La mobilité GNV avance avec le Pôle Energie Bretagne

La mobilité GNV avance avec le Pôle Energie Bretagne
A horizon 2021, ce sont 18 stations d’avitaillement GNV qui devraient mailler les 4 départements de la Bretagne administrative. Un palier qui ouvrira sur de nouvelles mises en service couplées avec le développement d’unités locales de méthanisation associées.
 

AAP 2017

Derrière le Pôle énergie Bretagne (PE Breizh) deux fois lauréat d’appels à projets GNV lancés par l’Etat et l’Ademe, sont récompensés ses 4 membres fondateurs, les syndicats départementaux de l’énergie d’Ille-et-Vilaine, des Côtes-d’Armor, du Finistère et du Morbihan. Un premier dossier déposé en 2017 a été retenu pour l’implantation de 9 stations d’avitaillement sur les territoires de Liffré et Noyal-sur-Vilaine (35), Plélo et Dinan (22), Quimper, Brest et Morlaix (29), Pontivy et Lorient (56). Les subventions accordées par l’Ademe avaient pour objectif d’aider à financer l’émergence de ce réseau, ainsi que l’achat de 180 poids lourds fonctionnant au GNV.
 

AAP 2018

Une seconde sélection, cette fois-ci dans le cadre d’un nouvel AAP lancé en Avril 2018, a ajouté au programme breton 7 stations : Montgermont (35), Saint-Brieuc et Lamballe (22), ainsi que Carhaix-Plouguer, Landivisiau et à nouveau Quimper (29). Cette nouvelle tranche est accompagnée d’aides à l’acquisition pour 157 véhicules GNV. Deux autres sites complètent la carte (Quimperlé et Châteaulin) dans le Finistère, cette fois-ci sans enveloppe pour faciliter l’achat de camions alimentés au gaz naturel. Ces 18 structures ne tiennent pas compte des 2 premières stations ouvertes dans le Morbihan (Locminé et Vannes).
 

Pour 2021

« Le développement du GNV avance en Bretagne un peu moins rapidement qu’en Ile-de-France car il est périphérique par rapport aux projets de grande envergure et pas concerné par les corridors européens », commente Chiara Zanasi, chargée de mission au sein du Pôle énergie Bretagne. « Mais c’est un projet qui a un bel avenir, permettant aux transporteurs de s’avitailler sur tout le territoire régional », poursuit-elle. « Les 18 stations devraient toutes être opérationnelles à horizon 2021, pour un maillage cohérent de tout le territoire. Un noyau dur de 6-8 stations en service devrait être constitué avant l’été 2020 », chiffre notre interlocutrice.
 

Identité visuelle

« Au niveau des départements d’Ille-et-Vilaine, des Côtes-d’Armor et du Finistère, nous réfléchissons à donner une identité visuelle, une marque, aux stations, afin qu’elles soient immédiatement identifiables par les transporteurs. Egalement à les confier à un unique opérateur. Nous travaillons actuellement sur le sujet, avec l’objectif de lancer notre demande sur le marché au plus tard à la fin de cet été, au début de l’été si c’est possible », détaille Chiara Zanasi.

Et pour le Morbihan ? « De son côté, le Morbihan, plus avancé sur son territoire dans le développement de la mobilité GNV, cherche à tester d’autres systèmes de gestion, en particulier sous la forme d’une régie. Ce qui n’empêchera pas de pouvoir s’avitailler avec une seule et même carte dans les 4 départements bretons », répond la chargée de mission.
 

Méthanisation

Le groupe de travail du Pôle énergie Bretagne s’inscrit dans la démarche pour le Pacte biogazier breton piloté, par l’Etat et la Région, dans le cadre des travaux de la Conférence bretonne pour la transition énergétique.
 
« Le pôle ne travaille pas directement avec les agriculteurs, mais les SEM créées par les syndicats départementaux de l’énergie le font, participant aussi à certains projets de méthanisation », souligne Chiara Zanasi. « Les sociétés d’économie mixte sont les bonnes structures pour cela, car elles ont la possibilité d’être plus agiles et réactives, pouvant en outre rentrer dans le capital de quelques établissements », explique-t-elle. Notre interlocutrice estime qu’au niveau de la mobilité GNV, la Bretagne suit les idées développées par la Vendée, territoire précurseur.
 

Des stations à proximité d’unités de méthanisation

« Nous menons actuellement une réflexion pour une nouvelle phase d’implantations supplémentaires de stations, après les 18 de l’actuel programme en cours. Nous avons cherché à construire d’abord un réseau de base pour sécuriser l’avitaillement sur les grands axes. Après 2021, il s’agira d’ouvrir de nouvelles stations, moins importantes, mais à proximité d’unités de méthanisation », projette Chiara Zanasi. « Dans les 18, celle de Lamballe correspondra déjà à cette configuration, grâce à la présence d’un établissement de la Cooperl dans son secteur », souligne-t-elle.
 

Gaz porté

Une autre réflexion en cours, au niveau de Pôle énergie Bretagne, a pour objectifd’évaluer la possibilité de mettre en place un réseau de gaz porté. On compte plus de 70 unités de méthanisation sur le territoire, mais pas forcément placées a proximité d’un point d’injection ou des futures stations d’avitaillement en GNV. Associer les 2 réseaux permettrait pourtant de disposer de bioGNV d’origine local. Actuellement, les deux tiers de ces méthaniseurs ont comme débouché de produire de l’électricité. D’où l’idée de mettre en place un service de camions qui passeraient dans les fermes afin que le biogaz puisse être injecté dans le réseau de distribution des stations.
 
« Nous allons débuter une étude à ce sujet fin 2019, avec la collaboration de GRDF. Nous savons que notre projet se heurte à des obstacles réglementaires. En outre, il nous faut estimer la viabilité économique d’une telle solution pour les agriculteurs », s’inquiète Chiara Zanasi.
 

Des transporteurs davantage motivés

« Avec les restrictions qui se multiplient dans les villes pour la circulation des véhicules diesel, les transporteurs s’intéressent de plus en plus à la mobilité GNV. Cela se vérifie au niveau des CCI et de la FNTR. Des donneurs d’ordre, pour disposer d’une bonne image de marque, se tournent vers des transports moins polluants », rapporte notre interlocutrice.
 
« Le gaz naturel est une solution qui, sur le long terme, pèse financièrement pas plus lourd que d’utiliser du gazole. La maintenance et l’achat des camions coûtent plus cher. Mais les prix des véhicules sont déjà à la baisse avec les ventes qui se développent. Le carburant est meilleur marché, et les transporteurs bénéficient de dispositifs avantageux, comme les aides à l’achat, une carte grise à moitié prix, un suramortissement spécifique, etc. », assure-t-elle.



Gaz Mobilité et moi-même remercions Chiara Zanasi pour sa disponibilité et le temps pris à répondre à notre sollicitation.

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