Méthanisation en Nouvelle-Aquitaine : une filière en progression mais encore loin des objectifs 2030
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L’édition 2024 de l’enquête de l’AREC (Agence régionale d’évaluation environnement et climat) Nouvelle-Aquitaine, sur la méthanisation dans la région, confirme la montée en puissance de la filière. Les unités injectent plus de biométhane, valorisent davantage d’intrants et diversifient leurs approvisionnements. Mais l’effort à fournir reste immense pour atteindre les ambitions fixées à l’horizon 2030.
L’étude 2024 (données 2023) de l’AREC Nouvelle-Aquitaine confirme que la méthanisation progresse rapidement, portée par les unités agricoles et la montée en puissance de l’injection. Mais elle met aussi en lumière les limites actuelles : sous-mobilisation massive des ressources agricoles, faible valorisation de certaines matières, absence d’équipements comme les déconditionneurs, et écart encore très important avec les objectifs 2030.
S’appuyant sur un échantillon composé de 52 sites de cogénération et 48 sites en injection (hors ISDND et STEP, ces dernières présentant peu d’intérêt pour l’analyse des intrants), cette nouvelle enquête de l’AREC révèle que les installations régionales ont mobilisé en 2023 un total de 1 895 600 tonnes de matières méthanisables. Avec une production énergétique de 1 207 600 MWh, la méthanisation prend une place signficative dans le mix énergétique de la région ; en phase avec la progression régulière observée depuis 2021.
Les matières végétales issues de l’agriculture sont, quant à elles, encore loin d’être pleinement utilisées. Les cultures intermédiaires ne représentent qu’environ 15 % du potentiel mobilisé en 2023, malgré leur disponibilité croissante dans certaines zones. Les effluents d’élevage, pourtant abondants dans une région fortement agricole, ne dépassent pas 10 %. Les résidus de culture, souvent plus difficiles à collecter et à valoriser, s’établissent à moins de 10 %. Les cultures dédiées atteignent un niveau encore inférieur, autour de 7 %. Enfin, l’herbe de prairie demeure très peu utilisée, avec seulement 1 % du potentiel réellement mobilisé, tandis que les algues ne sont pas valorisées du tout. Cette forte hétérogénéité montre que la Nouvelle-Aquitaine dispose d’un gisement agricole considérable, encore largement sous-exploité, et qu’un effort ciblé sur ces matières pourrait modifier en profondeur les volumes méthanisés dans les prochaines années.
L’énergie valorisée atteint 1 344 GWh PCI, dont 82 % proviennent de l’injection. Entre 2018 et 2024, l’injection a été multipliée par 17, contre seulement 1,2 pour la cogénération.
Fin 2024, la région recense 32 projets avancés, dont 13 en construction et 19 en phase d’investissement, exclusivement orientés injection. Ces nouveaux projets représentent un gisement supplémentaire d’environ 350 GWh PCI, permettant d’augmenter les ressources mobilisées de 20 %.
Les apports les plus significatifs concernent les effluents d’élevage (+141 300 t) et les cultures intermédiaires (+132 500 t). Les déchets agroalimentaires et biodéchets progressent eux aussi, mais à un rythme plus modéré. Avec ces volumes supplémentaires, la région atteindrait 22 % des objectifs 2030, contre seulement 12 % aujourd’hui.
La dynamique existe, les projets se multiplient et la valorisation énergétique progresse. Pour transformer l’essai, il faudra désormais élargir la mobilisation des gisements, améliorer l’intégration des biodéchets, et continuer d’accélérer l’injection.
L’étude 2024 (données 2023) de l’AREC Nouvelle-Aquitaine confirme que la méthanisation progresse rapidement, portée par les unités agricoles et la montée en puissance de l’injection. Mais elle met aussi en lumière les limites actuelles : sous-mobilisation massive des ressources agricoles, faible valorisation de certaines matières, absence d’équipements comme les déconditionneurs, et écart encore très important avec les objectifs 2030.
Répartition des apports en méthaniseur en 2023 pour la région Nouvelle-Aquitaine.
S’appuyant sur un échantillon composé de 52 sites de cogénération et 48 sites en injection (hors ISDND et STEP, ces dernières présentant peu d’intérêt pour l’analyse des intrants), cette nouvelle enquête de l’AREC révèle que les installations régionales ont mobilisé en 2023 un total de 1 895 600 tonnes de matières méthanisables. Avec une production énergétique de 1 207 600 MWh, la méthanisation prend une place signficative dans le mix énergétique de la région ; en phase avec la progression régulière observée depuis 2021.
Seuls 12 % des gisements théoriques sont exploités
Si l’on compare ces volumes au potentiel méthanisable total estimé pour 2030, seuls 12 % des gisements théoriques sont aujourd’hui exploités. Cette proportion relativement faible met en lumière l’ampleur du réservoir encore disponible. Elle révèle également d’importantes disparités selon la nature des matières. Les déchets et effluents des industries agroalimentaires constituent la ressource la plus largement mobilisée, avec près de 70 % de leur gisement théorique déjà valorisé. Les biodéchets progressent également, mais restent à moins de 20 % de leur potentiel.Les matières végétales issues de l’agriculture sont, quant à elles, encore loin d’être pleinement utilisées. Les cultures intermédiaires ne représentent qu’environ 15 % du potentiel mobilisé en 2023, malgré leur disponibilité croissante dans certaines zones. Les effluents d’élevage, pourtant abondants dans une région fortement agricole, ne dépassent pas 10 %. Les résidus de culture, souvent plus difficiles à collecter et à valoriser, s’établissent à moins de 10 %. Les cultures dédiées atteignent un niveau encore inférieur, autour de 7 %. Enfin, l’herbe de prairie demeure très peu utilisée, avec seulement 1 % du potentiel réellement mobilisé, tandis que les algues ne sont pas valorisées du tout. Cette forte hétérogénéité montre que la Nouvelle-Aquitaine dispose d’un gisement agricole considérable, encore largement sous-exploité, et qu’un effort ciblé sur ces matières pourrait modifier en profondeur les volumes méthanisés dans les prochaines années.
138 unités en fonctionnement fin 2024, dont 63 en injection
La dynamique 2024 éclaire les grandes tendances du secteur. Fin 2024, la Nouvelle-Aquitaine compte 138 unités en fonctionnement, dont 94 unités agricoles représentant 70 % du parc. L’injection poursuit sa montée en puissance avec 63 installations, soit 46 % des sites.L’énergie valorisée atteint 1 344 GWh PCI, dont 82 % proviennent de l’injection. Entre 2018 et 2024, l’injection a été multipliée par 17, contre seulement 1,2 pour la cogénération.
Evolution de la valorisation énergétique du biogaz en Nouvelle-Aquitaine
Fin 2024, la région recense 32 projets avancés, dont 13 en construction et 19 en phase d’investissement, exclusivement orientés injection. Ces nouveaux projets représentent un gisement supplémentaire d’environ 350 GWh PCI, permettant d’augmenter les ressources mobilisées de 20 %.
Les apports les plus significatifs concernent les effluents d’élevage (+141 300 t) et les cultures intermédiaires (+132 500 t). Les déchets agroalimentaires et biodéchets progressent eux aussi, mais à un rythme plus modéré. Avec ces volumes supplémentaires, la région atteindrait 22 % des objectifs 2030, contre seulement 12 % aujourd’hui.
Encore loin des exigences du SRADDET 2030
L’étude rappelle que pour atteindre les objectifs du SRADDET (schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires) à l’horizon 2030, la Nouvelle-Aquitaine devra mobiliser 5,8 fois plus de ressources qu’en 2023. Côté énergie, 42 % des objectifs ont été atteints pour l’injection, contre 18 % pour la cogénération. Les 13 mises en service de 2023 contribuent à cette dynamique, même si l’arrêt d’un site (La Lougnolle, 79) nuance légèrement le bilan.
Une production en fort décalage avec les objectifs 2030 du SRADDET
La dynamique existe, les projets se multiplient et la valorisation énergétique progresse. Pour transformer l’essai, il faudra désormais élargir la mobilisation des gisements, améliorer l’intégration des biodéchets, et continuer d’accélérer l’injection.
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