernés à anticiper leurs contrats d’achat. « Vu les délais qu'il faut pour contractualiser du biométhane non-subventionné, il ne faut pas attendre la veille et on sent que les prix commencent déjà à monter ».
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